Thème : SOLAIRE / PHOTOVOLTAIQUE

photovoltaïque en plein champ ? ne tombons pas dans le panneau.PAR ERE 43


Le soleil qui fait fonctionner le frigo, la machine à laver, la perceuse… c’est magique ! 

Vendre sa production d’électricité à EDF plus chère que ce qu’on la lui achète (on vend 0,60 cts le kWh, on  l’achète 0,12 cts),  c’est alléchant : mais attention, les effets d’aubaine peuvent devenir des effets pervers.

Des promoteurs font des offres alléchantes principalement aux collectivités et aux agriculteurs, telle la mise à disposition gratuite de hangars photovoltaïques, moyennant terrain ensoleillé et installations de production électrique en plein champ sur 30 hectares. Le discours ressemble d’une façon troublante à celui de l’éolien : l’installation d’une centrale photovoltaïque va dans le sens du développement durable et est  une source de revenus complémentaire non négligeable. Elle soulève la même interrogation : comment canaliser cette ruée sur une technologie très prometteuse, sans tomber dans les excès dont l’espèce humaine peut se faire une spécialité ?

De la terre à lentille pour les centrales 

Alors que la baisse de l’utilisation des engrais chimiques est souhaitée, que cette baisse risque de réduire la productivité agricole et, de fait, nécessiter plus de terres arables, il ne nous semble pas opportun d’ouvrir la porte aux champs photovoltaïques sur ces terres. Faut- il classer les terrains agricoles ? Définir des zones de développement photovoltaïque ? 

 

Utiliser l’existant : les toitures

Dès 500m² de surface, le système attire les financiers. Viser l’installation de centrales photovoltaïques de grande taille sur des surfaces qui ne peuvent servir à autre chose : bâtiments agricoles, industriels, commerciaux, tertiaires….et peut être, sur des terrains très arides, nous parait pertinent.

 

Mutualiser

Les collectivités peuvent s’inscrire dans un projet plus large : en s’ouvrant à la mutualisation, une centrale devient participative et peut oeuvrer à la pérennisation d’une économie sociale et solidaire. 

 

Et chez nous ?

Si vous avez déjà votre centrale photovoltaïque, il y a de fortes probabilités que votre compteur «Electricité Consommée »  tourne deux fois plus vite que celui « Electricité Produite ». Pour inverser la tendance, on peut augmenter la surface de panneaux sur le toit : à ce jour, le système économique pousse dans le sens de cette solution consumériste et comme la loi des grands nombres joue à plein, le prix des installations baisse rapidement.

Nous préférerions que les comportements changent, et visent à réduire les consommations électriques : non pas par une démarche d’ascète, mais par des solutions de bon sens, et la recherche d’efficacité. 

 

Réduire sa consommation électrique :  

- par le choix du matériel : en privilégiant les moins énergétivores, désignés par les classes A, A+, A++

- en traquant les veilles et autres transformateurs perpétuellement branchés. 

- par la recherche d’information : le chauffe-eau solaire par exemple est 5 fois plus performant qu’un chauffe-eau photovoltaïque. 

- par une utilisation raisonnée.

- par une isolation performante.

- par tout ce que chacun est capable d’inventer, de mettre en place selon son mode vie (on peut imaginer se passer de frigo en hiver…)

 

Plus d’infos :

N° 70 de CLER infos de mai juin 2009 www.cler.org/info/

ou au 34 rue roderie à Aiguilhe, en libre service pour les associés ERE43.

 

Quelques chiffres

30 Ha : la surface de terrain recherchée par les promoteurs

30 Ha de Photovoltaïque = la satisfaction du « besoin électrique » de 4300 familles

30 Ha = 1% de la surface moyenne d’une commune.

30 Ha = l’empreinte au sol de la RN 88 entre le Puy et Yssingeaux.

 

Témoignage 

un installateur (43)

« Des centrales photovoltaïques sur sol ?   On en parle… mais pas en positif. : on les préfère sur le toit. »

 

Yanni HADJIDAKIS, président des Amis de la Terre.

« Le solaire est une énergie illimitée que l’on peut capter en utilisant nos 10 000 km2 de toits en France. »

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PLACE AU SOLEIL


L’Homo sapiens avait certainement remarqué que l’eau se réchauffait au soleil et pourtant, ce n’est qu’au vingtième siècle que l’homme s’est mis à fabriquer industriellement le chauffe-eau solaire, tellement plus économique à l’exploitation que le chauffe-eau électrique ! Puis, revenant sur ses pas – l’électricité fut inventée approximativement un siècle plus tôt – il s’est mis à produire de l’électricité à partir de cellules photovoltaïques, toutes simples et parfaitement statiques, ne demandant qu’à « se dorer la pilule ».

