ART DE VIVRE, LES UNS LES AUTRES
Le 03 décembre 2025
L’héritage familial
Dans ma famille, du côté maternel et paternel, des centaines de paniers paysans ont été fabriqués ! Des modèles simples, résistants, au style rustique, à la solidité certaine et durable. Pour l’usage quotidien avec le ramassage des légumes, fruits… Contenant, stockage, couvercle de grande jarre, et même pour le transport du chat dans la voiture !



Mais aussi des paniers achetés par les touristes dans un but souvent décoratif : certains ont été exportés à travers le monde entier ! Mon oncle Dédé est venu régulièrement à Fay-sur Lignon vendre ses beaux et solides paniers, et ses légumes sur le marché. Vous l’avez peut-être rencontré !
Baignée ponctuellement chaque hiver dans cet artisanat du « dessus-dessous », j’ai fait mes tous premiers paniers dans mon enfance. Depuis, adulte, l’envie de tresser du végétal est tout naturellement revenue. Pour moi, pas d’école officielle de vannerie ni diplôme, mais un lien familial, naturel et paysan qui ne s’éteint pas. Un temps de tressage où les heures passent parfois sans m’en rendre compte, où l’esprit se repose, les pensées s’évadent, et où les mains s’affairent.
La valeur du temps
Faire un panier prend du temps. Beaucoup de temps. Lorsque nous discutons heures de travail, technique, bois et végétaux, je trouve qu’il y a plus d’estime et de respect du travail. On parle temps, plutôt que argent. Et ça fait tellement du bien dans notre monde où tout se monnaye ! On perçoit mieux l’essence même du travail, on l’apprécie à sa juste valeur il me semble. On a mieux conscience du labeur. Bien rares sont les artisans qui vendent leurs créations au prix du total de leurs heures de travail. Ce serait parlant de voir des étiquettes sur les étals “30 heures de création” afin d’éveiller les consciences ! Mais calculez : qui achèterait un panier plus de 300 euros? La conversion des heures de travail en euros n’est, mathématiquement parlant, ni équitable, ni égale. Il y a vraiment un fossé entre le temps et l’argent dans notre société. Alors quand cela est possible, on peut marquer : “ à échanger avec quelque chose de même valeur temps ou de même labeur ! “



Libre et créative
La vannerie est, à mon sens, libre. Chacun de nous peut s’initier à une technique traditionnelle, et ajouter ensuite sa touche personnelle. Elle peut aussi être aléatoire comme le font les oiseaux : c’est un tressage non régulier. L’essentiel est de préserver le principe du dessus-dessous afin que l’ensemble tienne.
Pour ma part, j’aime la vannerie sauvage avec de multiples espèces végétales fraîchement récoltées en balade. J’aime découvrir et tresser une nouvelle plante avec les couleurs et les odeurs du végétal frais, percevoir sous mes mains la texture, la souplesse, fragilité, flexibilité du lien, la résistance et la force manuelle à apporter pour l’arrondir ou la tresser. J’aime m’adapter à la nature. Parfois le bois est comme élastique, et, si j’ai le malheur de lâcher un brin ou un arceau de bois au mauvais moment, je me prends une bonne claque ! Il m’arrive aussi parfois de débiter une suite de gros mots quand je re-tresse une partie d’un ouvrage pour la énième fois. Mais quelle satisfaction personnelle lorsque j’y parviens !
Et de nos jours
L’humain a besoin de déconnecter régulièrement de l’emprise de l’irréel, du virtuel, et du numérique. La vannerie fait partie de ces activités qui nous aèrent l’esprit, qui nous maintiennent dans un lien concret, direct et vrai avec la nature qui nous entoure. Ici, c’est la pratique du végétal, c’est de l’ethnobotanique concrète.
Sur la photo : Panier à suspendre, tressage en ronce écorcées (long…très long…) en Saule Marsault. Ossature en Châtaignier, Noisetier et Frêne.

À l’heure du « tout plastique », le naturel garde quand même une place ! On peut créer pour nos décorations de Noël ou de chambre d’enfant, nos pots à crayons, corbeille de fruits, pour la récolte des oeufs de Pâques, pour délimiter nos carrés potager, pour créer des claustras ajourés stylés… Et pourquoi pas, par goût artistique, mettre un peu de land’art dans nos espaces extérieurs !
La vannerie a su s’adapter aux goûts de notre époque, elle a de l’avenir j’en suis convaincue.
DIY : boule de noël en vannerie
Temps de création: environ 1h30.
La boule de noël peut se faire en ronce écorcées, clématite, pervenche… etc ! L’important est que le brin végétal soit solide et ultra flexible.
Etape 1 :
Il faut un bon paquet de brins de Saule, cueillis en hiver (sans feuilles).


Etape 2 :
Sur un brin d’environ 50 à 60cm, faire un nœud classique, et enrouler encore chaque extrémité en suivant le sens de chaque brin, jusqu’à obtenir un cercle bien fermé.
Faire ainsi 3 cercles, et les assembler en passant l’un dans l’autre. On peut s’aider de ficelles pour tenir l’ensemble provisoirement.
Etape 3 :
Choisir des brins fins et bien flexibles. La cime du brin est glissé à l’intérieur de la boule, puis on tresse dessus-dessous, dans tous les sens, de façon aléatoire, et de façon à remplir peu à peu la boule.
Pour l’esthétique, ne pas faire d’angle.
La base du brin doit finir sur l’intérieur de la boule.
Dès que l’ensemble se tient, on coupe les ficelles, et on poursuit le tressage aléatoire.


Etape 4 :
Il ne reste plus qu’à la suspendre , par exemple sur un arbre pour une déco de noël au jardin !
Les brins vont sécher, et les couleurs se nuancer.



Un tutoriel de Sabine Teysseyre, vannerie Sauvage.
Posté par Sabine Teysseyre