Le 23 août 2026

Commence le : 29/06/2019 à

Et finit le : 29/05/2019

Catégorie :Expositions

Adresse :

FRACAuvergne (63)

Description:

DENIS LAGET

Portraits, vanités, natures mortes, paysages… Denis Laget maintient sa peinture dans les sujets classiques

de l’histoire de l’art. Si l’on tente de lister plus finement les séries qui ponctuent cet œuvre depuis environ

trente-cinq ans, on trouve : des portraits, des citrons, des crânes, des harengs, des quartiers de viande, des

têtes de mouton, des méduses, des paysages, des fleurs, des chiens, des oiseaux, des feuilles de figuier…

C’est une collection à la fois banale et étrange, une sorte de cabinet de curiosités, où rien d’extraordinaire

ou de spectaculaire ne s’impose. Est-ce à dire pour autant que tous ces sujets sont aléatoires, de purs

prétextes à peindre, des images-supports sans signification et sans enjeu en soi ? La question renvoie au

statut complexe du sujet en peinture et demande de dépasser les antinomies simplistes, soit l’alternative

entre une représentation bavarde ou «symbolarde», selon le mot de Claudel, qui ravalerait la peinture au rang

de médium et une indifférence ou transparence absolue du sujet qui, seule, permettrait l’assomption de la

Peinture, regardée elle-même comme une puissance métaphysique qui ne saurait s’annexer à aucune imagerie

sans se compromettre et se limiter. Même des artistes comme Gottlieb, Newman et Rothko, qui allaient

devenir les hérauts d’un sublime aniconique, n’ont pas évacué la question du sujet, eux qui déclarèrent :

«Il est largement admis chez les peintres que peu importe le sujet, du moment qu’il est bien peint. C’est

de l’académisme pur. Il n’existe pas de bonne peinture de rien». Il n’est donc pas inutile de rappeler cette

évidence : un (bon) tableau ne se limite certes pas à illustrer un thème ou une anecdote, mais, pour autant,

le sujet n’est jamais insignifiant.

Pourtant, s’ils ne sont pas insignifiants, chez Denis Laget, les sujets ne signifient rien. Même s’il est possible

d’en faire une interprétation allégorique, celle-ci demeure fondamentalement ouverte et, si elle enrichit

les tableaux, elle ne réduit pas la portée de la peinture. Les associations, les évocations et les références

sont suggérées, comme dormantes, en germe, mais elles ne s’imposent jamais comme des clefs permettant

d’accéder au fin mot de la peinture, précisément parce que la peinture n’est pas affaire de mots, ou à tout le

moins parce que ceux-ci ne permettent pas de se débarrasser de celle-là. S’il y a énigme, c’est une énigme

constitutive de la peinture, aucunement un simple rébus, et sans doute faut-il voir là un refus du didactisme

qui prendrait l’œil du regardeur par la main pour l’amener trop vite à la cervelle.

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INFOS PRATIQUES : Du mardi au samedi : 14 h – 18 h. Dimanche : 15 h – 18 h.

FRAC Auvergne – 6 rue du Terrail – Clermont-Ferrand – www.frac-auvergne.fr 

VERNISSAGE : Vendredi 28 juin 2019 à 19h au FRAC Auvergne en présence de Denis Laget.

Samedi 29 juin 2019 Visite de l’exposition à 14 h 30 au FRAC Auvergne avec Jean-Charles Vergne, commissaire de l’exposition et Denis Laget.

 

 

Coordonnées:

04 73 90 50 00 – contact@fracauvergne.com

A découvrir

Cochon charbon au fumoir

Recommandation

Du 02 août 2026 au 23 août 2026

Expositions

Cochon charbon au fumoir

Le Fumoir est une sorte de cabinet de curiosités. Son initiateur, Bernard Turle, s’amuse à donner à voir des associations fertiles, graves ou drôles, parfois fumeuses. Des oeuvres éclectiques font. liens avec les histoires un peu foutraques du lieu (on ne spoile pas). Quant à l’installation.Cochon Charbon, elle joue avec les.variations.de.couleurs.(de peau).entre.sarcasme et facétie.

Programmée en off du festival d’Auzon, cette expo-installation temporaire vous livre une raison de plus d’aller faire un tour dans la cité médiévale du Brivadois cet été.

 


INTERVIEW

STRADA   Bernard Turle, vous avez ouvert une galerie à Auzon…

Bernard TURLE  Le Fumoir n’est pas une galerie permanente. Chaque année, le 1er dimanche d’août, l’association AuzonToujours organise Arts dans le village. Des artistes et artisans investissent les rues, les caves, les granges d’Auzon. Le Fumoir est l’un de ces espaces temporaires d’accueil de la culture. Il s’associe également à d’autres activités culturelles de la Petite Cité de Caractère. Par exemple, l’installation Cochon Charbon s’inscrit comme en « off » du festival d’Auzon 2026 (2 /22 août).

SA D’où vient le nom : Fumoir ?

BT C’est le terme employé dans les actes de propriété du lieu. Jusqu’à la fin du  XXe siècle, c’était un saloir et précédemment ç’avait été un fumoir. On y salait et fumait saucissons et jambons.

SA Le « Cochon » du titre de l’exposition a-t-il un lien avec cela ?

