Citoyenneté, LES UNS LES AUTRES

Le 27 mars 2026

Quand les femmes s’en mêlent

La parité entre les femmes et les hommes en politique est un enjeu important, notamment lors des élections municipales. Pendant longtemps, les femmes ont été sous représentées dans les conseils municipaux et aux postes de responsabilité.

Un premier pas a été franchi avec la loi du 8 juillet 1999, dite loi Jospin, qui a inscrit dans la Constitution le principe de l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux dans les communes de plus de 1 000 habitants. Mais 70 % des communes françaises comptent moins de 1 000 habitants.

Ce déséquilibre se retrouve clairement en Haute-Loire, où, aux dernières données disponibles, seulement 47 femmes étaient maires sur 257 communes. L’accès des femmes aux fonctions de maire reste encore très limité, en particulier dans les zones rurales.

La loi de mai 2025 vient renforcer ce principe de parité en imposant désormais des listes paritaires dans toutes les communes, quelle que soit leur taille. Cette évolution soulève toutefois plusieurs questions : comment cette avancée du droit est-elle perçue en Haute-Loire ? Et surtout, pourrait-elle réellement changer le partage du pouvoir entre les femmes et les hommes au niveau local ?

Réprésentation politique, les chiffres d’oxfam france

  • Seulement 28% des personnes au pouvoir sont des femmes. Le pays n’a encore jamais connu de Présidente de la République. 
  • Aucun des ministères régaliens n’est dirigé par une femme et 80 % des cabinets ministériels le sont par des hommes. 
  • 19,6 % de femmes maires dans le département (Progres 8/03/2024)

« Seulement 1 maire sur 5 est une femme »

avant les élections de mars 2026

Pourquoi nous intéressons-nous à la vie de la cité ? 

Nous sommes un groupe de femmes, ordinaires, venues d’horizons multiples. Différentes, uniques, mais nous retrouvant liées par notre condition : celle de femmes vivant dans un monde encore trop souvent pensé par et pour les hommes.

Chacune d’entre nous s’est heurtée, à un moment de sa vie, à ce fameux plafond de verre qui nous empêche d’évoluer, d’avancer comme nous le voudrions, que ce soit dans nos vies familiales, professionnelles, ou dans nos aspirations à être vues et reconnues dans nos droits.

Mais nous ne vivons pas cela comme une fatalité ! En nous rapprochant d’autres femmes, en vivant une expérience collective au sein d’ateliers organisés au CIDFF, (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles) en apprenant les unes des autres, nous voulons faire bouger les lignes. Nous voulons participer à un avenir meilleur pour chacune d’entre nous !

Nous avons donc décidé d’aller à la rencontre d’habitant.es du département pour connaitre leur ressenti. Voici les principaux freins à l’égalité hommes femmes que nous avons identifiés. 

Les principaux freins à l’égalité

Il existe des a-priori, des jugements ancrés dans la culture française, des idées fausses qui persistent… et des situations bien réelles.

Suspicion d’incompétence

Trop souvent perçues comme des candidates de quota, les femmes voient leurs compétences mises en doute, tandis que celles des hommes demeurent largement présumées.

Gérard, 75 ans, nous a dit que sa femme lui demande toujours conseil car « elle n’y connaît rien en politique. »Heureusement Valentin, 33 ans, n’est pas du tout de l’avis de Gérard. Il est très content que l’on prenne en compte l’avis des femmes :  « Nous en avons assez que ce soit tout le temps les hommes qui dirigent et décident pour elles ».  Tout comme Thibaut, 19 ans : la parité est une évidence ; les femmes doivent s’exprimer et faire part de leurs idées pour le développement de la ville. »

Il n’empêche qu’on nous a quand même plusieurs fois parlé de pression conjugale forte, de mari qui dénigre la capacité de son épouse à juger et décider. Lubna, à qui on a toujours dit que ce n’était pas son rôle, a intériorisé l’interdit et s’auto-censure, elle n’ira pas voter. « Je sais que j’ai le droit, mais je n’ose pas. Je me sens coincée. »

Sensation d’empêchement

Aller voter aux élections municipales n’est pas toujours un geste simple. Quand on porte une charge mentale lourde – gérer le foyer, les enfants, les courses, les repas – le quotidien prend toute la place. Nahid, 47 ans, commerçante, le regrette  : « J’aimerais voter, mais entre le travail, les enfants et la maison, je n’ai pas le temps.» Le week-end, la fatigue accumulée lui laisse peu d’énergie pour se déplacer jusqu’aux urnes. Alors que pour Josiane, 62 ans, aller voter est essentiel : « C’est un droit pour lequel des femmes se sont battues »

Sentiment d’impuissance

Certaines ont l’impression que le vote ne changera rien, que les décisions sont déjà prises. Dima juge la parité nécessaire mais doute du résultat  : « ça ne garantit pas que les femmes aient du pouvoir ensuite. »

L’invisibilisation des femmes de + de 50 ans  

Nous avons aussi remarqué qu’à partir de 50 ans le nombre de femme élues diminue encore.

