Happy Culture au Mézenc

 

 

Cet été, les prairies non fauchées du Mézenc étaient, encore une fois, bien belles. Mais, si les fleurs qui les font éclater de mille couleurs attirent l’œil, si leur présence nourrit notre sentiment de nature, leur première raison d’être est d’attirer les abeilles et de les nourrir de leur nectar et de leur pollen.

(Cliquez sur les images pour les agrandir dans une nouvelle fenêtre. Photos réduites à 1 600 px)

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En retour, en disséminant le pollen, ces mêmes abeilles assureront la survie de ces mêmes fleurs : les abeilles se chargent, partout sur la planète, de 60% de la pollinisation de toutes les fleurs…

Les abeilles nous offrent aussi, au passage, les inestimables produits de leur travail, mais là, pour en profiter, on a besoin de quelqu’un : l’apiculteur…

Et quand il s’agit d’un apiculteur qui aime et respecte ses abeilles, qui les élève, les soigne et les bichonne avec passion et de manière purement biologique, c’est encore mieux pour nous !

Enfant du pays, Gérard Fargier, apiculteur aux Estables, a toujours eu des ruches. Au départ pluriactif, sa passion de l’apiculture l’a amené à abandonner son autre métier et à s’installer comme apiculteur professionnel dès 1996. En 2003, le magasin était ouvert, avec Rachel, son épouse, à la barre de la commercialisation des produits. Depuis 2012, ils sont en GAEC et chaque année, pour les 6 mois de la saison, ils embauchent un salarié apicole. Cette année, c’est Lorène, une jeune passionnée dont le projet est de devenir apicultrice elle-même.

Ci-dessous : Gérard et Lorène installent les trappes à pollen. Grâce à une grille à travers laquelle les abeilles sont obligées de passer pour rejoindre leur ruche, ces trappes récupèrent dans un panier une partie des pelotes de pollen que les abeilles transportent, en en laissant bien sûr assez pour la consommation de la ruche.

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Une petite abeille vient dire bonjour à Lorène :

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 Ci-dessous : Aïe ! Même le chef se fait piquer. Va falloir prendre des mesures.

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La fumée de l’enfumoir calme un peu les abeilles :

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 Gérard visse les trappes à pollen à l’entrée des ruches :

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La « saison », pour un apiculteur, c’est la miellée, de mai à septembre, période pendant laquelle les fleurs produisent le nectar — avec lequel les abeilles font leur nourriture : le miel — et le pollen, dont elles nourrissent leurs larves. Gérard doit donc « suivre » l’évolution des fleurs et placer ses ruches en fonction, en les déplaçant à chaque fois en camion : c’est la transhumance.

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Gérard ayant 400 ruches — environ la moitié en montagne au Mézenc et l’autre en basse Ardèche vers Aubenas —, on imagine le travail ! D’habitude, le retard de floraison du haut (en montagne) lui permet de d’abord s’occuper du bas (en basse Ardèche), mais…« cette année, tout a fleuri en même temps, en haut et en bas ! On a dû courir partout en même temps ! »

L’éternel rush de l’apiculteur, en somme…

Les ruches de montagne de Gérard, ici à la chartreuse de Bonnefoy, près du Mézenc, à 1 310 m d’altitude.

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L’autre critère de placement des ruches, c’est le type de miel souhaité. Gérard loue donc des espaces différents pour ses abeilles : au Mézenc, des prairies non fauchées (miel de montagne), des forêts de sapins et des landes de bruyère ; en basse Ardèche, des bosquets d’acacias, des châtaigneraies et des champs de lavande. Les abeilles feront alors à chaque fois le type de miel correspondant à la source majoritaire qu’elles auront trouvée dans le coin. La dernière miellée est celle de la bruyère, mi-septembre.

Pour couronner le tout, multiplions tout ça par deux : Gérard récolte en effet chaque ruche deux fois… d’où Lorène (cette année), qui a multiplié Gérard par deux aussi !

De toutes ces ruches, Gérard extrait le miel avec son associé de la Miellerie sauvage, Eric Langlet, à Bessamorel. En bon apiculteur bio, il ne récolte pas le miel des corps de ruche (le centre, où les abeilles habitent), laissant ainsi à ses petites protégées leurs propres provisions de miel pour l’hiver, qu’elles passeront toutes « en bas », en Ardèche.

La qualité de « miel issu de l’agriculture biologique » produit par Gérard tient aussi au choix des emplacements des ruches (sur des territoires exempts de pollution), aux traitements bio contre les parasites, au circuit direct producteur/consommateur, et, de manière générale, à toute sa façon de travailler (par exemple, il élève lui-même ses reines et « fabrique » lui-même ses essaims).

Quant à Rachel, elle ne chôme pas non plus ! Elle a en charge le conditionnement du miel, l’étiquetage, la fabrication ou la préparation des produits dérivés (pain d’épice, pollen, propolis…) et leur commercialisation. Rachel organise aussi des animations, au magasin ou à l’extérieur, pour faire découvrir le monde des abeilles.

Ci-dessous, le magasin, à l’entrée des Estables : le domaine de Rachel !

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Ci-dessus, l’entrée. Ci-dessous, le magasin, les produits, les explications, le miel, le soleil…

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Le magasin abrite une ruche vivante (ci-dessous, entre la télé et Rachel) : grâce à un bricolage génial d’Eric Langlet, une caméra mobile, que l’on commande avec un joystick, en renvoie l’image, agrandie, sur un écran.

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Cherchez la reine ou voyez comment les abeilles communiquent (ci-dessous).

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Rachel et Gérard travaillent dans le même esprit : l’esprit bio, souriant, passionné… et passionnant ! Il faut dire qu’ils les aiment, leurs abeilles, et, en faisant un si bon miel, les petites bêtes le leur rendent bien…

… et, grâce à eux, à nous aussi !

Hubert de Bonneville

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