Du 28 août 2025 au 30 août 2025

L'Etincelle, 8 Place de L'Eglise, Saint Germain Laprade

De 19:00 à 00:00

Pour profiter de l’été jusqu’au bout, une programmation éclectique et originale à L’étincelle et au Crouz’Art :

Jeudi 28 Août

au Café étincelle, 8 place de l’Église à St Germain Laprade (43)

19h « De fuite et de colonies » 

Un texte et un documentaire sur la question coloniale

Le texte est un extrait du livre « L’esclave vieil homme et le molosse » de Patrick Chamoiseau interprété par Mérilù Solito

Après une vie d’esclavage dans une plantation de sucre, un homme, saisi de décharge, cette « fièvre fondamentale », se lance dans une folle fuite ; le maître lance un molosse à sa poursuite.

Un conte merveilleux habité par la férocité, l’émerveillement et l’esprit de liberté.

Suivi du documentaire « Afrique 50 », de René Vautier, tourné clandestinement en 1949, à travers l’Afrique coloniale.

Ce monument du cinéma documentaire est un témoignage et une dénonciation des crimes du colonialisme français en Afrique. Le film, sauvé par ruse de la destruction totale, et dont il reste 17mn, a été censuré pendant 50 ans.

21h « Vagabonde » 

Myriam Pellicane 

Contes pour Adultes et adolescents

« Et comme ça : tout le monde est mort, merci ! »
Voici les derniers mots du spectacle que Myriam Pellicane, prononce avec un malin plaisir !

Vagabonde, ce sont des histoires glanées ici et là, sur la route, au gré des rencontres et des découvertes, un répertoire de contes merveilleux, inédits, censurés ou classiques. Des contes « traditionnels » à la sauce Pellicane. Des personnages arrogants, naïfs, surréels, drôles, absurdes ou tragiques portés par une conteuse hors norme qui sait réveiller notre cœur d’enfant en nous contant les drames de la vie comme s’il s’agissait d’histoires sans conséquence.
Des histoires tragiques inscrites dans nos gènes. Des histoires drôles à conter, même si à la fin…

 

Goulue d’anthropologie sorcière et de mythes, Myriam Pellicane est une performeuse de la parole. Elle assemble dans son jeu, danse et geste vocal, pour revisiter le conte merveilleux en mêlant l’humour décalé et le frisson du fantastique. Cette conteuse qui brave les interdits, nous surprend avec sa délicieuse folie dans ce spectacle à la croisée du macabre et du fantasmagorique. A travers ses contes merveilleux, elle réveille notre coeur d’enfant en nous contant des tragédies en toute innocence. Une immersion au coeur d’un univers singulier ponctué de sang, de chair, de romance, de quête et de facéties !

Vendredi 29 Août 

au Café étincelle, 8 place de l’Église à St Germain Laprade, 

19h « Kalebi » 

Concert de Chant Polyphoniques Géorgiens

        Tout Public

« KALEBI » veut dire “femmes” en géorgien, un nom tout trouvé pour ce groupe de chant polyphonique féminin qui explore depuis plus de 10 ans le répertoire traditionnel de la Géorgie.
De tradition orale, ces chants rythmaient jusqu’à un passé récent, la vie quotidienne des habitants : travail, mariage, naissance, chant de guérison… etc.
A l’image des géorgiens qui aujourd’hui encore aiment célébrer l’amour et l’amitié lors des “supras”, KALEBI vous invite à découvrir tout un univers musical et culturel, au travers de chants polyphoniques vibratoires. Un voyage musical tout en humour et en légèreté,
émaillé d’anecdotes et de complicité féminine… un moment suspendu de partage où l’on ne se prend jamais au sérieux ! »

Samedi 30 Août 

Au Crouz’Art, 5 le Crouzet, St Pierre Eynac

A partir de 18h « Concerts improvisés» 

Une comédienne et des musiciens qui improvisent avec le lieu et ses habitants
Batteries, Saxophones, Percussions, Textes rencontrent le Crouz’art, ses recoins, ses artisans, et tissent un parcours de musiques et textes improvisés in situ
Avec Thomas Fiancette, Marc Démereau, Mathias Bayle, Jean Lacarrière, Mérilù Solito…
Venez découvrir si ce n’est pas déjà fait, ce lieu extra-ordinaire, et si c’est déjà fait, sous un jour extra-ordinaire !
un partenariat de l’Étincelle avec l’association la Zizanie
Pour tous les spectacles Entrée en participation Libre, et possibilité de repas et boissons sur place !

Un événement proposé par L'Etincelle (avec la Zizanie le 30 août)

A découvrir

Cochon charbon au fumoir

Recommandation

Du 02 août 2026 au 23 août 2026

Expositions

Cochon charbon au fumoir

Le Fumoir est une sorte de cabinet de curiosités. Son initiateur, Bernard Turle, s’amuse à donner à voir des associations fertiles, graves ou drôles, parfois fumeuses. Des oeuvres éclectiques font. liens avec les histoires un peu foutraques du lieu (on ne spoile pas). Quant à l’installation.Cochon Charbon, elle joue avec les.variations.de.couleurs.(de peau).entre.sarcasme et facétie.

Programmée en off du festival d’Auzon, cette expo-installation temporaire vous livre une raison de plus d’aller faire un tour dans la cité médiévale du Brivadois cet été.

 


INTERVIEW

STRADA   Bernard Turle, vous avez ouvert une galerie à Auzon…

Bernard TURLE  Le Fumoir n’est pas une galerie permanente. Chaque année, le 1er dimanche d’août, l’association AuzonToujours organise Arts dans le village. Des artistes et artisans investissent les rues, les caves, les granges d’Auzon. Le Fumoir est l’un de ces espaces temporaires d’accueil de la culture. Il s’associe également à d’autres activités culturelles de la Petite Cité de Caractère. Par exemple, l’installation Cochon Charbon s’inscrit comme en « off » du festival d’Auzon 2026 (2 /22 août).