BT C’est l’un des liens, oui. Il en existe d’autres. J’aime les histoires que racontent les maisons. Or, dans ces murs vivait jadis une dame qui avait une truie, qu’elle promenait en laisse [sans rapport avec le Pornocratès de Félicien Rops !]. C’est en hommage à elle que l’une des premières expositions du Fumoir, Cochonailles, présentait de la charcuterie en laine, exécutée par Aiguilles et Pinceaux, un groupe d’Auzonaises qui, à leur manière, perpétuent une tradition d’activité liée au textile dans les campagnes d’antan : à Auzon, c’était plus spécialement la passementerie.

Et il y a un troisième lien : la Légende du Cochon d’Auzon. Au Moyen-Age, les Anglais assiégèrent la forteresse. Les habitants étaient affamés. Il ne restait plus qu’un cochon. Une bergère proposa de ne pas le tuer mais de l’engraisser avec ce qui restait comme maigre pitance. Ceci fait, on le laissa échapper. Le voyant débouler, rose et dodu, les Anglais s’exclamèrent : « Si leurs cochons sont si gras, c’est qu’ils ont de quoi tenir un long siège ! » Et ils décampèrent.

SA Hormis la rime, pourquoi associer charbon et cochon ?

BT Cette année, nous ouvrons la cave du Fumoir, doublant la surface d’exposition. Or, cette cave a, par le passé, servi de soute à charbon, il en restait des morceaux : ils sont exposés… L’une des histoires que racontent les maisons des environs, c’est celle des mines, dont la Taupe, entre Auzon et Sainte-Florine. Le thème du festival d’Auzon 2026 est « Couleurs, Mouvements… ». J’ai tout de suite pensé au noir du charbon. Le noir, pour certains, n’est pas une couleur, pour d’autres il les englobe toutes ; en Occident, il est plutôt négatif, ailleurs il peut être signe de puissance, positif. Le noir, comme thème, est d’une richesse infinie. J’aime la formule de Bachelard : ‘Le noir est le refuge de la couleur’. D’un point de vue artistique, la notion de ‘noir’ est inépuisable : le noir est une ‘couleur’ profonde comme la roche du promontoire sur lequel est posé notre village médiéval. Le noir est contour : à la Renaissance, il sert de fond à des portraits, fait contraste avec la peau rose des modèles européens.

SA Donc, cochon, charbon… que voit-on dans l’installation… ?

BT C’est une sorte de cabinet de curiosités… Des œuvres – et de simples ‘choses’ – éclectiques qui tournent autour de ‘Cochon Charbon’. La plasticienne Carla van der Werf, qui travaille sur le passé, la mémoire, la géologie… montre des fusains et des modelages de mineurs… L’Italien devenu arlésien Federico Dix, qui expose à Paris, Venise et Florence, montre des photos où le N/n/oir domine. En hommage aux immigrés italiens qui sont venus travailler dans les mines du coin, Odile Bat apporte des touches vives avec son interprétation en laine de la nourriture italienne. Nathalie Titeux a exécuté, en métal de récupération, un puits et, en picassiette, un cochon (elle a des antécédents célèbres : le cochon est très présent en art depuis longtemps… Rops, Koons…).

SA Vous avez expliqué d’où vient le cochon, d’où vient le charbon. Mais où se situe l’articulation entre les deux ?

BT Le noir et le rose sont deux facettes différentes d’une même réalité. N’ oublions pas les cochons noirs… les sangliers… Pour un festival que j’organisais dans le Midi, j’ai écrit le livret d’un spectacle intitulé Rose-Nègre sur l’épopée de la musique noire américaine, avec des musiques de Roland Seilhès. L’installation poursuit donc en quelque sorte un travail entamé plus tôt sur les variations des couleurs de peau. Les Indiens ne parlent pas de nous comme des Blancs, ils disent : Roses. Pour Cochon Charbon, l’articulation a jailli d’une image. Le mineur a été victime, on en a aussi fait un héros. On trouve dans les greniers des pays miniers de vieilles cartes postales en couleurs, éditées autrefois à l’occasion de la Sainte Barbe, patronne des mineurs. Ce sont manifestement des mannequins qui prennent la pose, le visage bien rose. Ces images contrastent fortement avec les représentations de mineurs entassés dans l’ascenseur ou pliés en deux, pioche à la main, couverts de poussières noires (sans parler des trieuses, souvent oubliées par l’histoire officielle des mines). Leurs visages m’ont fait penser au blackface, la tradition théâtrale qui voulait qu’un comédien blanc se grime en Noir. A sa manière, le mineur est un blackface. Et aussi esclave que le Noir de la colonisation. Voilà d’où vient le souhait d’associer cochon et charbon : on aurait pu choisir comme titre ‘la chair et le charbon’ ou ‘le rose et le noir’.

SA Le Fumoir a beau être un espace modeste et temporaire, il résonne d’associations multiples et fertiles…

BT Comme un cerveau, un univers contradictoire et mystérieux mais savamment organisé ! Et avec l’ouverture de la cave, il approche peut-être d’une vérité profonde : celle de l’esprit du lieu ? L’esprit d’Auzon ? »

 

AUZON (43) Galerie Le Fumoir