Un poème partagé, encore, même si ça ne sert à rien peut-être…

Nous voici ramenés au réel
A ce présent endolori que nous n’habitions plus
C’est comme
Trébucher
Tomber
N’être plus que genou
Et n’être plus que paume
Le petit filet de sang
La poussière incrustée là ou la peau s’est arrachée
On se demande encore
Comment
Et pour de très longs jours
Être paume et genou à chaque mouvement

Il y a tant d’oiseaux qui chantent ce matin
J’ai suivi le héron le long de la rivière
J’ai suivi le héron
De pierre
En pierre
Et tant de majesté
Dans son envol tranquille
Dans son corps suspendu si près de la surface
Veux-tu bien être mon ami ?
J’ai suivi le héron le long de la rivière
Veux-tu être mon frère ?

Et puis j’ai ajouté
« Pardon pour tous les hommes »

Oh comprenez-moi bien
C’était un beau héron
Mais il aurait pu être n’importe quel Vivant
Il était mon seigneur mon aîné le plus sage
J’ai demandé pardon pour le monde abîmé
S’il en est encore temps

Les seules voitures qui roulent
Vont presque toutes à l’hôpital.

Chloé Landriot