Même trouver un travail pour des femmes de 50 ans est plus difficile que pour un homme du même âge. On le voit aussi au cinéma, rares sont les premiers rôles données à celles-ci, alors que les acteurs continuent leur carrière plus longtemps.

Ces freins ne traduisent pas un désintérêt mais une réalité vécue, entre infériorisation, épuisement et distance avec le monde politique.

En avant les femmes !

Nous aurions bien aimé recueillir des témoignages de mairesses mais, à cause de la proximité de la date des élections, elles ont refusé de répondre à nos questions en évoquant le devoir de réserve.

en avant les femmes parité municipale

Cependant nous avons pu interroger Arlette Arnaud Landau, ancienne maire du Puy, vice présidente de Région. Arlette a toujours milité pour le droit des femmes… Elle nous a pourtant donné un son de cloche inattendu : les fragilités qu’elle a ressenties au début de ses mandats n’avaient pas de rapport avec son statut de femme mais avec un temps d’apprentissage nécessaire pour assurer correctement ses nouvelles fonctions. Elle n’a pas eu de difficultés en tant que femme, sauf sur certains dossiers conflictuels.« On en attend toujours plus des femmes ». Il lui a fallu faire ses preuves.

La nouvelle loi sur la parité dans toutes les communes est de fait difficile dans le monde rural. Elle a obligé les élus à aller démarcher des femmes qui n’auraient jamais eu l’idée de se présenter. « Contrairement aux hommes, les femmes pensent qu’elles ne sont pas compétentes, qu’elles n’y arriveront pas. »

Il faudrait donc les convaincre qu’elles ont leur place dans la gestion d’une commune, qu’elles ont les compétences et les capacités pour faire partie d’une équipe municipale.

Nous mêmes, nous sommes trois dans ce groupe à avoir été sollicitées pour intégrer une liste. 

Emmanuelle, au Puy, ne s’est pas sentie légitime à occuper cette place et ne pense pas avoir le pouvoir de changer les choses de l’intérieur. 

La première réaction de Véronique a été d’en rire… « Je n’ai jamais participé à la gestion d’une commune, ni de près, ni de loin ! Je ne me reconnais donc aucune compétence pour participer à un conseil municipal. J’ai pris le temps de réfléchir, mais j’ai très vite ressenti une véritable envie de m’impliquer, d’une part pour mieux comprendre le fonctionnement d’une commune, mais aussi pour apporter des idées et peut-être un autre regard. J’ai été assez étonnée de voir que les autres femmes de la liste étaient souvent très jeunes et très investies quelque soit le domaine abordé. J’espère, comme elles, faire bouger les choses de l’intérieur. » 

L’égalité des sexes est un droit humain fondamental.

Il est essentiel d’informer les femmes de leurs droits, de souligner l’importance et le rôle de chacune dans la construction d’une société pacifiée. Dépassons une conception genrée du pouvoir, décidons ensemble, femmes et hommes, pour la collectivité.

Nous, les femmes, devons être solidaires et faire entendre nos voix. Soyons audacieuses. Levons nous. Prenons notre place.


