La maison de Karine et Nicolas

Ils avaient un terrain et ont décidé de faire construire. Leurs échanges avec leur ami architecte Jean-Jacques Erragne ont permis à Karine et Nicolas Peronnet, respectivement kinésithérapeute et ostéopathe à Lempdes-sur-Allagnon, de concrétiser un projet « intime dans ses fonctionnalités, et ouvert dans sa conception spatiale ».

A l’époque où il imagine le style de leur prochaine habitation, le couple habite une maison sombre avec de petites pièces. Karine et Nicolas souhaitent exactement le contraire, une maison transparente avec un minimum de cloisons. Ils sont inspirés par des maisons contemporaines du sud de la France, ça tombe bien c’est justement un style qu’affectionne leur ami architecte. Exemples à l’appui : ils visitent ensemble ses réalisations à Issoire, où se trouve son cabinet l’Ateier 4. Leurs affinités sont réelles, ils se comprennent et le couple se sent entendu dans ses attentes.

Sur le terrain de Lempdes, les 3 000 mètres carrés offrent suffisamment d’espace pour imaginer une maison prenant ses aises entre les rochers de granit jaune, les arbres et les fougères. Une maison tout en longueur, avec des orientations optimales par rapport au soleil, de multiples vues traversantes pour profiter de partout d’un entre-deux intérieur/extérieur.

 

Des lignes droites

La disposition linéaire se fond dans la topographie du site.

Le premier regard sur la maison est une surprise : un seul bâtiment très long, comme une ligne basse posée sur l’horizon. Le plan longitudinal est rythmé par l’articulation des murs extérieurs et des matériaux utilisés : alternant béton gris, bois de la terrasse, verre et aluminium des baies vitrées, et parement de pierres jaunes.

Une arche centrale déportée du bâtiment encadre l’allée menant à l’entrée. Une découpe graphique qui souligne encore les horizontales.

Père et fils se pressent sur l’immense terrasse pour faire disparaître un ballon, ramasser un coussin, équilibrer l’emplacement des fauteuils… C’est une maison qui vit.

Contournons la maison pour rejoindre l’arrière ; une généreuse pergola bioclimatique à l’ouest (réalisation Pascale François) occupe 24 mètres carrés accessibles par le salon et la cuisine. L’ambiance est complètement différente du côté qui nous a accueillis. La zone chaotique de granit ocre a été conservée, elle amène une touche sauvage aux lignes parfaites du bâtiment.

Nous découvrons que l’horizontale connecte un cube de béton et d’aluminium qui profite de la pente du terrain, puis reprend sa trajectoire jusqu’au carport. La partie inférieure du cube est occupée par les chambres des enfants, la partie supérieure par l’espace parental.

Tournons encore d’un quart de tour. Le retour sur la façade sud offre une nouvelle perspective. Le jambage de béton qui souligne l’entrée principale devient évidence. De chaque côté, des murets de pierres dorées rappellent la roche autochtone.

 

                   

 

Lumière traversante

 Cette maison magnifique, sans vis-à-vis, est magnifiée par la lumière traversante. Nicolas souligne la vue incroyable : depuis la porte d’entrée on aperçoit le panorama de l’autre côté de la maison, et, en hiver, la lumière fait ressortir avec un contraste étonnant le clocher de Lempdes sur Alagnon  dans le paysage.

Un autre atout de cette maison transparente, aux cloisons rares, nous est précisé par Karine. C’est un argument que tous les parents sauront apprécier : « Voir nos enfants où que nous nous trouvions dans la maison ! ». Jeanne a 11 ans et Charles 7 ans, l’âge de la maison. Notons qu’en 2011 c’était l’une des premières habitations labellisées BBC, c’est-à-dire avec une consommation énergétique inférieure à 50 kWh/m2.

 

Comment meubler une maison si grande ?

 Par quoi commencer lorsqu’on a très peu de meubles ? Karine et Nicolas avait déjà repéré une table avec plateau de verre et intégrant des allonges. La décoratrice d’intérieur de la boutique leur conseille d’accorder ce choix de transparence au mobilier de salon avec des pièces design basses, sans pied, ou avec des piètements transparents. Ils optent pour un canapé coloré et entièrement modulable sur rails, les fauteuils iconiques de Léolux – les Pallones en forme de boules – une création de 1989 qui n’a pas pris une ride, et, toujours chez Léolux, un siège au design industriel minimaliste, le Volare, en cuir aubergine.

Cette famille qui respire la joie de vivre aime la couleur ! Ils aimeraient même qu’un graffeur vienne exprimer son art sur les cloisons coulissantes de la cuisine et le béton du carport.

       

Un espace évolutif

« On s’est fait plaisir sur tout, s’accordent Karine et Nicolas, l’espace, les matériaux, les meubles… tout en gardant à l’esprit que les années passent vite, et que l’espace doit être évolutif. » Tout change, l’âge des enfants, les priorités, les envies…
Une maison bien conçue intègre ce mouvement permanent.