Le jardin médiéval fait rêver par son agencement en carrés bordés de treillis ou de buis et par sa variété de plantes qui lui confèrent un esthétisme propice à la contemplation. Mais en fait qu’est-ce un jardin médiéval et est-il possible d’en créer un chez soi ? Pour lire la suite, cliquer sur les trois points ci-après.Un jardin à vocation d’autosuffisance
Entre 792 et 800, fut rédigé le « Capitulaire De Villis », ordonnance royale émise sous Charlemagne, afin d’établir des règles pour l’exploitation et l’administration de ses domaines royaux. Dans ce document sont listées plus de 90 espèces végétales qui devaient être cultivées dans les jardins. Le Plan de Saint Gall, exécuté vers 816-820, était l’application du Capitulaire par le clergé dans les jardins des abbayes et des monastères. Le jardin médiéval se composait alors de quatre parties distinctes :
Le jardin dédié à Marie, lieu de promenade et de méditation dans lequel étaient cultivé des fleurs (roses, iris…) qui devaient fournir des bouquets pour orner les lieux de culte.
Le jardin de simples, situé près de l’infirmerie, mettait à portée de main toutes les plantes médicinales et condimentaires, principale pharmacopée de l’époque.
Le verger, situé souvent dans le cimetière, donnait 16 espèces de fruits (noix, noisettes, châtaignes, pommes, poires…).
Le potager, dans lequel étaient cultivés les légumes connus à l’époque (pas de pomme de terre, ni de tomate, donc !). Les planches de culture, surélevées, étaient de formes géométriques souvent carrées. Situées autour d’un point d’eau, elles étaient délimitées par des bordures de treillis, de pierres, de planches ou de verdure, comme le buis.

J’en veux un !
Avant de vous lancer dans cette entreprise voici quelques conseils :
Bien réfléchir à l’emplacement des planches de culture et des allées pour permettre une circulation aisée lors de l’entretien ( arrosage, sarclage, apport de compost…)
La forme des parcelles sera carrée ou rectangulaire d’une largeur de 2 m, facilitant l’entretien.
Le plus facile à mettre en place, et aussi le moins onéreux, est de les délimiter par des planches. Mais les audacieux pourront se lancer dans la fabrication de plessis, petites palissades en branches de saule ou noisetier, tressées de manière très serrée.
Penser à bien associer les plantes potagères avec les plantes aromatiques et des fleurs (voir STRADA n° 4). Choisir des variétés anciennes et oser des plantes oubliées (arroche, panais, tétragone, bardane, livèche…) qui mettront de la nouveauté et de la fantaisie dans votre assiette.

MLD
Avec le concours d’Igor MENEGAUX
Le Végétal dans l’Âme
http://menegaux.fr

Pour les plus curieux : « Jardin médiévaux en France » de M-T GOUSSET et de H BONNET aux éditions OUEST FRANCE.