Le 10 août 2026

Commence le : 14/11/2019 à 18h 15

Et finit le : 28/11/2019

Catégorie :Festivals

Adresse :

LE PUY EN VELAY Ciné Dyke – BRIVES CHARENSAC Maison pour tous.

Description:

Au Ciné Dyke

Jeudi 14 Novembre

18h15 : Burkinabé Bounty
Ce documentaire décrit la résistance agricole et la lutte pour la souveraineté alimentaire au Burkina Faso, pays enclavé d’Afrique de l’Ouest. À travers le témoignage d’activistes, d’étudiants et d’artistes, le film examine comment les Burkinabés revendiquent leurs terres et défendent leurs traditions contre l’invasion de l’agro-industrie. Des femmes qui gagnent leur indépendance économique en vendant de la bière artisanale « dolo » aux jeunes qui défilent dans les rues contre des compagnies comme Monsanto, et aux musiciens hip-hop qui créent leurs propres fermes et font revivre l’esprit révolutionnaire de Thomas Sankara, Burkinabè Bounty montre les tactiques créatives utilisées par les Burkinabés pour reprendre le contrôle de leur nourriture, de leurs semences et de leur avenir.

Apéritif dinatoire

20h : Elles sèment le monde de demain
Entre la République Démocratique du Congo et le Burundi, s’étendent les Grands Lacs. Dans cette région rurale, les familles dépendent de l’agriculture pour vivre. Mais ici, les paysans sont surtout des paysannes. Elles mettent en place des cours d’alphabétisation, des formations, et sont à l’initiative de coopératives de production et de vente. A travers leurs témoignages, nous découvrons l’importance du rôle des femmes dans la vie de la communauté et leur contribution pour la réduction de la pauvreté dans leur village.

Les cantines scolaires de la région de Dakar
A Dakar, seules 1,7 % des écoles primaires disposent d’une cantine scolaire. 1 enfant sur 2 arrive à l’école le matin sans avoir pris de petit déjeuner et 1 sur 3 souffre de carence en vitamines et minéraux. Pourtant la région de Dakar est une zone de production importante, puisqu’on y compte 3 000 exploitations agricoles et 30 % de la production maraîchère de l’ensemble du Sénégal provient de cette région. Depuis deux ans, une association participe à la mise en place et à l’organisation de cantines dans 5 écoles des quartiers pauvres de ville en les mettant en relation avec des producteurs locaux. Ceci permet aux enfants d’avoir une alimentation saine, favorise leur parcours scolaire, diminue l’absentéisme et garantit des débouchés réguliers pour les producteurs agricoles locaux.

Débat en présence de Seyni Kélé (Sénégal) et d’autres intervenants

Prix : 6 € la soirée

Vendredi 15 Novembre

20h15 : Les dépossédés

Les dépossédés est un voyage dans la réalité quotidienne des petits agriculteurs qui peinent à joindre les deux bouts. Dans un monde où l’agriculture industrielle règne en maître, la production d’aliments demeure l’une des professions les moins bien rémunérées de la planète. À mi-chemin entre le cinéma vérité et l’essai, ce film explore les mécanismes propulsant les agriculteurs dans une spirale de désespoir, d’endettement et de dépossession. Tourné en Inde, en République Démocratique du Congo, au Malawi, en Suisse, au Brésil et au Canada, et porté par des prises de vue magnifiques et des entrevues captivantes, Les dépossédés suit les migrations des paysans depuis leurs terres jusqu’aux chantiers de construction de mégalopoles.