 

En France un marché à peine naissant

En 2007, sur 1500 MW de solaire photovoltaïque installés en Europe 1000 l’étaient en Allemagne, soit plus de trente fois le « parc » français qui s’élève à seulement à 35 MW. Par l’arrêté du 7 juillet 2006, la France s’est fixé l’objectif ambitieux d’atteindre une capacité de production photovoltaïque de 160 MW en 2010 et de 500 MW en 2015.

Choix éthique ou investissement financier ?

Parce que c’est une énergie propre, dont l’exploitation s’intègre harmonieusement aux habitats, on peut choisir l’énergie solaire par souci de préserver la planète. Mais aujourd’hui, les différents dispositifs d’aide à l’installation incitent les particuliers à investir dans de la production photovoltaïque : l’opération est devenue rentable et sûre à long terme.

Pour info, EDF rachète l’électricité produite par les panneaux photovoltaïques des particuliers 0,56 € le kW lorsqu’ils sont intégrés dans la toiture, à 0,35 € le kW lorsque les panneaux sont installés sur châssis.

Ce tarif est 2 à 4 fois plus élevé que celui que nous applique EDF !

L’intérêt est donc de vendre ce que l’on produit et d’acheter ce que l’on consomme.

La rentabilité dépend du contrat électrique, de la surface et du coût d’installation des panneaux, des aides financières accordées, selon le lieu, par les municipalités, le département, la région, EDF et l’Etat (dégrèvement fiscal)

Prenez contact avec le centre des Impôts avant d’engager des frais : vous connaitrez les conditions pour bénéficier du dispositif de crédit d’impôt ou de réduction d’impôt. La loi fiscale qui a été votée, ne s’applique que jusqu’au 31/12/2009, après il se peut que les aides soient plus proches d’un système bonus/malus. Il est conseillé de demander un rescrit, c’est-à-dire un engagement de l’administration sur les conditions qui vous seront faites.

La Haute-Loire, un département ensoleillé

La Haute-Loire est un département particulièrement adapté au solaire thermique et au photovoltaïque en raison de la qualité de son ensoleillement (plus de 1880 heures par an contre 1600 heures à Lille) et de ses températures modérées. Des régions plus au sud, comme celle de Montpellier, ne sont pas forcément mieux loties, car si l’on a trop de chaleur, on perd en production.
Pierre Lasherme, chauffagiste au Puy-en-Velay et installateur Shüco, Conergy, Wiesman, Büderus,… connaît bien l’histoire de l’énergie solaire en Haute-Loire : « Des précurseurs ont équipé leur maison en solaire dans les années 70. Récemment l’architecte Jean Fargette a fait appel à notre société pour remplacer les panneaux solaires qui alimentaient sa maison de Borne depuis 38 ans ! Il a opté pour le même système, du solaire thermique, dernière génération, sur-mesure. Depuis, les matériaux, les rendements, ont évolués mais les principes de bases sont les mêmes».

Et de fil en aiguille, on apprend que le père et les oncles Lasherme avaient eux aussi inventé un système solaire similaire dans les années 70… toute une histoire. Dans l’entreprise Lasherme, il y a des gènes… lumineux !

www.lasherme.fr

Production d’eau chaude ou d’électricité ?

Le rayonnement solaire n’est pas exploité de la même façon et n’a pas la même finalité selon que l’on utilisera sa lumière pour le photovoltaïque, ou sa chaleur pour le solaire dit « thermique ».

Le photovoltaïque : des capteurs électriques soumis au rayonnement solaire transforment la lumière en courant continu de forte intensité. Au moyen d’un onduleur, ce dernier est transformé en courant alternatif, injectable dans le réseau EDF.

Dans le solaire thermique un fluide caloporteur, chauffé par le rayonnement solaire, circule dans les tuyaux de cuivre du panneau capteur. Il emporte dans l’échangeur les précieuses calories qui vont fournir l’eau chaude sanitaire (ECS), consommée dans l’habitation. Si c’était de l’eau, et non un fluide caloporteur, qui était soumise aux variations de température de -20 à 150 °C à l’intérieur des panneaux capteurs, elle gèlerait, monterait en surpression ou serait dégradée, et deviendrait impropre à la consommation.

Neuf ou rénovation, des stratégies différentes

Le choix de son système énergétique devrait préfigurer le type de maison que l’on va faire construire. Une étude préalable d’implantation : altitude, ensoleillement, orientation… semble indispensable pour choisir jusqu’au fournisseur de panneaux.

En rénovation, le solaire thermique, grâce à des kits de production d’eau chaude, permet pour un investissement d’environ 6000 €, de compléter l’installation existante et de faire une économie sur sa facture d’énergie. Mais là aussi, l’étude par spécialiste-installateur s’impose.

