Du 13 juillet 2024 au 20 juillet 2024

Haute-Loire

Alors que le festival s’apprête à entrer dans sa 19° édition, nous ne pouvons que nous réjouir d’une telle longévité qui témoigne de l’engagement d’une équipe de bénévoles qui au fil des années sest étoffée et professionnalisée. L’année 2024 sannonce forte en émotions pour un Voyage Musical autour du Monde sous forme de Cartes Postales.

Aujourd’hui ce festival peut s’enorgueillir d’une histoire riche faite d’une succession de moments artistiques forts. La montée en puissance du festival a eu pour conséquence une reconnaissance de ses partenaires locaux, départementaux et régionaux, chaque année confirmée voire amplifiée si l’on en juge par le label attribué par le conseil départemental de Haute-Loire en 2019. En 2020, l’association a franchi un cap en bénéficiant du soutien de l’Etat via la préfecture et le dispositif du fonds de développement pour la vie associative, Tout d’abord pour sa volonté de valoriser le travail des bénévoles puis en 2021, pour son action en faveur des publics empêchés, grâce à la captation de spectacles destinés à être diffusés dans des établissements pour personnes âgées. Ces actions seront encore mises à l’honneur cette année avec l’Académie de Musique, il est aussi prévu des aubades sur le marché de Brioude le samedi matin, à l’hôpital et dans les maisons de retraite de la ville. Pour les organisateurs du festival cest, depuis tou-jours, leur préoccupation première: s’adresser à des publics de tous âges, de tous horizons et de toutes conditions. Dans cette perspective, la programmation artistique est à chaque édition le résultat d’un subtil équilibre entre la découverte de jeunes talents et la présentation d’artistes renommés: L’ambition permanente d’irriguer le territoire du Brivadois, quelles que soient les œuvres et les contraintes techniques, est aussi un fil conducteur dont l’objectif est de mettre en valeur le formidable patrimoine architectural qui se cache au détour de nos villages: châteaux, églises, abba-tiales, cloîtres, places, et aussi cette année le patrimoine industriel avec un concert dans l’enceinte d’une entreprise à Cohade. L’ouverture du Festival aura lieu cette année dans le village de Blesle avec le groupe de danse « COUNTRY ATTITUDE », composé d’une vingtaine de danseurs et qui fera une démonstration et une initiation à cette danse. La soirée se poursuivra par un concert du groupe O’Reely Band. Puis, en ciSoture de soirée, un bal qui permettra à chacun de s’exprimer sur les pavés de Blesle ! La passion qui anime les bénévoles, la fidélité qui caractérise ses partenaires, les coups de cœur de la ligne artistique et le partage avec des publics divers, sont autant de valeurs qui font que ‘Association « Musique sur un Plateau, à l’origine du Festival des Escales Brivadoises, aborde sa 19cme édition avec beaucoup de fierté et la volonté de poursuivre encore de nombreuses années afin de continuer à faire rayonner le Brivadois et la Haute-Loire au-delà de son territoire. Durant une semaine, du 13 au 20 juillet 2024, le Festival des Escales Brivadoises proposera une programmation musicale et artistique autour du monde.

A découvrir

Cochon charbon au fumoir

Recommandation

Du 02 août 2026 au 23 août 2026

Expositions

Cochon charbon au fumoir

Le Fumoir est une sorte de cabinet de curiosités. Son initiateur, Bernard Turle, s’amuse à donner à voir des associations fertiles, graves ou drôles, parfois fumeuses. Des oeuvres éclectiques font. liens avec les histoires un peu foutraques du lieu (on ne spoile pas). Quant à l’installation.Cochon Charbon, elle joue avec les.variations.de.couleurs.(de peau).entre.sarcasme et facétie.

Programmée en off du festival d’Auzon, cette expo-installation temporaire vous livre une raison de plus d’aller faire un tour dans la cité médiévale du Brivadois cet été.

 


INTERVIEW

STRADA   Bernard Turle, vous avez ouvert une galerie à Auzon…

Bernard TURLE  Le Fumoir n’est pas une galerie permanente. Chaque année, le 1er dimanche d’août, l’association AuzonToujours organise Arts dans le village. Des artistes et artisans investissent les rues, les caves, les granges d’Auzon. Le Fumoir est l’un de ces espaces temporaires d’accueil de la culture. Il s’associe également à d’autres activités culturelles de la Petite Cité de Caractère. Par exemple, l’installation Cochon Charbon s’inscrit comme en « off » du festival d’Auzon 2026 (2 /22 août).

SA D’où vient le nom : Fumoir ?

BT C’est le terme employé dans les actes de propriété du lieu. Jusqu’à la fin du  XXe siècle, c’était un saloir et précédemment ç’avait été un fumoir. On y salait et fumait saucissons et jambons.

SA Le « Cochon » du titre de l’exposition a-t-il un lien avec cela ?

