Mésange bleue – photo Marine Schmitt

L’hiver est souvent difficile à affronter pour la faune. Voici quelques bons réflexes pour protéger les oiseaux, mais aussi les insectes, les amphibiens et les reptiles !

De la nourriture  pour les oiseaux toujours à disposition 

Certains oiseaux se nourrissent exclusivement d’insectes, comme les hirondelles, qui migrent en Afrique dès l’automne, afin de continuer à trouver de la nourriture. D’autres espèces d’oiseaux ont un régime alimentaire plus varié, et se nourrissent en hiver de graines et de fruits, comme le rouge-gorge et les mésanges.

Lors des périodes de froid, quand le sol est gelé ou recouvert de neige, les oiseaux peinent à trouver de la nourriture. Donnons leur un coup de pouce en mettant un peu de nourriture à disposition de mi-novembre à fin mars.

La première étape consiste à installer une mangeoire.

On la placera en hauteur pour qu’elle ne soit pas accessible aux prédateurs, notamment aux chats. Nous vous conseillons les mangeoires de type distributeurs pour garder les aliments au sec.

Choisissez des aliments adaptés pour les oiseaux et qui respectent une démarche écologique. De préférence des graines de tournesol bio d’un producteur local. Quant aux boules de graisses, soyez attentifs à leur composition : oubliez celles à base de graisses animales et d’huile de palme. Pensez à retirez les filets qui les enveloppent, ce sont des pièges mortels pour les oiseaux.

Une fois la mangeoire installée et approvisionnée, le va et vient de vos petits hôtes emplumés sera un spectacle passionnant !

Attention, lorsque vous avez commencé le nourrissage, n’arrêtez pas d’un coup, surtout en période de grand froid. Les oiseaux, habitués à trouver de la nourriture chez vous, risqueront d’être encore plus en difficulté.

Un point d’eau 

Les oiseaux ont besoin d’eau pour se désaltérer et nettoyer leur plumage. Mettez à leur disposition un récipient peu profond (3-4 cm). Utilisez, par exemple, une soucoupe de pot de fleur en terre cuite non vernie ou un grand plat. Les bords doivent être en pente douce et non glissants pour que les passereaux puissent boire en se penchant. Si vous placez une pierre au centre ils pourront s’y percher.

Changez l’eau très souvent ! Et pour éviter que l’eau ne gèle, surtout n’ajoutez aucun produit. Versez de l’eau tiède et isolez l’abreuvoir du sol par un socle creux qui retardera la formation de croute de glace.


BONUS  : Le Nourrissage des oiseaux hivernants  

Pourquoi cette aide au nourrissage hivernal ? 

Certains oiseaux se nourrissent exclusivement d’insectes, comme les hirondelles, qui migrent en Afrique dès l’automne, afin de continuer à trouver de la nourriture. D’autres espèces d’oiseaux, notamment de nombreux passereaux, ont un régime alimentaire plus varié, et se nourrissent en hiver de graines et de fruits.

 Or, nos activités de « nettoyage » automnal (coupe de haies et fauche des hautes herbes) limitent le stock de nourriture disponible pour les oiseaux.

Ainsi, pour préserver ce stock de nourriture, vous pouvez :

  • ne pas tailler les arbustes à baies de vos jardins
  • laisser les grandes herbes égrainer et planter tournesol et cardères dans votre jardin : les oiseaux viendront se nourrir naturellement sur ces plantes

De plus, en hiver, lorsque la neige persiste ou lorsque le gel durcit le sol, les oiseaux connaissent une mortalité importante due, non pas au froid, mais au manque de nourriture. En effet, un oiseau suffisamment nourri ne souffre jamais du froid et passe aisément un hiver rigoureux. La recherche de nourriture implique également d’importantes dépenses énergétiques.

Info En hiver, la mésange peut perdre 10 % de son poids en une seule nuit ! Cette perte de poids correspond au stock de réserves de l’oiseau utilisé pour maintenir sa température.

Pendant la saison froide, il est donc utile d’apporter une source de nourriture aux oiseaux afin de palier à la raréfaction des ressources alimentaires naturelles. Cette source de nourriture doit être adaptée, saine, facile d’accès, bien visible et à l’abri des prédateurs. Il nous est possible de leur fournir cette nourriture en installant des mangeoires qu’ils prendront vite l’habitude de fréquenter.