Débat

Prix : 5 €

A la Maison Pour Tous de Brives Charensac

Jeudi 28 Novembre

20h30 : Faut-il arrêter de manger des animaux ?
C’est l’histoire d’une quête personnelle et universelle : est-il possible de manger des animaux en respectant leur bien-être, la planète et notre santé ? Alors qu’il devient père pour la première fois, le journaliste d’investigation Benoît Bringer s’interroge sur ce qu’il donne à manger à son fils. Pour nourrir une population toujours plus nombreuse, le monde s’est lancé dans une course à la productivité frénétique qui engendre une cruauté souvent ignorée à l’encontre des animaux, mais aussi des problèmes sanitaires et environnementaux majeurs. Nous commençons à en prendre conscience, mais y-a-t-il une alternative ? Benoît Bringer part enquêter d’un bout à l’autre de la planète pour révéler les terribles excès de l’élevage industriel et surtout savoir s’il est possible de faire autrement. En allant à la rencontre de femmes et d’hommes qui inventent un autre élevage respectueux de la nature et des animaux, ce film met bout à bout les initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà et qui pourraient être demain notre mode de consommation.

Débat

Participation libre

Présentation des films en sélection avec B.O.& détail des séances sur www.alimenterre.org

FNE Haute-Loire
34 avenue de Roderie
43000 Aiguilhe
accueil43@fne-aura.org

A découvrir

Cochon charbon au fumoir

Recommandation

Du 02 août 2026 au 23 août 2026

Expositions

Cochon charbon au fumoir

Le Fumoir est une sorte de cabinet de curiosités. Son initiateur, Bernard Turle, s’amuse à donner à voir des associations fertiles, graves ou drôles, parfois fumeuses. Des oeuvres éclectiques font. liens avec les histoires un peu foutraques du lieu (on ne spoile pas). Quant à l’installation.Cochon Charbon, elle joue avec les.variations.de.couleurs.(de peau).entre.sarcasme et facétie.

Programmée en off du festival d’Auzon, cette expo-installation temporaire vous livre une raison de plus d’aller faire un tour dans la cité médiévale du Brivadois cet été.

 


INTERVIEW

STRADA   Bernard Turle, vous avez ouvert une galerie à Auzon…

Bernard TURLE  Le Fumoir n’est pas une galerie permanente. Chaque année, le 1er dimanche d’août, l’association AuzonToujours organise Arts dans le village. Des artistes et artisans investissent les rues, les caves, les granges d’Auzon. Le Fumoir est l’un de ces espaces temporaires d’accueil de la culture. Il s’associe également à d’autres activités culturelles de la Petite Cité de Caractère. Par exemple, l’installation Cochon Charbon s’inscrit comme en « off » du festival d’Auzon 2026 (2 /22 août).

SA D’où vient le nom : Fumoir ?

BT C’est le terme employé dans les actes de propriété du lieu. Jusqu’à la fin du  XXe siècle, c’était un saloir et précédemment ç’avait été un fumoir. On y salait et fumait saucissons et jambons.

SA Le « Cochon » du titre de l’exposition a-t-il un lien avec cela ?

BT C’est l’un des liens, oui. Il en existe d’autres. J’aime les histoires que racontent les maisons. Or, dans ces murs vivait jadis une dame qui avait une truie, qu’elle promenait en laisse [sans rapport avec le Pornocratès de Félicien Rops !]. C’est en hommage à elle que l’une des premières expositions du Fumoir, Cochonailles, présentait de la charcuterie en laine, exécutée par Aiguilles et Pinceaux, un groupe d’Auzonaises qui, à leur manière, perpétuent une tradition d’activité liée au textile dans les campagnes d’antan : à Auzon, c’était plus spécialement la passementerie.

Et il y a un troisième lien : la Légende du Cochon d’Auzon. Au Moyen-Age, les Anglais assiégèrent la forteresse. Les habitants étaient affamés. Il ne restait plus qu’un cochon. Une bergère proposa de ne pas le tuer mais de l’engraisser avec ce qui restait comme maigre pitance. Ceci fait, on le laissa échapper. Le voyant débouler, rose et dodu, les Anglais s’exclamèrent : « Si leurs cochons sont si gras, c’est qu’ils ont de quoi tenir un long siège ! » Et ils décampèrent.

SA Hormis la rime, pourquoi associer charbon et cochon ?