les témoignages que nous avons recueillis

  • Dima, 34 ans. Oui, elle va voter. « C’est important, même si je ne me sens pas toujours concernée par la politique local » Freins: -Difficulté à comprendre certains enjeux . -Impression que tout est déjà décidé .Empêchement :  Pas empêchée ,mais pas encouragée non plus.
  • Nahid, 47 ans ,mère de famille et commerçante Vote : Pas toujours.  « J’aimerais , mais entre le travail , les enfants et la maison , je n’ai pas le temps » Freins -Charge mentale -Horaires incompatibles Empêchement Personne ne m’interdit de voter ,mais tout est fait pour que ce soit compliqué .Parité sur les listes électorales: «  Bonne idée sur le principe , mais si ce sont des femmes qu’on ne laisse pas décider, ça ne sert à rien. «
  • Josiane, 62 ans. Vote : toujours . «  C’est un droit pour le quel des femmes se sont battues » Freins : pour elle, aucun, mais elle observe que les jeunes femmes votent moins. Parité sur les listes électorales « C’est une avancée, mais trop tardive. Et on devrait aussi parler de diversité sociale, pas seulement hommes / femmes. »
  • Lubna, 42 ans, mariée, mère de quatre enfants. Vote : Non , elle ne vote pas . << Mon mari ne veut pas que je vote . Il dit que la politique , ce n’est pas pour les femmes .>> Empêchements : Oui , empêchement direct, pression conjugale, contrôle des déplacements. Peur des conflits ou de représailles .Dépendance administrative ou financière. Ressenti : << J’ai le droit , mais je n’ose pas. Je me sens coincée .>>Rapport à la légitimité : « On m’a toujours dit que ce n’ était pas mon rôle. » Intériorisation de l’interdit , auto censure. Parité sur les listes électorales « C’est bien qu’il y ait des femmes candidates , mais ça change rien pour moi si à la maison , je ne peux pas choisir. »
  • Jehane, 24 ans « Oui, je compte voter pour les élections. C’est un devoir citoyen et je m’intéresse beaucoup à la politique. Les représentants qu’on choisira seront en poste pendant de longues années donc on essayera de voter massivement pour ne pas subir des décisions. Je ne me sens en aucun cas empêchée d’exercer mon droit de vote. Je trouve que c’est une bonne initiative car elle permet aux femmes d’être plus présente sur la scène politique. Ce sont de grandes avancées pour ces dernières lorsqu’on se rappelle qu’il y a encore quelques années elles n’avaient pas le droit de vote. » 
  • Perrine, 23 ans, « oui je vais voter, car j’ai peur de la personne qui peut gagner je ne me sens pas empêchée d’exercer le droit de vote du tout au contraire utile qu’il y ai autant de candidats que de candidates car logique d’égalité dans n’importe quel contexte. » 
  • Claire : 67 ans, Française, retraitée et veuve. • Va-t-elle voter ? Pourquoi ?- Oui, tout le temps.- Pour elle, voter est un devoir citoyen.• Se sent-elle empêchée d’exercer son droit de vote ?- Non, pas aujourd’hui, mais elle raconte que plus jeune, la pression conjuguale existait. Son mari influençait fortement ses choix politiques.• Que pense-t-elle de la réforme du scrutin paritaire ?- Elle trouve cela très utile.- Elle regrette que cette mesure n’ait pas existé plus tôt.
  • Victoire : 45 ans, Sénégalaise, aide soignante et mère célibataire.• Va-t-elle voter ? Pourquoi ?- Oui, quand elle peu.- Elle vote pour améliorer les conditions de vie dans les quartiers populaires.• Se sent-elle empêchée d’exercer son droit de vote ?- Oui, car elle a des horaires de travail très difficiles et est fatiguée.• Que pense-t-elle de la réforme du scrutin paritaire ?- Utile, elle aimerait voir aussi plus de femmes issues d’autres origines sur les listes.
  • Sofia : 24 ans, étudiante en design-graphique, Française d’origine Espagnole.• Va-t-elle voter ? Pourquoi ?- Elle hésite.- Elle se sent peu concernée par la politique locale et a l’impression que son vote ne changera rien.• Se sent-elle empêchée d’exercer son droit de vote ?- Oui en partie : manque d’information, sentiment de ne pas être légitime à s’exprimer.• Que pense-t-elle de la réforme du scrutin paritaire ?- Bonnes idées sur le principe mais insuffisante sans un vrai changement des mentalités.

ET LES HOMMES ?

  • Emmanuel, 25 ans, « Non, je ne vote pas. Parce que la politique, je n’y crois pas. Je ne suis pas marié et je suis célibataire. Pour la réforme, je n’ai pas plus d’infos. Je ne m’intéresse plus à la politique. Je m’y intéresse seulement quand il y a de grandes annonces. » 
  • Thibaut 19 ans étudiant au Puy :Oui je vais voter pour respecter le principe du vote. Certaines de mes amies vont voter pour suivre le mouvement. Je n’étais pas au courant de cette modification de la loi sur la parité mais cette réforme est utile et même indispensable, la parité est une évidence ; que femmes aient la possibilité de s’exprimer et faire part de leurs idées pour le développement de la ville. Le soucis est que moins de femmes ont envie de s’engager que les hommes de peur d’être stigmatiser et également le manque de temps (enfants, boulot, maison) : la charge mentale.
  • Valentin 33 ans boulanger au Puy : Oui je vais voter j’ai le soucis de voter pour ma ville, aimerait se présenter mais n’a pas le temps.  c’est une manière de m’impliquer dans la vie locale.Oui ma copine va voter pour changer de maire (rire) et je l’encourage pour aller voter car c’est important. Cette réforme est utile et indispensable pour peut être faire bouger les choses mais c’est une prise en compte de l’avis féminin et nous en avons assez que ce soit tout le temps les hommes qui dirigent et décident pour elles. Nous n’étions pas au courant de cette modification de la loi sur la parité.
  • Gérard 75 ans Brives-Charensac  Oui je vais voter mais sans grande conviction car cela fait parti du droit des citoyens.  Oui ma femme va voter mais elle me demande toujours conseil car il n’y connaît rien en politique.  À 75 ans, je trouve cette réforme inutile. Forcer les listes à avoir autant de femmes que d’hommes, ça ne règle pas grand-chose. Ce qui compte, c’est ce que les candidats valent, pas leur sexe. Pour moi, on complique le système pour rien. La démocratie se porterait mieux si on choisissait les gens pour leurs idées et leur expérience, pas pour respecter des quotas. En plus de cela je n’étais pas au courant de cette nouvelle réforme.

LE MOT DE LA FIN REVIENT à IBRAHIM

  • Ibrahim, 60 ans : « Aller vers une parité homme et femme dans la société serait plus juste et l’exact reflet de notre société ».

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