Attention : Il est fortement déconseillé de nourrir :

  • les oiseaux aquatiques (un nourrissage au pain peut engendrer diverses maladies)
  • les pigeons de ville qui trouvent suffisamment de subsistance dans les villes et villages.

Sur quelle période mettre de la nourriture à disposition ? 

Restreindre le nourrissage à la mauvaise saison, en période de froid prolongé. Le nourrissage peut globalement être pratiqué de la mi-novembre à fin mars.

Attention :  

  • Le nourrissage doit être ininterrompu durant la période froide,
  • Le nourrissage mais doit cesser progressivement sur 10-15 jours à l’arrivée du printemps ou, plus généralement, quand la nourriture naturelle redevient abondante. Il serait alors néfaste de continuer à approvisionner les mangeoires. Les oiseaux pourraient devenir dépendants de la mangeoire et ne plus rechercher eux même leur nourriture, d’où le risque d’un déséquilibre alimentaire.

Quelle mangeoire ? 

De nombreuses mangeoires existent : de toutes les tailles, formes et couleurs. Les types de mangeoires sont nombreux : à poser, à suspendre, sur pieds avec système de plateau, de distributeur…

Construisez votre mangeoire en bois : https://mangeoires.nichoirs.net/

Un tuto sympathique pour une mangeoire en bois et verre : https://www.youtube.com/watch?v=fwoSJ1-QUrc

Vous pouvez également utiliser des matériaux de récupération.

Attention : Evitez les mangeoires plateaux : celles-ci attirent les gros oiseaux opportunistes qui trouvent par ailleurs de la nourriture et qu’il est moins opportun d’aider que nos petits passereaux qui ont un régime alimentaire plus spécifique. De plus, ce type de mangeoire est fientée par les oiseaux la visitant, la nourriture est donc souillée. Ainsi le danger d’une épidémie telle que la salmonellose est présente même si la mangeoire est régulièrement nettoyée.

Où placer le poste de nourrissage ? 

Disposer les mangeoires de préférence en hauteur (sur un poteau ou dans un arbre) et dans des endroits découverts et faciles d’accès, des endroits dégagés avec une haie à proximité qui permettra aux oiseaux de se poser avant ou après s’être nourris…

Petit plus : placez le poste de nourrissage de façon qu’il soit visible depuis une fenêtre de cuisine ou de salle à manger pour pouvoir les observer.

Pensez aussi aux chats ! Eloignez le poste de nourrissage de tout buisson où les chats pourraient se mettre à l’affût. Eloignez-le des murs et des branches latérales afin de ne pas faciliter l’accès aux chats ou aux autres prédateurs.

La bonne place est au centre du jardin, dans un endroit dégagé. 

Attention : la tentation de multiplier les mangeoires est grande. Attention néanmoins, trop de distributeurs placés au même endroit peuvent provoquer des rassemblements importants d’oiseaux et donc potentiellement un foyer épidémique. Aussi, dispersez vos mangeoires : il est préférable de séparer les zones de nourriture, d’autant qu’une dispersion donnera aussi l’occasion aux oiseaux plus timides de se nourrir. Toutes les fois que cela est possible, la nourriture doit, particulièrement pour les insectivores, être disposée à l’abri de l’humidité et du gel.

N’oubliez pas de disposer un point d’eau à proximité des mangeoires afin que les oiseaux puissent boire, été comme hiver.

Quelle nourriture donner aux oiseaux ? 

La meilleure nourriture pour les oiseaux en hiver est leur nourriture naturelle : des graines et des fruits. Il est important de conserver une alimentation la plus proche possible de leur alimentation naturelle.

Si un aliment doit être choisi, utilisez des graines de  tournesol BIO (non grillées et non salées), si possible non striées. C’est l’aliment le plus naturel et le plus riche que nous pouvons leur donner.

Vous pouvez également donner :

  • Mélange de graines : le mélange optimal étant composé de tournesol noir, cacahuètes et maïs concassé ;
  • Pain de graisse végétale simple ou mélangé avec des graines, fruits rouges ou insectes ;
  • Cacahuètes (non grillées et non salées) ;
  • Amandes, noix, noisettes et maïs concassés (non grillés et non salés) ;
  • Petites graines de millet ou d’avoine, de Niger ;
  • Fruits décomposés (pomme, poire flétrie, raisin).

