TOUT EST PARTI DE MA RENCONTRE AVEC LA PRUC
J’ai une copine formidable : Christiane. L’autre jour elle me lance : « j’ai un sujet pour STRADA ! » Bercée par les douces énergies de la pièce où elle pratique réflexologie et chi nei sang, je rêvasse… et capte un mot sur dix : association… patrimoine historique… chantier international… spectacle… utopies… ?! Je relève un sourcil. …après les avoir lues on les enverra avec une catapulte… !? Deux sourcils. – tu fais quoi dans cette assoc, Christiane ? – je m’occupe de la commission des utopies…
Je vous le dis, une phrase pareille, ça réveille.
Une utopie, normalement, ce n’est pas vraiment dans le mode du concret, alors savoir qu’il existe une commission qui se charge de les recueillir puis de les balancer dans la nature, ça vous met le cerveau en mode vibreur.
D’abord, c’est quoi une utopie ?
L’origine du mot vient de Thomas More, humaniste du XVIème siècle, auteur d’un ouvrage » Utopia » qui trace les grandes lignes d’une société idéale, pour More… mais pas pour nous : parce qu’il en fait trop ce More ! répartition équitable des ressources produites, abolition de la propriété privée… jusque là ça va… mais punir de mort l’adultère et utiliser l’esclavage… hum… ça nous rend More beaucoup moins sympathique. Ce qu’il faut retenir c’est que l’utopie est une vision -politique, sociale, architecturale- qui remet en question l’ordre existant et doit être réalisable : le Familistère de Godin, idéal social imbriqué à la vie de l’entreprise, fut bel et bien réalisé; les cités radieuses de Le Corbusier sont autant de représentations de sa vision de la ville contemporaine… mais le sens d’utopie a tellement dérivé que de nos jours, « utopie réalisable » nous semble un oxymore. En langage courant l’utopie est devenu un idéal impossible à atteindre. Pour nous faire croire que nous ne sommes pas capables d’imaginer et mettre en place une société différente ?
Rêvons, dérivons…
…vers les fondamentaux. Ecrire une utopie c’est imaginer un monde meilleur réalisable par construction humaine. « Prenez les AMAP, par exemple : il y a 15 ans, ce fonctionnement était une utopie, aujourd’hui, c’est une réalité qui fonctionne » Pour réveiller et exercer nos talents, Bruno Hallauer a déniché un lieu « Les Choisinets », sur la commune de Saint Flour de Mercoire, à coté de Langogne, « un site en déshérance » dit joliment cet auteur-réalisateur de pièces de théâtre. Nous, nous voyons surtout une ruine… somptueuse, abandonnée aux désirs d’une poignée d’utopistes. Leur premier voeu est de faire vivre ce lieu, un espace collectif et partagé.
L’association « le Choisinaît », aidée par des souscriptions et le prêt in extrémis d’une CIGALES (Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale d’Epargne solidaires) achète le domaine en 2000. Depuis, un chantier de jeunes étudiants nettoie le site et trace les plans de ce qui sera non pas une scène (qui réduirait cet espace à un lieu de spectacle) mais un centre, une place entourée de gradins qui ressuscitera l’agora, l’endroit où germent et s’expriment des idées qu’il s’agit d’aider à pousser…
« Un gradin par an… 10 gradins, 577 places comme autant de députés de notre PRUC, Petite République Utopique et joyeuse aux Choisinets »
2011 si tout se passe bien…
…la première biennale des Choisinets entendra la lecture des 577 utopies réalisables que vous allez écrire, vous, souscripteurs de la PRUC, amis de tous horizons et de belle humanité. » Pour que notre siècle apporte quelque chose, il nous faut poser des utopies réalistes » et Bruno Halauer l’affirme : » Je crois au pouvoir des images mentales positives : en cultivant notre propre utopie, elle façonne notre environnement et nous transforme aussi… » Alors bien sûr, j’ai souscrit à la PRUC, claqué une énoOorme bise à ma copine Christiane qui m’a refilé l’info, et je suis repartie des Choisinets avec un trésor sous le bras : une boite en carton remplie d’utopies inscrites sur des petits bouts de papier !
Comme j’ai le rêve que l’on partage plus équitablement nos richesses, je vous en livre quelques-unes un peu plus loin…
Appel à souscription
Pour participer à la PRUC petite république utopique des Choisinets, envoyez votre souscription de 30 à 150 euros ( ou plus ! ) à l’association les Choisinaîts, ( via le Moulin 48300 Saint Flour de Mercoire ) accompagnée maintenant ou plus tard d’une ou plusieurs utopies réalisables. Vous recevrez un reçu, les dates des prochains rendez-vous, et une proposition de circonscription disponible. www.lechoisinait.fr
Bruno Hallauer a impulsé une écriture/lecture d’utopies pendant la 5ème nuit du conte à Saint Flour de Mercoire en 2002. Nous vous livrons ici quelques utopies qui ont alors été catapultées en direction des Choisinets.

