Le 28 août 2021

St Julien Chapteuil

Samedi 28 août 2021, venez découvrir, en avant première, L’Assemblée, le futur tiers-lieu de Saint-Julien-Chapteuil ! La notion de tiers-lieu est en train de gagner nos territoires, en Haute-Loire, on l’attendait avec impatience, le voici ce projet hybride qui associera culture, économie et social au cœur du village de Saint-Julien-Chapteuil. Un projet au rayonnement bien plus large que celui du seul bourg capitolien bien connu en Mezenc Loire Meygal. *** Le 28 août, portes ouvertes, rencontres, festivités, permettront de découvrir et de participer au futur tiers-lieu de St Julien. Toute la journée, le public est invité à découvrir et participer à une série de rencontres, d’ateliers, de performances qui préfigurent le futur tiers-lieu. Elle nous permettra d’entrer dans une phase de co-construction, avec toutes et tous, de ce projet qui est avant tout un commun au service des publics et en lien direct avec le territoire. Au programme de la journée, des portes ouvertes et des rencontres avec les équipes qui animent et animeront le tiers-lieu, conseiller numérique, coworking, maison france service, pôle culturel_ des parcours découverte, des ateliers, _ écriture, design, musique, numérique, spectacle vivant, jeux pour enfants_ des concerts, des projections, du nouveau cirque, la découverte de la Micro-folie. Et pour se restaurer des Food truck et buvettes toute la journée ! Le programme complet est à découvrir sur le site : lassemblee-pop.org et sur la page Facebook (en ligne le 1er août) Une identité graphique qui traduit la pluridisciplinarité, la créativité et l’hybridation . Le logo de l’Assemblée a été imaginé pour permettre de réunir les différentes activités du tiers lieu dans une unité _ une même identité les réunit lorsque cela est nécessaire _ tout en leur laissant leur autonomie propre afin de témoigner de la pluridisciplinarité grâce à un système de picto déclinés du “a” graphique du logo de l’Assemblée. Un “a” qui se transforme, s’hybride, se décline pour inventer une nouvelle écriture, écrire de nouvelles histoires avec un langage créatif et sans limite. Le tiers-lieu de Saint-Julien se déploie dans tout le village à plusieurs endroits, c’est aussi ce qui en fait la spécificité, ainsi c’est le village lui-même qui fait tiers lieu. Le site internet de l’Assemblée permettra de réunir sur une même plateforme l’ensemble des activités, services et programmation du tiers-lieu. Le mot “pop” pour populaire vient égayer l’url pour insister sur la démarche populaire et coopérative que nous construisons à travers la naissance de nouveaux communs mais aussi pour la dynamique et la bonne humeur que ce petit mot révèle. *** Pourquoi un tiers-lieu à Saint Julien ? A Saint-Julien-Chapteuil, on connaît bien les Assemblées. Dès le 18ème siècle, autour des béates, on y pratiquait déjà des activités économiques, avec les dentellières notamment, on y assurait l’éducation pour les enfants, on y donnait aussi des soins aux malades ou aux mourants. Aujourd’hui, on s’y retrouve encore. On y fait la fête, tous ensemble, toutes générations confondues… C’est cet esprit, cette façon de mêler les populations et les activités que nous voulons poursuivre, développer et ancrer dans le présent. C’est cela finalement que l’on nomme aujourd’hui un “tiers-lieu”, un endroit où l’on se rencontre, où l’on crée, où l’on apprend, fait ensemble, se forme, travaille, fabrique.. Bref un espace où se tisse du lien social. L’Assemblée à St Julien – grâce à une aide importante de l’Etat - associera un pôle culturel (avenue Jules Romains) _ pour pratiquer, découvrir, se distraire _ un pôle économique (rue Chaussade) _ avec notamment le coworking, des formations, des services _ et un pôle social (provisoirement à l’arrière de la Mairie) avec des services à destination de celles et ceux qui ont besoin d’aide pour utiliser les outils informatiques et accéder aux services publics. L’Assemblée permettra aussi de fédérer les initiatives, avec les communes voisines, celles de la communauté de communes Mézenc-Loire-Meygal mais aussi de toute la Haute-Loire, et ce en s’appuyant sur les ressources des grandes agglomérations de la région (St Etienne et Lyon). Ainsi grands et petits, anciens ou nouveaux habitants, sportives, gastronomes, artistes en herbe, intello, entrepreneurs, free lance, artisans agricultrices, paysans, producteurs, rêveurs, étudiantes, retraités, porteurs de projets, toutes et tous sont concernés et bienvenus à l’Assemblée. Le numérique et ses outils seront bien sûr très présents dans les différents pôles du tiers-lieu, parce qu’il est indispensable de les maîtriser pour en faire bon usage. *** L’Assemblée a été labellisée cette année Fabrique de territoires (dispositif national porté par l’Agence nationale de cohésion des territoires), un accélérateur notoire pour ce chantier à la fois ambitieux et à échelle humaine illustrant la dynamique de la créativité citoyenne en milieu rural à l’heure du numérique.