BT C’est l’un des liens, oui. Il en existe d’autres. J’aime les histoires que racontent les maisons. Or, dans ces murs vivait jadis une dame qui avait une truie, qu’elle promenait en laisse [sans rapport avec le Pornocratès de Félicien Rops !]. C’est en hommage à elle que l’une des premières expositions du Fumoir, Cochonailles, présentait de la charcuterie en laine, exécutée par Aiguilles et Pinceaux, un groupe d’Auzonaises qui, à leur manière, perpétuent une tradition d’activité liée au textile dans les campagnes d’antan : à Auzon, c’était plus spécialement la passementerie.

Et il y a un troisième lien : la Légende du Cochon d’Auzon. Au Moyen-Age, les Anglais assiégèrent la forteresse. Les habitants étaient affamés. Il ne restait plus qu’un cochon. Une bergère proposa de ne pas le tuer mais de l’engraisser avec ce qui restait comme maigre pitance. Ceci fait, on le laissa échapper. Le voyant débouler, rose et dodu, les Anglais s’exclamèrent : « Si leurs cochons sont si gras, c’est qu’ils ont de quoi tenir un long siège ! » Et ils décampèrent.

SA Hormis la rime, pourquoi associer charbon et cochon ?

BT Cette année, nous ouvrons la cave du Fumoir, doublant la surface d’exposition. Or, cette cave a, par le passé, servi de soute à charbon, il en restait des morceaux : ils sont exposés… L’une des histoires que racontent les maisons des environs, c’est celle des mines, dont la Taupe, entre Auzon et Sainte-Florine. Le thème du festival d’Auzon 2026 est « Couleurs, Mouvements… ». J’ai tout de suite pensé au noir du charbon. Le noir, pour certains, n’est pas une couleur, pour d’autres il les englobe toutes ; en Occident, il est plutôt négatif, ailleurs il peut être signe de puissance, positif. Le noir, comme thème, est d’une richesse infinie. J’aime la formule de Bachelard : ‘Le noir est le refuge de la couleur’. D’un point de vue artistique, la notion de ‘noir’ est inépuisable : le noir est une ‘couleur’ profonde comme la roche du promontoire sur lequel est posé notre village médiéval. Le noir est contour : à la Renaissance, il sert de fond à des portraits, fait contraste avec la peau rose des modèles européens.

SA Donc, cochon, charbon… que voit-on dans l’installation… ?

BT C’est une sorte de cabinet de curiosités… Des œuvres – et de simples ‘choses’ – éclectiques qui tournent autour de ‘Cochon Charbon’. La plasticienne Carla van der Werf, qui travaille sur le passé, la mémoire, la géologie… montre des fusains et des modelages de mineurs… L’Italien devenu arlésien Federico Dix, qui expose à Paris, Venise et Florence, montre des photos où le N/n/oir domine. En hommage aux immigrés italiens qui sont venus travailler dans les mines du coin, Odile Bat apporte des touches vives avec son interprétation en laine de la nourriture italienne. Nathalie Titeux a exécuté, en métal de récupération, un puits et, en picassiette, un cochon (elle a des antécédents célèbres : le cochon est très présent en art depuis longtemps… Rops, Koons…).

SA Vous avez expliqué d’où vient le cochon, d’où vient le charbon. Mais où se situe l’articulation entre les deux ?

BT Le noir et le rose sont deux facettes différentes d’une même réalité. N’ oublions pas les cochons noirs… les sangliers… Pour un festival que j’organisais dans le Midi, j’ai écrit le livret d’un spectacle intitulé Rose-Nègre sur l’épopée de la musique noire américaine, avec des musiques de Roland Seilhès. L’installation poursuit donc en quelque sorte un travail entamé plus tôt sur les variations des couleurs de peau. Les Indiens ne parlent pas de nous comme des Blancs, ils disent : Roses. Pour Cochon Charbon, l’articulation a jailli d’une image. Le mineur a été victime, on en a aussi fait un héros. On trouve dans les greniers des pays miniers de vieilles cartes postales en couleurs, éditées autrefois à l’occasion de la Sainte Barbe, patronne des mineurs. Ce sont manifestement des mannequins qui prennent la pose, le visage bien rose. Ces images contrastent fortement avec les représentations de mineurs entassés dans l’ascenseur ou pliés en deux, pioche à la main, couverts de poussières noires (sans parler des trieuses, souvent oubliées par l’histoire officielle des mines). Leurs visages m’ont fait penser au blackface, la tradition théâtrale qui voulait qu’un comédien blanc se grime en Noir. A sa manière, le mineur est un blackface. Et aussi esclave que le Noir de la colonisation. Voilà d’où vient le souhait d’associer cochon et charbon : on aurait pu choisir comme titre ‘la chair et le charbon’ ou ‘le rose et le noir’.

SA Le Fumoir a beau être un espace modeste et temporaire, il résonne d’associations multiples et fertiles…

BT Comme un cerveau, un univers contradictoire et mystérieux mais savamment organisé ! Et avec l’ouverture de la cave, il approche peut-être d’une vérité profonde : celle de l’esprit du lieu ? L’esprit d’Auzon ? »

 

AUZON (43) Galerie Le Fumoir