Face à la vie parfois trépidante et aux changements qui bouleversent régulièrement notre société, ça fait parfois du bien de savoir qu’il y a des choses stables, des choses qui durent.

Ouvrez la fenêtre, ou mieux, sortez dans la nature et entrez dans le paysage qui s’offre à vous. Ces montagnes sont celles dans lesquelles vivaient nos ancêtres, la rivière qui serpente dans la forêt abreuvait hommes et bêtes, et les oiseaux régalaient déjà de leurs chants les habitants des siècles derniers. Certes le massif s’est quelque peu arasé, la végétation l’a recouvert, les pierres du ruisseau ont été roulées par le flux et les engoulevents se font rares, pourtant, en admirant la voûte céleste comme le faisaient nos ancêtres – mais sans la crainte que le ciel ne me tombe sur la tête – je me dis que décidément la nature n’obéit pas à la même logique que la plupart des humains.

Dans ce numéro, Strada rend hommage au temps et à ceux qui le traversent avec sagesse : nous avons rencontré pour vous un bûcheron qui débarde avec ses ânes, à l’ancienne ; au Sauvage, un gîte et un groupement de producteurs perpétuent les traditions agricoles et hospitalières du domaine ; dans nos nouvelles rubriques, nous donnons la parole à François Couplan, ethnobotaniste qui nous rappelle que notre environnement végétal est le garde-manger qui a nourri l’humanité pendant l’essentiel de son existence ; le laboratoire Biofloral de Saint Pierre Eynac nous expose ses méthodes de fabrication dans le respect des forces vitales et nous transmet les messages des Fleurs de Bach…
A la lumière des temps anciens, entre fluidité de l’eau et immobilité des montagnes, hâtons-nous tranquillement de réinventer le monde… 

Joëlle ANDREYS – automne 2011