A découvrir

Cochon charbon au fumoir

Recommandation

Du 02 août 2026 au 23 août 2026

Expositions

Cochon charbon au fumoir

Le Fumoir est une sorte de cabinet de curiosités. Son initiateur, Bernard Turle, s’amuse à donner à voir des associations fertiles, graves ou drôles, parfois fumeuses. Des oeuvres éclectiques font. liens avec les histoires un peu foutraques du lieu (on ne spoile pas). Quant à l’installation.Cochon Charbon, elle joue avec les.variations.de.couleurs.(de peau).entre.sarcasme et facétie.

Programmée en off du festival d’Auzon, cette expo-installation temporaire vous livre une raison de plus d’aller faire un tour dans la cité médiévale du Brivadois cet été.

 


INTERVIEW

STRADA   Bernard Turle, vous avez ouvert une galerie à Auzon…

Bernard TURLE  Le Fumoir n’est pas une galerie permanente. Chaque année, le 1er dimanche d’août, l’association AuzonToujours organise Arts dans le village. Des artistes et artisans investissent les rues, les caves, les granges d’Auzon. Le Fumoir est l’un de ces espaces temporaires d’accueil de la culture. Il s’associe également à d’autres activités culturelles de la Petite Cité de Caractère. Par exemple, l’installation Cochon Charbon s’inscrit comme en « off » du festival d’Auzon 2026 (2 /22 août).

SA D’où vient le nom : Fumoir ?

BT C’est le terme employé dans les actes de propriété du lieu. Jusqu’à la fin du  XXe siècle, c’était un saloir et précédemment ç’avait été un fumoir. On y salait et fumait saucissons et jambons.

SA Le « Cochon » du titre de l’exposition a-t-il un lien avec cela ?

BT C’est l’un des liens, oui. Il en existe d’autres. J’aime les histoires que racontent les maisons. Or, dans ces murs vivait jadis une dame qui avait une truie, qu’elle promenait en laisse [sans rapport avec le Pornocratès de Félicien Rops !]. C’est en hommage à elle que l’une des premières expositions du Fumoir, Cochonailles, présentait de la charcuterie en laine, exécutée par Aiguilles et Pinceaux, un groupe d’Auzonaises qui, à leur manière, perpétuent une tradition d’activité liée au textile dans les campagnes d’antan : à Auzon, c’était plus spécialement la passementerie.

Et il y a un troisième lien : la Légende du Cochon d’Auzon. Au Moyen-Age, les Anglais assiégèrent la forteresse. Les habitants étaient affamés. Il ne restait plus qu’un cochon. Une bergère proposa de ne pas le tuer mais de l’engraisser avec ce qui restait comme maigre pitance. Ceci fait, on le laissa échapper. Le voyant débouler, rose et dodu, les Anglais s’exclamèrent : « Si leurs cochons sont si gras, c’est qu’ils ont de quoi tenir un long siège ! » Et ils décampèrent.

