Commence le : 28/04/2015 à 18h 30

Catégorie :Manifestations culturelles:1023

Adresse :

la Grenette à Yssingeaux

Description:

Mettre sur le même plan le top modèle et Jésus Christ peut paraitre curieux, mais il s’agit dans les deux cas d’une imitation, d’une volonté de ressembler à un modèle, cette volonté d’imitation est elle une nécessité chez l’homme et quel sens peut elle avoir?

En effet, ce que les philosophes appellent la mimésis est bien une attitude particulièrement prononcée chez l’homme même si ce n’est pas tout à fait une attitude spécifiquement humaine puisqu’elle se révèle chez les singes notamment. Mais alors que Platon en faisait une attitude puèrile et même mécanique, Aristote, plus tard, y verra une tendance naturelle permettant l’apprentissage du jeune enfant qui reproduit les gestes des adultes pour intégrer un savoir faire et développer son pouvoir sur les choses. Ainsi en rejouant tout ce qu’il voit par son corps l’enfant s’approprie le monde dit Marcel Jousse. La mimesis serait alors un procédé d’apprentissage. Mais alors , me direz vous quel rapport avec « le modèle »?

C’est ici que la question devient vraiment philosophique car elle concerne l’intention dans laquelle on imite. S’agit il de vouloir ressembler à un autre au point de refuser sa prope identité? Le modèle devenant celui que l’on veut égaler à tout prix en espérant connaitre les joies et la célébrité qu’on lui suppose? Dans ce cas cette imitation qui devient une sorte de clônage volontaire risque fort d’être aliénante et de révéler notre incapacité à garder notre autonomie de jugement. Nous pourrions alors nous demander dans quelle mesure toute attitude fanatique peut révéler cette volonté de s’identifier à un modèle qui représente la figure de l’héroïsme au même titre que l’identification au top modèle peut conduire une jeune fille à l’anorexie pour ressembler à l’image « parfaite » d’un corps ou d’un visage d’une photo de magazine parfaitement retouchée en fonction des critères de la mode.

Mais en même temps, ne devons nous pas convenir qu’il est difficile de nous passer de « modèle » non pas dans le sens où celui ci doit nous « modeler »à son image mais dans le sens d’un idéal qui nous stimule tout en nous laissant notre liberté de jugement? Ici le terme de « modèle »pourrait alors avoir un sens éthique et n’être plus un processus d’identification dangereux. Le modéle serait alors l’exemplarité qui pourrait être incarné dans une personne mais aussi dans une exigence éthique.

Ce théme peut donc nous amener à réfléchir sur le probléme de l’éducation, de la délinquance, de la politique et bien sûr de la morale et de la liberté et même des caricatures car l’imitation, c’est aussi un art… Imiter oui, mais qui et quoi imiter et dans quel but? Pour réfléchir à cette question on peut lire René Girard qui a fait du désir mimétique le fondement de la rivalité sociale. Avant lui Hobbes avait insisté sur ce désir qui est au fondement de cet état de nature où l’homme est un loup pour l’homme…..

Mais on peut tout simplement s’interroger sur la manière dont toute société fabrique ses héros. Quels sont les nôtres et en quoi sont ils des modèles? Des « bons « modèles?…

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