lettre psi 26686

Le libellé de cet accord “Soyez sceptique mais apprenez à écouter” m’est étrangement familier.

Familier parce qu’en effet c’est ce que l’on connaît le mieux du métier de psy : il écoute et il questionne. Souvent on en attend des conseils, parfois des
« jugements », on lui demande : « Suis je fou ? Qu’est ce qui ne va pas chez moi ? Que dois-je faire pour résoudre mon problème ? ».

Personnellement, je n’ai pas de réponse à ce genre de question, je ne peux pas me considérer comme une sorte de « conseiller de vie ». Le psy écoute oui, il tente de comprendre la « réalité » de l’autre, il se garde d’utiliser sa propre réalité pour la plaquer sur celle de l’autre. Il « résonne » parfois avec ce qui lui est dit, cela éveille forcément en lui des réactions personnelles, il est aussi humain. Alors quand sa propre réalité se trouve engagée dans le lien à l’autre, il se doit de rester sceptique, de la questionner, de la remettre en cause sans pour autant perdre ses repères.

Dans l’espace de la rencontre se construit une nouvelle réalité commune. Le travail consiste alors à faire en sorte que cette nouvelle réalité soit le lieu d’une modification consciente d’une réalité précédente devenue trop inconfortable. Celui qui parle investit cet espace, puis se l’appropriera au moins partiellement pour repartir avec une vision du monde plus douce et plus agréable, au moins différente. Celui qui écoute s’engage dans la proposition d’aménagement de cette nouvelle réalité, puis se dégage et reprend sa propre réalité, similaire mais jamais identique.

Très souvent, on a oublié de s’écouter, on a oublié de tenter de se comprendre, on a oublié de lâcher ce qu’on imagine vrai pour se laisser gagner par ce qu’il y a d’étrange et fascinant dans l’autre.

On peut tous être cet homme ou cette femme qui fait émerger un moment de rencontre devenu possible quand on écoute, quand on accepte d’avoir un peu peur en lâchant qui on est, d’où on vient, et ce qu’on prend pour Vérité. Quand la peur arrive, j’ai appris qu’il faut comprendre que c’est seulement une peur, pas la réalité. Alors j’apprends à me taire, j’observe, j’écoute et je tente de comprendre du mieux que je peux, comme si c’était la première fois et comme si je ne savais rien. Il existe un espace de conscience où l’on peut ne plus être complètement (follement) soi-même juste le temps d’accepter l’incertitude, le temps de questionner l’essence et le sensible de « la réalité », la sienne et celle de l’autre.

Jean-Nicolas JOYAU, est psychologue-clinicien.
Il reçoit dans son cabinet au Puy-en-Velay
3, av. André Soulier Tel. 04 71 06 05 25

Pour avoir plus d’informations concernant la voie toltèque  :
www.strada-dici.com/la-voie-tolteques-soyez-sceptique-mais-apprenez-a-ecouter 



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