En Haute-Loire, les volcans se dissimulent et ressemblent à des petites montagnes, des collines, des lacs. Le Mont Bar n’échappe pas à la règle, camouflé sous une parure forestière.

Pourtant c’est bien un volcan doté de pentes raides et d’un cratère bien dessiné. Etrangement, lorsqu’on m’en parlait, ce n’était ni sa faune, ni sa flore, ni sa géologie qui était abordé mais des histoires fantastiques ou des expériences qu’on y avait vécues. Légendes, anciens trésors, centre énergétique, haut lieu spirituel, c’était ce qui revenait régulièrement.

Je repensais à tout cela en gravissant ses côtés escarpés la première fois. Mon expérience de photographe m’a toujours placé dans des conditions de prises de vue particulières : tôt le matin, tard le soir, dans la brume et le brouillard, sous la neige, pendant l’orage… Des moments où l’on ne rencontre pas âme qui vive. Seul, face à soi-même, ces instants sont propices à l’imagination, mon imagination.

En descendant dans le cratère, je fus saisi par le silence, l’étrangeté de l’atmosphère. L’immense tourbière qui tapissait le fond renforçait mes impressions. Toutes les histoires relatées me semblaient nettement moins farfelues. De grands hêtres m’encerclaient tels de puissants gardiens. Que gardaient-ils ? D’antiques secrets, l’entrée d’un monde merveilleux ? Qui peut le dire ? Mais ce que je sais, c’est que ces lieux à fort caractère sont difficiles à appréhender photographiquement. Si nous ne sommes pas reliés à eux, impossible de photographier quoi que ce soit qui ait du sens.

Dans ces environnements magiques « vouloir » est contreproductif. Ce sont eux qui vous offrent plutôt que vous qui prenez. Etre à l’écoute et dans la retenue, sont les conditions nécessaires pour capter des images.

Le volcan du Mont Bar fait partie de ces endroits magiques.