Vers une autonomie énergétique totale

Stocker l’électricité produite par l’installation photovoltaïque est techniquement possible : cela nécessite des batteries au plomb coûteuses et préjudiciables à l’environnement. Pour une démarche autonome, on peut aussi penser à ajouter une éolienne qui a des cycles de fonctionnement journaliers et saisonniers complémentaires au solaire. Des maisons vraiment autonomes en énergie, ne dépendant ni du réseau électrique ni de combustibles fossiles, apparaissent ça et là. Ce ne sont encore que des prototypes mais leur généralisation ne saurait tarder.

Se passer d’un installateur ?

Des petits malins à la recherche du meilleur prix font des achats groupés en passant par des associations comme Enerplan. Attention, il faut être compétent en technique, d’autant qu’il existe un véritable danger à installer du courant continu et particulièrement au moment de la mise sous tension. Il faut aussi être très au fait des normes, aussi bien techniques qu’administratives, et réaliser votre installation dans les règles de l’art. Un contrôle conditionnera l’obtention des aides et la vente éventuelle d’électricité à EDF.
Marius et Mémette
Marius : – tu as lu ça, Mémette ? Maintenant on fait de l’énergie avec le soleil !
Mémette : – ha ben c’est pas nouveau ! Cela fait des années que tu manges les confitures que j’ai fait cuire au soleil !

Les démarches administratives : un parcours du combattant !

Votre installateur connait bien les démarches préalables à l’installation de votre panneau solaire photovoltaïque, il vous guidera dans les différentes étapes. Néanmoins, on rêve d’un guichet unique pour toutes les procédures administratives : il faut passer par six administrations différentes pour pouvoir vendre de l’électricité de source photovoltaïque, et : -Etablir une déclaration de travaux ou une demande de permis de construire (plan de masse, intégration paysagère, vérification du Plan d’Occupation des Sols etc.)
-Obtenir une attestation de conformité
-Demander un certificat d’obligation de rachat auprès de la DRIRE
-Demander l’autorisation d’exploitation d’une installation de production d’électricité auprès de la DIDEME
-Demander la pose d’un compteur de production auprès de l’Agence de Raccordement (ARD)
-Demander l’établissement du contrat de rachat de l’électricité par EDF auprès de l’Agence d’Obligation d’Achat (AOA)
+ d’infos sur www.ademe.fr

Voir, apprendre et comprendre le solaire en visitant la Maison du Vent

Sur le site éolien de St-Jean Lachalm, le local technique qui abrite les terminaux de gestion du parc, a été transformé en un lieu didactique pour la promotion des énergies renouvelables. On peut suivre en direct la production du site éolien mais aussi comprendre le fonctionnement d’une installation photovoltaïque, puisque le toit du bâtiment a été équipé de 200 modules, soit 230 mètres carrés de panneaux, et 6 onduleurs, pour une production estimée à 25000kWh/an. Si on la rapproche de la consommation moyenne des français hors chauffage, cela correspond au besoin de 5 foyers. « Nous n’avons pas un rendement optimal ici, à cause de l’orientation Est/Ouest, la destination initiale du bâtiment étant le poste de livraison du parc éolien. Mais c’est un bon moyen de communiquer sur des énergies qui vont dans le bon sens. » remarque Julien Hostache, responsable du projet. « L’équivalent du besoin énergétique de 5 foyers, cela peut paraître peu. Mais, peut être que nous consommons plus que nos besoins : n’oublions pas, que si chaque foyer français s’équipait de lampe basse consommation, nous pourrions nous passer de quatre réacteurs nucléaires sur notre territoire ! » .

 

La Maison du Vent, sur le site éolien de St-Jean Lachalm, a été équipée de 200 modules photovoltaïques par l’entreprise LASHERME. Elle se visite. Tél. : 06 27 12 00 63 / 04 71 00 82 65

Un Commentaire

  1. « L’intérêt est donc de vendre ce que l’on produit et d’acheter ce que l’on consomme. »
    C’est dans cette phrase que puise les détracteurs des énergies dites « alternatives », éoliennes et solaire.
    EDF rachète deux, trois, voir quatre fois plus cher l’électricité éolienne ou solaire, qu’elle ne vend sa propre production à 80% nucléaire.
    On a beau jeu de dire que c’est l’usager lambda qui finance les moulins à vent et les panneaux photovoltaïques, et de faire des promoteurs des energies nouvelles des espèces de chasseurs de primes.
    Pourquoi ne pas tout simplement « consommer ce que l’on produit » à partir du soleil et du vent, et ne pas en faire une nouvelle source de « profit financier ».
    La simple économie de pétrole, de charbon, de gaz et d’uranium, et la diminution de CO2 et de déchets radio-actifs sont des raisons plus que suffisantes pour justifier le développement de ces filières.
    Il faudrait très vite se sortir du filet EDF pour réellement exploiter au mieux ces énergies d’avenir.

    25 octobre 2008

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