Notre planète ne va pas s’en plaindre : d’importantes aides existent pour remplacer une ancienne chaudière fonctionnant au fioul. Malheureusement, le harcèlement commercial et la complexité des aides rebutent les ménages. Des sociétés de démarchage en profitent pour promettre monts et merveilles : facture d’énergie divisée par 3 pour seulement 1€, sous condition de revenu (57 % des ménages de Haute-Loire sont concernés). Cela semble alléchant, mais leur céder, c’est un peu comme signer avec le diable.

Que se cache-t-il derrière ces offres trop alléchantes pour être honnêtes ?

Il faut comprendre que le matériel et la main d’œuvre ont été négociés au rabais avec des artisans « hors-sol ». Prenons l’exemple de la fourniture et de l’installation d’une pompe à chaleur air/eau premier prix, total 8 000 €. Les sociétés qui vous démarchent mobilisent les aides pour vous. Elles obtiennent 4 000 € de l’ANAH* et 5 500 € d’un fournisseur d’énergie finançant des travaux d’économie, soit 9 500 €. Que devient la différence de 1 500 € entre le coût réel et le montant des aides ? Elle est empochée par la société qui vous a démarché. Certes, vous avez réduit votre facture de chauffage de 50%. Ce n’est pas vraiment ce qui était annoncé, mais bon, pour 1 € ! Sauf que vous n’avez aucun suivi et que dans 10 à 15 ans à peine le matériel aura atteint sa durée de vie et vous devrez alors recommencer l’opération, sans aides financières.

En Haute-Loire, on fait mieux, et avec nos artisans locaux, en plus !

Une chaudière de qualité entretenue par un artisan du pays durera 20 à 25 ans.

Prenons l’exemple de madame et monsieur M., couple d’une quarantaine d’années avec un enfant, en maison individuelle, avec un revenu fiscal de 26 000 €. Après un audit technique sérieux de leur habitation, il apparait préférable d’installer une chaudière à bûches pour produire une eau chaude à 70°C dans les radiateurs. La facture d’énergie va réellement être divisée par 3. Le bois sera pris chez un fournisseur local qui gère ses forêts. On évitera le rejet de 4,5 tonnes de CO2 d’origine fossile chaque année.

Côté financier, le devis est de 12 000 €. Avant de signer, un dossier est déposé sur internet pour obtenir 6 000 € de l’ANAH* et 4 000 € de Prime Coup de Pouce. Se rajoute un chèque de 30% de crédit d’impôt sur la somme restante, soit 600 €, même si vous n’êtes pas imposable. Il reste à charge seulement 1 400 € financés par un Eco-Prêt à Taux Zéro de 12€/mois sur 10 ans. Pour ne pas faire d’avance, le couple a choisi d’emprunter les 12 000 € et de rembourser à réception des aides. La seule contrainte de cette chaudière à bûches : l’alimentation du foyer, soit 15 minutes à y consacrer tous les 1 à 3 jours. Madame et monsieur M. s’interrogent : auront-ils le temps et la force dans 20 ans ? L’artisan local propose alors une autre solution, la chaudière à granulés avec un silo de stockage. Les factures d’énergie sont divisées par deux et l’installation revient à 3 400 €, amortie en moins de 5 hivers ou avec un prêt de 20 €/mois sur 15 ans.

Photo chaudière & aides

Si les M. avaient habité en ville, leur artisan aurait pu proposer une chaudière à gaz. Le gaz naturel reste un bon compromis en ville grâce à la proximité du réseau et du faible investissement qui compense le prix plus élevé du kWh.

Pour information, voici les tarifs moyens actuels :

  • Electricité : 158 €/MWh,
  • Fioul : 97 €/MWh,
  • Gaz : 88 €/MWh,
  • Pompe à chaleur : 79 €/MWh,
  • Granulés : 61 €/MWh,
  • Bûches : 34 €/MWh.

Vous n’êtes pas un ménage modeste ? Les aides Coup de Pouce, Crédit d’Impôt et Eco-PTZ marchent aussi. Avec 40% d’aides, il vous restera 7 200 € à charge sur votre chaudière à bûches financée avec 41€/mois sur 15 ans.

Pour ne pas vous tromper dans vos choix, voici une règle simple : privilégiez une approche globale mais optez pour une solution locale, elle est bonne pour votre portefeuille, préserve l’économie locale et la planète.

Une dernière chose, rappelez-vous que l’énergie la moins chère est celle qu’on ne dépense pas.

 

 

tarif et impact climat des énergies

 

Photo FANGETYohann FANGET

Ingénieur conseil en performance énergétique

Bureau d’étude COHECO – www.coheco.fr – 06 84 12 65 68