qu’un jour on ait le temps / aller visiter tous mes rêves/ que les politiques s’aperçoivent qu’ils sont des hommes politiques / que l’impossible soit possible même là où il n’y a pas de gare SNCF / que le fric me rende la jeunesse / que les vaches donnent du vin /qu’Antigone me fasse une déclaration d’amour /me faire servir la p’tite utopie au lit le matin…(avec deux sucres)/ que je ne roule pas toujours derrière des camions qui puent / vouloir ce qu’on fait / la Gay Pride à Quézac / qu’on me fasse pas chier / ne plus avoir d’utopie / dormir, dormir, dormir / qu’à 7 ans on enlève ni les amydales ni les utopies aux enfants / que Don Quichotte ressuscite d’entre les moulins / être grand pour faire ce que je veux / être petit pour obéir / que l’on me laisse mes illusions / que j’épouse un asiatique et que j’habite à l’île de Ré / rire sans fin /du foin pour nos vaches dans la lozère indépendante / marcher à l’envers, les pieds caressant le ciel / faire un combat d’accords avec Django Reinhardt / que les hommes plus égaux que les autres ravalent leur égo et prêtent leur « lego » aux autres/ que l’on ne se souvienne que des belles choses.
Des circonscriptions :
Pepito Mateo, conteur, en réfèrence à son pays ou l’on fabrique des socquettes, a choisi à la PRUC, la circonscription « Tisser du lien »
ET SI, SUR STRADA-DICI, ON FAISAIT CIRCULER DES UTOPIES RÉALISABLES ?
l’idée, c’est que si il suffit de faire circuler des idées pour qu’elles grandissent, prennent forme, et en initient de nouvelles, alors il faut s’y mettre tout de suite. STRADA la vie d’ici vous propose un espace pour les diffuser, en discuter, eventuellement se rencontrer pour mettre en place des actions concrêtes…
Exemples d’utopies réalisables
Un service civil européen obligatoire pour rappeler aux jeunes qu’ils n’ont pas que des droits mais aussi des devoirs. Devoirs de … voyages et rencontre du différent, d’apprentissage de la solidarité, d’écoute et de soutien à des projets associatif aux quatre coins de l’Europe, pour lesquels leurs déplacements seraient libres et gratuits. Une utopie de Bruno Hallauer
Planter des arbres fruitiers dans les lieux publics, au lieu des sempiternels maronniers, pour que les enfants découvrent l’arbre, le fruit, et puissent le manger ! Une utopie de Christiane Magat
Que dans chaque numéro de STRADA au moins un lecteur nous livre une utopie réalisable, et qu’elle donne envie de nous bouger pour rendre le monde meilleur. L’utopie de la rédac. chef
et les vôtres, d’utopies ? On veut vous lire !!!
lien vers les utopies http://www.strada-dici.com/topic-utopies/
Joëlle ANDREYS





20 Commentaire(s)
Qu’en France, les gamins dès la maternelle participent à des tâches collectives, fassent des B.A. laïques, pour qu’ils soient imprégnés tout petit de l’idée du collectif.
Une utopie d’Armelle Caron, revenant d’Islande, pays ou les enfants nettoient leur classe, ramassent les papiers dans la rue, repeignent leur école.
5 juin 2010
Que le commerce équitable ne se développe pas seulement dans les relations nord-sud, mais aussi à l’intérieur des pays du nord et… à l’intérieur des pays du sud !
8 juin 2010
Que tous les Africains puissent rouler à l’électricité captée par les panneaux photovoltaïques, cela les dédouanerait du pétrole !
10 juin 2010
Merci pour le lien de la version en ligne de STRADA La vie d’ici, je viens de la parcourir et je trouve que cela complète bien le magazine papier de la Haute Loire. La rubrique « Strada dates », notamment, est très sympa car elle permet de découvrir de nombreuses initiatives positives ! Si l’on rajoute à cela un soleil généreux comme aujourd’hui, voilà de quoi bien débuter cet été. La journée de samedi était grise, froide et pluvieuse et néanmoins nous avons réussi à l’éclairer par nos échanges, nos danses et quelques crêpes… Comme quoi ça marche et comme souligné dans l’édito les bonnes idées, les rencontres, voir même les utopies permettent de changer le monde. Bon début d’été à tous !
21 juin 2010
Qu’il existe un calendrier lunaire différent de celui de MLD dans STRADA, pour pouvoir jardiner quand on veut .