BT Cette année, nous ouvrons la cave du Fumoir, doublant la surface d’exposition. Or, cette cave a, par le passé, servi de soute à charbon, il en restait des morceaux : ils sont exposés… L’une des histoires que racontent les maisons des environs, c’est celle des mines, dont la Taupe, entre Auzon et Sainte-Florine. Le thème du festival d’Auzon 2026 est « Couleurs, Mouvements… ». J’ai tout de suite pensé au noir du charbon. Le noir, pour certains, n’est pas une couleur, pour d’autres il les englobe toutes ; en Occident, il est plutôt négatif, ailleurs il peut être signe de puissance, positif. Le noir, comme thème, est d’une richesse infinie. J’aime la formule de Bachelard : ‘Le noir est le refuge de la couleur’. D’un point de vue artistique, la notion de ‘noir’ est inépuisable : le noir est une ‘couleur’ profonde comme la roche du promontoire sur lequel est posé notre village médiéval. Le noir est contour : à la Renaissance, il sert de fond à des portraits, fait contraste avec la peau rose des modèles européens.

SA Donc, cochon, charbon… que voit-on dans l’installation… ?

BT C’est une sorte de cabinet de curiosités… Des œuvres – et de simples ‘choses’ – éclectiques qui tournent autour de ‘Cochon Charbon’. La plasticienne Carla van der Werf, qui travaille sur le passé, la mémoire, la géologie… montre des fusains et des modelages de mineurs… L’Italien devenu arlésien Federico Dix, qui expose à Paris, Venise et Florence, montre des photos où le N/n/oir domine. En hommage aux immigrés italiens qui sont venus travailler dans les mines du coin, Odile Bat apporte des touches vives avec son interprétation en laine de la nourriture italienne. Nathalie Titeux a exécuté, en métal de récupération, un puits et, en picassiette, un cochon (elle a des antécédents célèbres : le cochon est très présent en art depuis longtemps… Rops, Koons…).

SA Vous avez expliqué d’où vient le cochon, d’où vient le charbon. Mais où se situe l’articulation entre les deux ?

BT Le noir et le rose sont deux facettes différentes d’une même réalité. N’ oublions pas les cochons noirs… les sangliers… Pour un festival que j’organisais dans le Midi, j’ai écrit le livret d’un spectacle intitulé Rose-Nègre sur l’épopée de la musique noire américaine, avec des musiques de Roland Seilhès. L’installation poursuit donc en quelque sorte un travail entamé plus tôt sur les variations des couleurs de peau. Les Indiens ne parlent pas de nous comme des Blancs, ils disent : Roses. Pour Cochon Charbon, l’articulation a jailli d’une image. Le mineur a été victime, on en a aussi fait un héros. On trouve dans les greniers des pays miniers de vieilles cartes postales en couleurs, éditées autrefois à l’occasion de la Sainte Barbe, patronne des mineurs. Ce sont manifestement des mannequins qui prennent la pose, le visage bien rose. Ces images contrastent fortement avec les représentations de mineurs entassés dans l’ascenseur ou pliés en deux, pioche à la main, couverts de poussières noires (sans parler des trieuses, souvent oubliées par l’histoire officielle des mines). Leurs visages m’ont fait penser au blackface, la tradition théâtrale qui voulait qu’un comédien blanc se grime en Noir. A sa manière, le mineur est un blackface. Et aussi esclave que le Noir de la colonisation. Voilà d’où vient le souhait d’associer cochon et charbon : on aurait pu choisir comme titre ‘la chair et le charbon’ ou ‘le rose et le noir’.

SA Le Fumoir a beau être un espace modeste et temporaire, il résonne d’associations multiples et fertiles…

BT Comme un cerveau, un univers contradictoire et mystérieux mais savamment organisé ! Et avec l’ouverture de la cave, il approche peut-être d’une vérité profonde : celle de l’esprit du lieu ? L’esprit d’Auzon ? »

 

AUZON (43) Galerie Le Fumoir