Le 06 août 2026

À partir de 2023, un nouveau décret fixe le seuil de consommation énergétique, à 450 kWh d’énergie primaire par m2 et par an, au-delà duquel un logement sera indécent et donc inlouable. Autrement dit ce qu’on appelle les passoires, c’est à dire les logements les plus consommateurs d’énergie, seront exclus du marché de la location.

Pour les propriétaires bailleurs si ils ne veulent pas perdre leurs revenus c’est donc le moment d’étudier très sérieusement la performance énergétique de leurs locations et de lancer des travaux d’améliorations. Plus largement c’est à chacun, propriétaire ou locataire, d’ausculter son habitat : interroger la notion de confort n’est pas suffisant, il s’agit aujourd’hui de notre responsabilité environnementale.

Que dit la loi ?

2023  : Interdiction de louer des logements classés G, dont le seuil de consommation énergétique primaire dépassera 420kWh par m2/ an. Préparez vous à boucher les trous de la passoire !

Avant 2025, rénovation obligatoire des bâtiments privés résidentiels classés G ou F, c’est à dire dont la consommation en énergie primaire est supérieure à 330 kilowattheures d’énergie primaire. Autant dire que la quasi totalité des bâtiments construits ou rénovés avant le premier choc pétrolier (1979) sont concernés.
Certes, ces décisions d’Etat sont bien en retrait des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat. Mais à terme, les bâtiments existants devront se rapprocher de la basse consommation. Et les prochaines constructions devront carrément générer leur propre énergie, pour devenir des ‘bâtiments à énergie positive’. Vu l’ampleur du parc immobilier français et son état, il s’agit d’une révolution. Artisans du bâtiment, fabricants et marchands de matériaux ne devraient pas manquer de travail ces dix prochaines années.


Se faire une idée de la largeur des trous de sa passoire.
Pour vous aider à savoir dans quelle classe se situe votre logement, (de A à G), reprenons quelles bases. D’abord qu’appelle-t-on l’énergie primaire ? Exprimée en kWh EP/m² an, elle désigne la consommation facturée pour le chauffage, l’eau chaude et la climatisation à laquelle on ajoute l’énergie nécessaire à sa production et à son transport.

Comment calculer votre étiquette énergie ? C’est le diagnostiqueur qui est habilité à la calculer, la méthode est encore différente selon l’année de construction jusqu’en juillet 2021, et il existe plus de 60 points de contrôle ! Mais bon, on peut se faire une idée en reprenant ses factures énergétiques de l’année.  Une calculette, une bonne tasse de thé ou de café, et c’est parti.

Auto évaluez votre étiquette énergie :

1 – Sélectionner les consommations concernées

Attention seule est prise en compte l’énergie consommée pour le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, l’éclairage, la climatisation et la ventilation. Donc on exclut l’electricité consommée par les appareils du type ordinateurs et télés, la cuisson, le frigo, le petit électromenager…Certaines factures d’électricité font la distinction. Sinon, ça devient compliqué. Il faudra prendre en compte la puissance de chaque appareil et multiplier par le nombre d’heures d’utilisation annuelle. C’est ce que vous ferez pour une consommation de clim.

Notre truc : Pour ceux qui se chauffent à l’électricité, considérez qu’environ 70% de la consommation totale est concerné par le chauffage et l’eau chaude sanitaire. Si seul votre chauffe-eau est électrique : comptez 16% de la consommation totale électrique. L’éclairage ? 400 kWh facturés en moyenne par logement et par an.

2 – Tout considérer en énergie primaire

On va déduire pour chaque énergie son équivalent en énergie primaire en appliquant un coefficient qui prend en compte les pertes dues à la production et au transport.
Le gaz, le pétrole, le bois sont des énergies primaires, car elles sont utilisables sans transformation.
Par contre dans le cas de l’électricité, il faut intégrer les notions de rendement de production et les pertes : on applique un coefficient de 2,58. Ça fait mal.
1kWh d’électricité facturé équivaut en réalité à 2,58 kWh.  C’est ce dernier chiffre que vous prendrez en considération.


Une fois révisées en kWhep par an, additionnez vos consommations d’énergies.