22 juin 2010
Je regrette, je manque tellement d’imagination, alors une « utopie réalisable » !!! A la place de HEP, j’aurais envie de clamer HELP !
23 juin 2010
En guise d’écologie, strada est avant tout un support pub qui carbure au pognon, non ? je plaisante, bien sûr (…) j’ai rien contre ceux qui ont du pognon: ils le dépensent (ils font travailler des saisonniers dans les stations de sports d’hiver) mais c’est une question d’éthique: le magazine STRADA ne met pas forcément à la une ses réalités économiques car nul n’y échappe et les gens ne sont pas dupes. C’est vrai que l’équipe est passionnée, j’aime bien lire le magazine même si on aimerait vous retrouver un peu plus souvent « au cul des vaches » dans nos campagnes.(…) je suis aussi un idéaliste, ivre de mon terroir, du pays et ses gens, mais plus branché identité locale (la parole secrète des anciens bergers, un pays forgé par des générations) qu’écologie galvaudée par les multinationales éoliennes qui nous bousillent les paysages pour engranger des dollars au nom d’un concept de bureaucrates parisiens : pas des gens de terrain ! Le soir, je fume le cigare devant ma porte dans le silence du soir et je jette du pain aux pies. Pas d’utopie, non, je préfère la vie vraiment simple et simplement vraie.
23 juin 2010
J’aime beaucoup l’idée d’une « utopie réalisable »…en novembre 2010, après avoir constitué une équipe, nous allons gravir le plus haut sommet d’Algérie (3003 m) avec Sylvie, une copine handicapée moteur…l’idée, c’est de GOMMER les différences, tous DIFFÉRENTS, mais tous SEMBLABLES, bien au delà des notions de nationalité ou d’apparences physiques. OUI les choses sont possibles dés lors qu’il y a de la volonté et de la SOLIDARITÉ ! J’essaie depuis longtemps de faire abstraction des différences…on se sent tellement mieux ainsi ! Merci de votre message ! Michel BERNARD président d’Indigo, asso. Solidaire
24 juin 2010
Vous avez dit UTOPIE ! « L’utopie n’est pas quelque chose d’irréalisable, c’est seulement quelque chose d’irréalisé… » Théodore Monod, Et si l’aventure humaine devait échouer Éditions Grasset&Fasquelle 2000.
25 juin 2010
Un monde sans clefs…
25 juin 2010
Une retraite de solidarité : pas de réversion au dessous de 1000 euros, ni au dessus de 3000.
25 juin 2010
Alors la mienne d’utopie n’en est pas tout à fait une puisque que ça existe déjà en Alaska, cela dit l’Utopie serait de mondialiser l’application d’un principe, de quoi ? Du revenu universel toute la durée de la vie d’un individu.
25 juin 2010
HEP ! HEI !
HEP ! Humaniste Écolo Positif / HEI ! Humaniste Écolo Intéressant
Depuis que je suis à Montréal, ça me permet de garder un point de vue positif sur la Haute-Loire, parce que ce qu’on entend ici de la France n’est pas toujours sympathique, et parfois même je me fais du souci. Je me fais du souci, mais je vois que des initiatives comme la tienne, qui fédèrent, qui rassemblent, qui construisent, perdurent et prennent vraiment une place dans le quotidien des habitants. C’est de la résistance, un vrai contre-pouvoir, et surtout l’idée que ça nous redonne le pouvoir de s’engager et de rester positif, alors que les gouvernements, quels qu’ils soient, nous disent que la norme c’est de travailler dur dans un monde injuste, et qu’on n’y a pas sa place de toute façon. Ils développent une forme de culpabilisation,… ou quelque chose qui n’est pas en santé. Ce que je veux dire c’est qu’on se réapproprie notre engagement citoyen grâce à Strada. Alors que la politique telle qu’elle est pratiquée en ce moment, c’est nous en exclure, nous diviser, nous dire que c’est normal d’être morne, STRADA La vie d’ici nous donne une bouffée d’air et permet d’en créer d’autres. merci donc.
Pour ce qui est de l’utopie. J’avais commencé à penser à quelque chose.
Un nôtre monde est possible. C’est-à-dire qu’il ne faut pas miser sur un autre monde, extérieur à celui-ci. Parce que chacun a sa propre définition de l’autre. Ce qu’il faut, et STRADA y parvient, je crois, c’est de se dire que le monde est ce qu’on en fait, et ne pas construire un château en Espagne, mais ici, prendre soin du présent ici. Comme Camus qui disait que les générations futures, futures à la sienne, ne seront plus chargées de changer le monde, mais de prendre soin de celui-ci. En se disant un nôtre monde est possible, on s’engage dans celui-ci, pour le changer de l’intérieur. Le métamorphoser. Lui donner une nouvelle forme, mais qui partira de tous les constats d’aujourd’hui, et pas des projets qui n’ont aucune prise avec le réel tel qu’il est aujourd’hui. Faire avec. Partir de.
