J’étais à l’hôpital. Dehors, sur le parking. Un type faisait les 100 pas. Je dois avoir l’air sympathique, il est venu vers moi et m’a demandé si il me pouvait me demander quelque chose. J’ai dit oui. Il a enchainé : vous êtes medecin ? ça non, je ne suis pas médecin. Et je m’imaginais pas être assez propre sur moi pour ressembler à un médecin. Il devait être un peu perdu le type. Il a quand même voulu me demander conseil. Je l’ai écouté. Un problème de santé. Depuis 6 jours il a mal, ça va, ça vient, mais ça ne passe pas. Ca n’a rien à voir avec la saleté de virus qui nous fait nous cloitrer dans nos appartements. « J’ai un testicule qui enfle et qui me fait mal. Une couille qui devient orange puis violette. tu crois que c’est grave ?   » –  »  je serai toi, j’irai consulter. Regarde, y a 5 soignants devant chacune des tentes, ils sont prêts à accueillir des malades, vas y. » lui ai-je dit.

Hésitant, il m’a expliqué qu’il ne voulait pas prendre la place d’une personne qui, elle, se serait fait rattraper par la bestiole. « mais quand même, j’ai insisté, ça pourrait être grave ce que tu as.  » Il avait l’air dubitatif. Mais dans mon rétro, en sortant de l’enceinte de l’hôpital, je l’ai vu rentrer dans une des tentes, accompagné par des scaphandriers.
Peut être que je lui ai sauvé la vie à ce gars. Peut être qu’il aurait fait partie des dégâts collatéraux du coronavirus. ll endurait son mal depuis 6 jours, sans demander de l’aide, sans rien dire à personne, et pourtant il avait 2 gosses et une femme à la maison. Genre le super gentil. un super héros.

Louka

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