SA D’où vient le nom : Fumoir ?

BT C’est le terme employé dans les actes de propriété du lieu. Jusqu’à la fin du  XXe siècle, c’était un saloir et précédemment ç’avait été un fumoir. On y salait et fumait saucissons et jambons.

SA Le « Cochon » du titre de l’exposition a-t-il un lien avec cela ?

BT C’est l’un des liens, oui. Il en existe d’autres. J’aime les histoires que racontent les maisons. Or, dans ces murs vivait jadis une dame qui avait une truie, qu’elle promenait en laisse [sans rapport avec le Pornocratès de Félicien Rops !]. C’est en hommage à elle que l’une des premières expositions du Fumoir, Cochonailles, présentait de la charcuterie en laine, exécutée par Aiguilles et Pinceaux, un groupe d’Auzonaises qui, à leur manière, perpétuent une tradition d’activité liée au textile dans les campagnes d’antan : à Auzon, c’était plus spécialement la passementerie.

Et il y a un troisième lien : la Légende du Cochon d’Auzon. Au Moyen-Age, les Anglais assiégèrent la forteresse. Les habitants étaient affamés. Il ne restait plus qu’un cochon. Une bergère proposa de ne pas le tuer mais de l’engraisser avec ce qui restait comme maigre pitance. Ceci fait, on le laissa échapper. Le voyant débouler, rose et dodu, les Anglais s’exclamèrent : « Si leurs cochons sont si gras, c’est qu’ils ont de quoi tenir un long siège ! » Et ils décampèrent.

SA Hormis la rime, pourquoi associer charbon et cochon ?

BT Cette année, nous ouvrons la cave du Fumoir, doublant la surface d’exposition. Or, cette cave a, par le passé, servi de soute à charbon, il en restait des morceaux : ils sont exposés… L’une des histoires que racontent les maisons des environs, c’est celle des mines, dont la Taupe, entre Auzon et Sainte-Florine. Le thème du festival d’Auzon 2026 est « Couleurs, Mouvements… ». J’ai tout de suite pensé au noir du charbon. Le noir, pour certains, n’est pas une couleur, pour d’autres il les englobe toutes ; en Occident, il est plutôt négatif, ailleurs il peut être signe de puissance, positif. Le noir, comme thème, est d’une richesse infinie. J’aime la formule de Bachelard : ‘Le noir est le refuge de la couleur’. D’un point de vue artistique, la notion de ‘noir’ est inépuisable : le noir est une ‘couleur’ profonde comme la roche du promontoire sur lequel est posé notre village médiéval. Le noir est contour : à la Renaissance, il sert de fond à des portraits, fait contraste avec la peau rose des modèles européens.

SA Donc, cochon, charbon… que voit-on dans l’installation… ?

BT C’est une sorte de cabinet de curiosités… Des œuvres – et de simples ‘choses’ – éclectiques qui tournent autour de ‘Cochon Charbon’. La plasticienne Carla van der Werf, qui travaille sur le passé, la mémoire, la géologie… montre des fusains et des modelages de mineurs… L’Italien devenu arlésien Federico Dix, qui expose à Paris, Venise et Florence, montre des photos où le N/n/oir domine. En hommage aux immigrés italiens qui sont venus travailler dans les mines du coin, Odile Bat apporte des touches vives avec son interprétation en laine de la nourriture italienne. Nathalie Titeux a exécuté, en métal de récupération, un puits et, en picassiette, un cochon (elle a des antécédents célèbres : le cochon est très présent en art depuis longtemps… Rops, Koons…).

SA Vous avez expliqué d’où vient le cochon, d’où vient le charbon. Mais où se situe l’articulation entre les deux ?

BT Le noir et le rose sont deux facettes différentes d’une même réalité. N’ oublions pas les cochons noirs… les sangliers… Pour un festival que j’organisais dans le Midi, j’ai écrit le livret d’un spectacle intitulé Rose-Nègre sur l’épopée de la musique noire américaine, avec des musiques de Roland Seilhès. L’installation poursuit donc en quelque sorte un travail entamé plus tôt sur les variations des couleurs de peau. Les Indiens ne parlent pas de nous comme des Blancs, ils disent : Roses. Pour Cochon Charbon, l’articulation a jailli d’une image. Le mineur a été victime, on en a aussi fait un héros. On trouve dans les greniers des pays miniers de vieilles cartes postales en couleurs, éditées autrefois à l’occasion de la Sainte Barbe, patronne des mineurs. Ce sont manifestement des mannequins qui prennent la pose, le visage bien rose. Ces images contrastent fortement avec les représentations de mineurs entassés dans l’ascenseur ou pliés en deux, pioche à la main, couverts de poussières noires (sans parler des trieuses, souvent oubliées par l’histoire officielle des mines). Leurs visages m’ont fait penser au blackface, la tradition théâtrale qui voulait qu’un comédien blanc se grime en Noir. A sa manière, le mineur est un blackface. Et aussi esclave que le Noir de la colonisation. Voilà d’où vient le souhait d’associer cochon et charbon : on aurait pu choisir comme titre ‘la chair et le charbon’ ou ‘le rose et le noir’.

SA Le Fumoir a beau être un espace modeste et temporaire, il résonne d’associations multiples et fertiles…

BT Comme un cerveau, un univers contradictoire et mystérieux mais savamment organisé ! Et avec l’ouverture de la cave, il approche peut-être d’une vérité profonde : celle de l’esprit du lieu ? L’esprit d’Auzon ? »

 

AUZON (43) Galerie Le Fumoir