Le 19 juin 2026
Chacun pour tous
On nous inculque une vision du monde où la compétition règne. Elle est flagrante dans les sphères de pouvoir, où se faire la guerre pour accaparer des ressources semble devenir une norme décomplexée. Je ne vois pourtant pas ce comportement dans la vie de tous les jours, et bien heureusement.
Dans les relations professionnelles, amicales, familiales ou intimes, on est naturellement porté vers l’entraide et la convergence. Pourquoi ? Parce que c’est tellement plus agréable à vivre ! Alors que la loi du plus fort engendre stress et épuisement, la coopération est le moyen le plus évident pour traverser l’adversité et faire naître la joie.
Ce n’est pas une élucubration d’éditorialiste, mais le constat de notre rédaction. Nous vous présentons souvent des histoires vécues qui vont dans ce sens, en voici encore dans ce numéro, avec l’expérience de Ouroboros, la micro brasserie de Freycenet-La-Tour (p. 10). Quand leur outil de travail a brûlé, la solidarité des autres brasseurs a sauvé leur affaire. Brice et Manon sont allés brasser leurs bières chez les uns et les autres le temps des travaux. Dans une logique de compétition, certains auraient pu se réjouir de la disparition d’un concurrent. C’est le contraire qui s’est passé…
Même discours de Cléa Millard, astrophysicienne (entretien p. 51), elle travaille à Séoul dans une équipe internationale, avec des personnes aux cultures, religions et milieux sociaux différents mais à la soif de savoir commune. L’expérience de cette communauté de scientifiques lui a appris, dit-elle, l’importance de la collaboration. Ensemble, ils font des découvertes fantastiques.
Mais il arrive que le modèle de domination sape nos fondations pacifiques. Ayons l’œil pour détecter les tensions qui s’installent. Nos coachs Vanessa Coste-Oukoloff et Peggy Roux (p. 36) soulignent que, souvent, c’est avec une version de nous-mêmes que nous sommes les concurrents plus impitoyables. Elles conseillent de se connaitre soi, pour mieux comprendre l’autre.
Si nous regardons bien, l’affrontement des désirs et l’injustice sociale ne servent que les plus puissants. À notre échelle, nous avons intérêt, au contraire, à entretenir des rapports pacifiés dans un écosystème en harmonie.
Au fantasme mortifère du chacun pour soi, préférons l’énergie créative et vivifiante du chacun pour tous.

Posté par Joëlle Andreys