L’herbe aux goutteux (Aegopodium pedicularia, Fabacées)

Appelée aussi ægopode ou pédiculaire, cette plante herbacée, vivace et rustique est mal vue dans les jardins. Le jardinier qui ne connait pas ses vertus la considère avec désespoir tant elle est envahissante par ses racines traçantes et profondes. Elle peut alors coloniser de grandes surfaces dans les terrains frais et riches à mi-ombre.

Les feuilles sont  alternes et bi-ternées (c’est-à-dire composées de 3 folioles divisées, eux-mêmes en trois parties). Le pétiole des feuilles basales est long et de section en V.

Quand, à partir du mois de mai jusqu’en août, la tige florale émerge du tapis de feuilles, elle est creuse et cannelée. Pouvant dépassée un mètre de haut, elle soutient une gracieuse ombelle d’ombellules de petites fleurs blanches irrégulières.

Un détail qui a son importance : la plante est entièrement glabre.

En phytothérapie

Elle est diurétique et antiinflammatoire. Son nom ‘herbe aux goutteux’ indique qu’elle a été longtemps utilisée pour soulager les douloureuses crises de goutte. Elle est aussi digestive et carminative, utile dans les cas de digestions lentes et difficiles.

Intérêt nutritionnel

L’égopode est riche en protéines, en provitamines A et en vitamine C.

En cuisine

Entre plante aromatique et légume, c’est, selon moi, une des meilleures plantes sauvages d’autant que sa récolte est facile et rapide. Le goût est agréable rappelant le persil ou la carotte. Toutes les parties tendres, de la racine jusqu’aux fruits, se mangent crues ou cuites et se préparent de multiples façons. On en fait aussi d’intéressants jus d’herbe à l’aide d’un extracteur.

Au jardin

Il existe une variété horticole à feuilles panachées.

RECETTE NEMS SAUVAGES

  • 300 g de feuilles d’ægopode
  • 3 carottes, 1 oignon,
  • 3 gousses d’ail,
  • 1 fragment de rhizome frais,
  • 125 g de tofu,
  • 1 càs de tamari
  • 2 càs d’huile d’olive
  • 1càc de jus de citron
  • 20 feuilles de riz

Eplucher, laver et essorer les légumes et les plantes cueillies.

Dans un mixeur, hacher le gingembre, les carottes, l’oignon, l’ail, les feuilles d’égopode, le tofu égoutté en utilisant la touche « pulse » pour ne pas faire de la purée.

Mettre le hachis obtenu dans un saladier et assaisonner avec le tamari, l’huile, le citron. Goûter pour rectifier l’assaisonnement si nécessaire.

 

Tremper une feuille de riz dans une assiette d’eau pour la ramollir.

La disposer sur le plan de travail et déposer en son centre 2 càs de farce. La rouler et la placer dans un plat huilé.

Continuer avec les autres feuilles de riz, jusqu’à épuisement de la farce.

Faire cuire au four à 180 °C pendant une vingtaine de minutes, en retournant délicatement les nems à mi-cuisson afin qu’ils dorent des deux côtés.

Bien la reconnaitre ?

Il est possible de la confondre avec l’angélique des bois (Angelica sylvestris) dont les folioles sont deux fois pennés et les rayons de l’ombelle de fleurs pubescents. C’est sans danger puisque l’angélique est comestible mais décevant car cette dernière est très amère.

Attention : dans la famille des Apiacées, on trouve des plantes mortellement toxiques, comme la ciguë. On ne cueille donc que si on est certain à 200% de sa détermination.