3 – On calcule sa surface habitable

C’est le total des surfaces de toutes les pièces de la zone de la maison dans laquelle le confort doit être maintenu, autrement dit l’ensemble des zones chauffées de votre habitation.
Alors ? Combien de mètres carrés habitables ?
Divisez votre total de kWhep par la surface habitable, vous avez votre résultat.
Il n’est pas exact mais il vous donne une idée…

Pour en savoir plus, consultez un diagnostiqueur, c’est son métier !

Vous avez fait le calcul ? Envoyez nous votre résultat, on partagera quelques exemples dans le prochain numéro  :   strada43@gmail.com

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Et si vous preniez enfin le temps… de ralentir, d’observer, et de peindre la beauté des paysages de Haute-Loire ?

Cet été, Laurent Berset vous propose un stage d’aquarelle en extérieur, accessible à tous les niveaux, dans un cadre naturel inspirant autour de Saint-Front, à seulement 30 minutes du Puy-en-Velay.

Pendant 3 jours, vous apprendrez à capturer l’instant :
Croquis, carnet de voyage, composition, aquarelle, encre, ou contenu hybride.

Le programme :
8h : rendez-vous au point de départ
8h30 – 12h : croquis et aquarelle sur site
pique-nique sur place (repas à votre charge)
13h30 – 17h30 : reprise sur place ou changement de décor

Et si le temps se gâte : un atelier abrité permettra de continuer à créer.

À partir de 90€/jour (soit 270€ les 3 jours)
Minimum 8 personnes – sans pension complète

Prix pour l’accompagnement et l’enseignement, repas à votre charge. (Pique-nique 😉

📅 Dates au choix :
➡️ 4-5-6 juillet
➡️ 7-8-9 août

📞 Infos / inscriptions : 06 72 77 38 26
🌐 Plus d’infos : www.aquarelle-expedition.com

SAINT FRONT (43) De 08:00 à 17:30

Cochon charbon au fumoir

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Cochon charbon au fumoir

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Programmée en off du festival d’Auzon, cette expo-installation temporaire vous livre une raison de plus d’aller faire un tour dans la cité médiévale du Brivadois cet été.

 


INTERVIEW

STRADA   Bernard Turle, vous avez ouvert une galerie à Auzon…

Bernard TURLE  Le Fumoir n’est pas une galerie permanente. Chaque année, le 1er dimanche d’août, l’association AuzonToujours organise Arts dans le village. Des artistes et artisans investissent les rues, les caves, les granges d’Auzon. Le Fumoir est l’un de ces espaces temporaires d’accueil de la culture. Il s’associe également à d’autres activités culturelles de la Petite Cité de Caractère. Par exemple, l’installation Cochon Charbon s’inscrit comme en « off » du festival d’Auzon 2026 (2 /22 août).

SA D’où vient le nom : Fumoir ?

BT C’est le terme employé dans les actes de propriété du lieu. Jusqu’à la fin du  XXe siècle, c’était un saloir et précédemment ç’avait été un fumoir. On y salait et fumait saucissons et jambons.

SA Le « Cochon » du titre de l’exposition a-t-il un lien avec cela ?

BT C’est l’un des liens, oui. Il en existe d’autres. J’aime les histoires que racontent les maisons. Or, dans ces murs vivait jadis une dame qui avait une truie, qu’elle promenait en laisse [sans rapport avec le Pornocratès de Félicien Rops !]. C’est en hommage à elle que l’une des premières expositions du Fumoir, Cochonailles, présentait de la charcuterie en laine, exécutée par Aiguilles et Pinceaux, un groupe d’Auzonaises qui, à leur manière, perpétuent une tradition d’activité liée au textile dans les campagnes d’antan : à Auzon, c’était plus spécialement la passementerie.

Et il y a un troisième lien : la Légende du Cochon d’Auzon. Au Moyen-Age, les Anglais assiégèrent la forteresse. Les habitants étaient affamés. Il ne restait plus qu’un cochon. Une bergère proposa de ne pas le tuer mais de l’engraisser avec ce qui restait comme maigre pitance. Ceci fait, on le laissa échapper. Le voyant débouler, rose et dodu, les Anglais s’exclamèrent : « Si leurs cochons sont si gras, c’est qu’ils ont de quoi tenir un long siège ! » Et ils décampèrent.

