Le mieux est l’ennemi du bien ou l’éloge de la paresse 

Vous êtes-vous déjà demandé si vous n’en faisiez pas un peu trop ? si vous ne vous efforciez pas inutilement d’optimiser le réglage de cette chaudière, si ça valait bien la peine de changer une fois de plus les meubles de place, ou si vous ne perdiez pas trop d’énergie à encore argumenter pour bien vous faire comprendre ?

 Sans être perfectionniste, je me rends compte que je me noie dans un verre d’eau parfois. A force de trop chercher la p’tite bête on peut en devenir une pour notre entourage : une grosse, une noire, une pénible… pour ne pas dire une ch…

Pour les pointilleux, les trop sérieux : « le mieux est l’ennemi du bien ». Peut-être qu’on pourrait s’appliquer à faire moins ?

Ou plutôt, et je crois que cela s’applique à tous : il faudrait pouvoir s’arrêter à temps. Comme un peintre qui lâche son pinceau, acceptant que cette toile-là soit finie. Se dire « stop » avant d’en faire trop. 

Renoir disait « il faut savoir mettre une toile de côté et la laisser reposer. Il faut savoir flâner. »Il n’était pas connu pour être paresseux le père Renoir ! mais il savait se mettre en stand-by, et ça donnait les oeuvres que l’on connait. Comme si le fait de nous arrêter nous reliait à nouveau à notre source intérieure, à l’inspiration et à la justesse… libéré de l’inquiétude de bien faire.

Au programme de la rentrée : copier Renoir ! pas devenir peintre, mais apprendre comme lui à se donner du temps… Une demi journée par semaine ou cinq petites minutes par jour, qu’importe ! qui veut gravir une montagne commence par le bas.

 Joëlle ANDREYS  – automne 2010