Donnez des aliments BIO pour 2 raisons :

  • Bio = pas de poison : les oiseaux sont très sensibles aux pesticides
  • L’activité agricole non raisonnée est une des causes du déclin des oiseaux des campagnes. Nous ne devons pas aider les oiseaux du jardin au détriment des oiseaux des campagnes.

Attention : 

  • Ne donnez jamais de lait aux oiseaux : ils ne peuvent pas le digérer et celui-ci  peut être responsable de troubles digestifs mortels.
  • Les mélanges de graines très bon marché composés de pois, de lentilles et de riz doivent aussi être évités ainsi que les biscuits pour animaux domestiques, le pain, les pattes
  • Ne jamais donner de nourriture salée : elle déshydrate les oiseaux et peut entrainer leur mort
  • Ne jamais donner de boules de graisses du commerce : outre le piège des filets, ces boules sont constituées à partir de déchets souvent toxiques pour les oiseaux. Elles contiennent également souvent de l’huile de palme qui participe au déboisement des forêts tropicales indonésiennes.

A quelle fréquence remplir les mangeoires ? 

Le plus important est qu’il y ait toujours de la nourriture à disposition. Evitez cependant de mettre de trop grosses quantités de nourriture pour des questions d’hygiène. Si vous optez pour un approvisionnement quotidien, il est préférable de le faire à heure fixe, plutôt le matin ou en fin d’après-midi. 

Un point crucial : l’hygiène  

Le nourrissage des oiseaux en hiver engendre des rassemblements d’oiseaux, parfois conséquents, aux mangeoires. Cependant, certains oiseaux sont porteurs de maladies contagieuses, et ces concentrations sont régulièrement la source de foyers d’épidémies. La prévention est la seule solution pour limiter la transmission de ces maladies !

Dispersez les mangeoires : Préférez plusieurs petits points de nourrissage à un seul pour limiter la concentration d’oiseaux au même endroit. Déplacez la (les) mangeoire(s) une ou deux fois par hiver pour éviter les amoncellements de fientes notamment au sol…

Nettoyez les mangeoires : Il est très important de nettoyer et de désinfecter vos mangeoires de manière régulière afin d’éviter tout risque de contamination par les fientes ou par les restes d’aliments… Faites-le, le plus souvent possible, et surtout, ne laissez pas s’accumuler dans la mangeoire de grandes quantités de nourriture non consommée.

Soyez particulièrement vigilant en période de dégel ! En effet, au moment du dégel, les bactéries se « mélangent »  avec la nourriture et l’eau dans les récipients et créent ainsi un foyer épidémique…

Pour nettoyer, n’utilisez pas de produits qui pourraient être répulsifs voire toxiques pour les oiseaux et notre environnement (javel, acide, soude…). Le savon de Marseille ou encore le savon noir suffisent.

Info entretien : 

Rangement estival : Après la saison de nourrissage, nettoyez vos mangeoires et rentrez-les en ayant pris soin au préalable, si elles sont en bois, de les badigeonner d’huile de lin ou d’huile protectrice pour bois extérieurs entièrement naturelles afin de prolonger leur durée de vie.

Que faire en cas d’oiseaux malades ou morts ? 

Plusieurs oiseaux trouvés morts au même endroit est le signe qu’une maladie se propage. Il faut alors cesser le nourrissage,

Il faut arrêter tout nourrissage pendant 15 jours minimum, afin de laisser le temps aux oiseaux de se disperser.

Nettoyer et désinfecter mangeoires et points d’eau. Si vos mangeoires sont installées sur la terrasse, pratiquez de la même manière pour nettoyer et désinfecter le sol. Par contre si elles sont placées sur la pelouse ou sur des gravillons, il s’agira de l’installer à un autre endroit lors de la remise en service…

Quels oiseaux observer aux mangeoires ? 

Quel spectacle magnifique que de voir le va et vient de nos petits hôtes emplumés !

Les oiseaux adeptes des mangeoires sont nombreux : les Mésanges charbonnière, bleue, noire, huppée, nonnette, la sittelle torchepot, le pic épeiche, le pinson des arbres, le verdier d’Europe, le chardonneret élégant, les moineaux domestique et friquet, l’étourneau sansonnet, la tourterelle turque, etc. La liste est longue !

Vous pouvez également participer au comptage national des oiseaux des jardins les derniers week-ends de janvier et de mai. Consultez le site https://www.oiseauxdesjardins.fr/

Rouge gorge content ! Photo Marine Schmitt