Un noster-mondialisme.
Saint-Exupéry dit : «L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en forme ; tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre.»
Bergson dit : «Je ne vois qu’un seul moyen de savoir jusqu’où l’on peut aller : c’est de se mettre en route, et de marcher.»
L’utopie est un non-lieu. À nous d’en faire un lieu, de se créer un lieu, des lieux ressources qui porteront les fruits de nos initiatives personnelles et collectives. Souvent les utopies sont des îles, ce qui explique qu’elles n’aient été corrompues par les autres sociétés. Si chacun fait ce qu’il a à faire, un jour les réseaux se tisseront. Un archipel.
Et au milieu, sur une île, il y a STRADA, un phare.
Le magazine est une ressource dont la Haute-Loire peut être fière. Et je crois que les habitants en sont fiers, d’ailleurs. Moi je suis fier que mon département d’origine ait un magazine comme celui-ci, et content que les gens y aient accès.
28 juin 2010
Je trouve votre journal atypique plutôt réjouissant.
Et, pour le discours aux oiseaux entre autres, je ne peux que céder à la tentation de vous dire un mot et de vous communiquer un peu d’infos concernant notre utopie en cours à nous, ou plutôt de l’utopie franciscaine (qui lui aussi rêvait d’un monde meilleur, sans argent, sans pouvoir…) revue et à peine corrigée par Dario Fo, un autre grand rêveur épris de liberté et de respect, qui en a tiré un solo de théâtre (une « jonglerie » comme dirait Dario Fo) que nous jouns donc ce mois de juillet en Avignon.
+ d’infos sur http://www.theatredelabirba.com
28 juin 2010
Je suis bien d’accord, seuls les rêveurs et les utopistes on apporté du progrès dans le monde, et c’est pourquoi l’association Tekitoa dont je suis président essaye depuis 2 ans de faire venir la culture dans tous ses états en milieu très rural ( à Fix St Geneys ) Et ça marche !
Notre programme pour les mois à venir :
- 14 juillet: grand concours de pétanque à 14 h en doublettes à Fix St Geneys.
- le 31 juillet à 20 h 30 à Aubaron, charmant petit hameau sur la commune de Fix St Geneys/ Yvan MARC en duo, chansons françaises, musiques vivantes.Entrée gratuite, participation libre.
- le 14 août en nocturne: feu d’artifice et jongleurs de feu, participation libre. Dans le site exceptionnel du hameau d’Aubaron ( Fix St Geneys )
- le 25 septembre: en salle des fêtes d’Allègre à 21 h, hommage à Jacques PREVERT, avec le théâtre du rêve,
- Le 9 Octobre à 21 h à Aubaron: lecture Edgar Alan POE, « la chute de la maison Husher » par la compagnie Horri Peaux, spectacle vidéo et musical.
Merci de nous soutenir, à bientôt
3 juillet 2010
Que chacun puisse bénéficier dans sa vie professionnelle d’une année sabbatique rémunérée (prélevée par ex. sur son capital retraite) afin de faire une grosse pause, le point sur sa vie, le tour du monde, se réorienter, profiter de sa famille…. une utopie certainement réalisable avec une volonté politique, un coup de pousse à l’emploi des jeunes qui devraient les remplacer. Mais le pouvoir, quel qu’il soit, a-t-il intérêt à laisser au peuple le temps de la réflexion ?!
8 juillet 2010
oui j’aime cette idée
et je crois que c’est un système qui fait déjà ses preuves dans un pays nordique…
8 juillet 2010
en Alaska, une partie des richesses tirées du sous-sol est redistribuée régulièrement aux habitants du pays… mais pas à tous : les nomades, les tribus du nord, – ceux qui étaient là bien avant les colons – n’ont rien du tout !
8 juillet 2010
Que les gens écoutent leur « coeur » et leur corps au lieu d’écouter leur porte-monnaie, leur égo et la télé.
18 juillet 2010
Dans LIBRI I , nous avons toute une thématique sur les utopies.
l’expérience des Choisinets, mais aussi une question, formatrice :
Que feriez vous de votre vie si vous n’aviez pas à travailler pour la gagner ?
pas simple de s’imaginer une vie complêtement différente ! et drôlement intéressant !
LIBRI 1 est en vente chez votre marchand de journaux sur les départements 43 63 42 07 15 48
dans quelques librairies et magasins de Haute-Loire
et aussi sur http://www.strada-dici.com.
15 juin 2011
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