© Laurence Lager-Barruel

Aujourd’hui, lundi 29 juin 2009, inauguration de l’hôtel. Une foule se presse dans la salle de restaurant débarrassée de ses tables pour l’occasion.  Les graminées sont toujours là, ondulant en premier plan du panorama de rêve qui s’offre derrière les parois vitrées. Discours de Régis Marcon, toujours très simple et souriant, il rappelle les grandes lignes de l’installation sur les hauteurs de Saint Bonnet le Froid, une histoire de famille, d’hommes, de femmes et de cuisine. De nature, aussi, car c’est son amour du pays et de ses habitants, qui vaut aujourd’hui à cette réalisation remarquable le décernement de l’éco-label européen. Pour lire la suite de l’article, cliquer sur les trois points suivants

La secrétaire d’état à l’écologie, Chantal Jouanno, conclut élégamment, la foule se disperse de nouveau dans la salle et le brouhaha reprend. Des groupes se forment, ils vont et viennent en visites de l’hôtel en sous-sol, en balades entre les univers gustatifs qui ponctuent les lignes courbes de la salle de restaurant.

Il flotte une ambiance de joie sereine et retenue, les visages sont méditatifs, les sourires entendus, les regards complices. Entre discours amicaux et mondains, parfois le silence se fait :  un nouveau plaisir nous a déconnecté de la relation, l’attention est saisie, captivée par la sensation, et l’unique once de volonté  qui nous reste,  lutte pour ne pas redescendre trop vite sur le plancher des vaches.

Comment un seul met peut induire cet état troublant ? est ce la présence de la nature ?  l’esprit zen qui règne dans les choix architecturaux ? la sérénité affichée de nos hôtes ?

Comment dire ? La magie « Regis et Jacques MARCON » opère encore une fois, avec douceur et maîtrise.

14 juillet 2008

Il y a d’abord la vue : après le plancher de chataignier, sa frontière minérale et la courbure des parois vitrées, votre regard accroche les herbes folles puis se perd dans les collines du Velay et du Vivarais.

Il y a ensuite la table de Régis Marcon : feu d’artifices de saveurs, explosion des sens, découvertes tous azimuts. Vous ne « mangez » pas, vous vivez une suite d’instantanés d’art culinaire, vous nourrissez votre nature profonde. De la simplicité du bouquet de fleurs sauvages et graminées ornant votre table jusqu’à la perfection des lignes du mobilier de Jacques Mansuy, tous les détails subtils de l’environnement concourent à la réussite de ce lieu rare.

Et puis il y a l’ensemble de l’éco-hôtel Régis et Jacques Marcon, fondu dans le paysage, comme suite logique du rêve gastronomique. L’énergie du long couloir sombre et courbe rappelle celle des pyramides égyptiennes, et ses portes mystérieuses s’ouvrent, dans un contraste saisissant, sur des  chambres aux espaces gorgés de lumière,  s’échappant de baies immenses comme d’autant de tableaux.

C’est en amoureux de la nature que Régis et Jacques Marcon se sont lancés dans cette réalisation ambitieuse : un hôtel sur les lieux de leur enfance, imaginé à partir d’une étude paysagère préalable, répondant  aux critères stricts de l’Eco-label européen.

Mais Régis va plus loin encore : en sensibilisant et en associant l’ensemble du personnel à sa démarche de développement durable, le chef aux nombreux prix, aux 3 étoiles Michelin, 19/20 au Gault et Millau,  président de l’Académie du Bocuse d’Or, envoie valdinguer les vieux clichés de la profession : « Entrer dans cette démarche – du tri sélectif,  de la chasse aux gaspillages… – c’est donner un autre sens au travail. Le respect de la nature est indissociable du respect humain, et modifie jusqu’à notre comportement ensemble ». Pour illustrer cette sagesse, un exemple tiré de  la visite de ses cuisines,   «… la plonge… c’est d’ici  que l’on a la plus belle vue » ; le travail le moins passionnant s’en voit adouci, et ce n’est pas un hasard.

Lui qui est né et a grandi à Saint-Bonnet-Le-Froid, sur la ligne de partage des eaux, et plus simplement au-dessus de la station-service de son père, continue à vivre au cœur de son village, à deux pas de la boulangerie que l’activité du restaurant a permis d’ouvrir.

L’Eco-label européen signe une nouvelle  reconnaissance internationale  pour le travail de cet homme simple, qui nous fait partager avec grâce sa vision de l’art de vivre.

«  Je n’aime pas les barrières » murmure t-il de sa voix douce et calme devant la vue splendide.

Joëlle ANDREYS

L’Eco-label européen en matière d’hébergement touristique distingue les établissements qui répondent à des critères stricts de performance et de qualité environnementale. Il garantit de faibles impacts environnementaux. En bref ce sont des lieux «naturellement meilleurs ».

Le confort, proche de la perfection.

Des artisans locaux ont travaillé à la réalisation des chambres : Jacques Mansuy pour le mobilier, Philippe Pubellier pour les textiles, et bien d’autres…