SA Hormis la rime, pourquoi associer charbon et cochon ?

BT Cette année, nous ouvrons la cave du Fumoir, doublant la surface d’exposition. Or, cette cave a, par le passé, servi de soute à charbon, il en restait des morceaux : ils sont exposés… L’une des histoires que racontent les maisons des environs, c’est celle des mines, dont la Taupe, entre Auzon et Sainte-Florine. Le thème du festival d’Auzon 2026 est « Couleurs, Mouvements… ». J’ai tout de suite pensé au noir du charbon. Le noir, pour certains, n’est pas une couleur, pour d’autres il les englobe toutes ; en Occident, il est plutôt négatif, ailleurs il peut être signe de puissance, positif. Le noir, comme thème, est d’une richesse infinie. J’aime la formule de Bachelard : ‘Le noir est le refuge de la couleur’. D’un point de vue artistique, la notion de ‘noir’ est inépuisable : le noir est une ‘couleur’ profonde comme la roche du promontoire sur lequel est posé notre village médiéval. Le noir est contour : à la Renaissance, il sert de fond à des portraits, fait contraste avec la peau rose des modèles européens.

SA Donc, cochon, charbon… que voit-on dans l’installation… ?

BT C’est une sorte de cabinet de curiosités… Des œuvres – et de simples ‘choses’ – éclectiques qui tournent autour de ‘Cochon Charbon’. La plasticienne Carla van der Werf, qui travaille sur le passé, la mémoire, la géologie… montre des fusains et des modelages de mineurs… L’Italien devenu arlésien Federico Dix, qui expose à Paris, Venise et Florence, montre des photos où le N/n/oir domine. En hommage aux immigrés italiens qui sont venus travailler dans les mines du coin, Odile Bat apporte des touches vives avec son interprétation en laine de la nourriture italienne. Nathalie Titeux a exécuté, en métal de récupération, un puits et, en picassiette, un cochon (elle a des antécédents célèbres : le cochon est très présent en art depuis longtemps… Rops, Koons…).

SA Vous avez expliqué d’où vient le cochon, d’où vient le charbon. Mais où se situe l’articulation entre les deux ?

BT Le noir et le rose sont deux facettes différentes d’une même réalité. N’ oublions pas les cochons noirs… les sangliers… Pour un festival que j’organisais dans le Midi, j’ai écrit le livret d’un spectacle intitulé Rose-Nègre sur l’épopée de la musique noire américaine, avec des musiques de Roland Seilhès. L’installation poursuit donc en quelque sorte un travail entamé plus tôt sur les variations des couleurs de peau. Les Indiens ne parlent pas de nous comme des Blancs, ils disent : Roses. Pour Cochon Charbon, l’articulation a jailli d’une image. Le mineur a été victime, on en a aussi fait un héros. On trouve dans les greniers des pays miniers de vieilles cartes postales en couleurs, éditées autrefois à l’occasion de la Sainte Barbe, patronne des mineurs. Ce sont manifestement des mannequins qui prennent la pose, le visage bien rose. Ces images contrastent fortement avec les représentations de mineurs entassés dans l’ascenseur ou pliés en deux, pioche à la main, couverts de poussières noires (sans parler des trieuses, souvent oubliées par l’histoire officielle des mines). Leurs visages m’ont fait penser au blackface, la tradition théâtrale qui voulait qu’un comédien blanc se grime en Noir. A sa manière, le mineur est un blackface. Et aussi esclave que le Noir de la colonisation. Voilà d’où vient le souhait d’associer cochon et charbon : on aurait pu choisir comme titre ‘la chair et le charbon’ ou ‘le rose et le noir’.

SA Le Fumoir a beau être un espace modeste et temporaire, il résonne d’associations multiples et fertiles…

BT Comme un cerveau, un univers contradictoire et mystérieux mais savamment organisé ! Et avec l’ouverture de la cave, il approche peut-être d’une vérité profonde : celle de l’esprit du lieu ? L’esprit d’Auzon ? »

 

AUZON (43) Galerie Le Fumoir