SA Hormis la rime, pourquoi associer charbon et cochon ?

BT Cette année, nous ouvrons la cave du Fumoir, doublant la surface d’exposition. Or, cette cave a, par le passé, servi de soute à charbon, il en restait des morceaux : ils sont exposés… L’une des histoires que racontent les maisons des environs, c’est celle des mines, dont la Taupe, entre Auzon et Sainte-Florine. Le thème du festival d’Auzon 2026 est « Couleurs, Mouvements… ». J’ai tout de suite pensé au noir du charbon. Le noir, pour certains, n’est pas une couleur, pour d’autres il les englobe toutes ; en Occident, il est plutôt négatif, ailleurs il peut être signe de puissance, positif. Le noir, comme thème, est d’une richesse infinie. J’aime la formule de Bachelard : ‘Le noir est le refuge de la couleur’. D’un point de vue artistique, la notion de ‘noir’ est inépuisable : le noir est une ‘couleur’ profonde comme la roche du promontoire sur lequel est posé notre village médiéval. Le noir est contour : à la Renaissance, il sert de fond à des portraits, fait contraste avec la peau rose des modèles européens.

SA Donc, cochon, charbon… que voit-on dans l’installation… ?

BT C’est une sorte de cabinet de curiosités… Des œuvres – et de simples ‘choses’ – éclectiques qui tournent autour de ‘Cochon Charbon’. La plasticienne Carla van der Werf, qui travaille sur le passé, la mémoire, la géologie… montre des fusains et des modelages de mineurs… L’Italien devenu arlésien Federico Dix, qui expose à Paris, Venise et Florence, montre des photos où le N/n/oir domine. En hommage aux immigrés italiens qui sont venus travailler dans les mines du coin, Odile Bat apporte des touches vives avec son interprétation en laine de la nourriture italienne. Nathalie Titeux a exécuté, en métal de récupération, un puits et, en picassiette, un cochon (elle a des antécédents célèbres : le cochon est très présent en art depuis longtemps… Rops, Koons…).

SA Vous avez expliqué d’où vient le cochon, d’où vient le charbon. Mais où se situe l’articulation entre les deux ?

BT Le noir et le rose sont deux facettes différentes d’une même réalité. N’ oublions pas les cochons noirs… les sangliers… Pour un festival que j’organisais dans le Midi, j’ai écrit le livret d’un spectacle intitulé Rose-Nègre sur l’épopée de la musique noire américaine, avec des musiques de Roland Seilhès. L’installation poursuit donc en quelque sorte un travail entamé plus tôt sur les variations des couleurs de peau. Les Indiens ne parlent pas de nous comme des Blancs, ils disent : Roses. Pour Cochon Charbon, l’articulation a jailli d’une image. Le mineur a été victime, on en a aussi fait un héros. On trouve dans les greniers des pays miniers de vieilles cartes postales en couleurs, éditées autrefois à l’occasion de la Sainte Barbe, patronne des mineurs. Ce sont manifestement des mannequins qui prennent la pose, le visage bien rose. Ces images contrastent fortement avec les représentations de mineurs entassés dans l’ascenseur ou pliés en deux, pioche à la main, couverts de poussières noires (sans parler des trieuses, souvent oubliées par l’histoire officielle des mines). Leurs visages m’ont fait penser au blackface, la tradition théâtrale qui voulait qu’un comédien blanc se grime en Noir. A sa manière, le mineur est un blackface. Et aussi esclave que le Noir de la colonisation. Voilà d’où vient le souhait d’associer cochon et charbon : on aurait pu choisir comme titre ‘la chair et le charbon’ ou ‘le rose et le noir’.

SA Le Fumoir a beau être un espace modeste et temporaire, il résonne d’associations multiples et fertiles…

BT Comme un cerveau, un univers contradictoire et mystérieux mais savamment organisé ! Et avec l’ouverture de la cave, il approche peut-être d’une vérité profonde : celle de l’esprit du lieu ? L’esprit d’Auzon ? »

 

AUZON (43) Galerie Le Fumoir