HABITATS DE CARACTÈRE

Habitats de caractère Quelle maison êtes-vous ? Comment faire de son habitat un lieu agréable, un lieu où l’on se sente bien et nos proches aussi ?

C’est une question que l’on se pose à chaque fois que l’on se lance dans les travaux et même quand on change juste un meuble de place. Il y a autant de réponses possibles que d’individus. Alors il y
a de quoi hésiter avant de déplacer le fauteuil vers la fenêtre… Quand, en plus, on réfléchit pour que ça plaise à nos invités, alors là… l’affaire se corse !
Nous sommes allés fouiner du côté de Gîtes de France et avons sélectionné trois solutions d’hébergement aux styles bien définis, qui plaisent à beaucoup mais pas à tout le monde. Ça se passe souvent comme ça quand on a du caractère.
Michèle et Jean-Louis ont transformé un ancien pigeonnier en gîte ‘tout petit, tout mignon’ qui séduit particulièrement les couples en recherche de tranquillité ; Madeleine propose de transformer le séjour dans sa maison de village en voyage dans le temps ; Marie-Pierre et son mari ont fait construire un habitat
contemporain où le paysage s’invite à l’intérieur.
Observez les solutions des uns et des autres, glanez des idées, mais surtout, surtout, écoutez vos envies et osez être différent !

 

 

 

La Mandra
CONTEMPORAINE

En général, les gîtes investissent plutôt des maisons existantes. Mais Marie-Pierre avait déjà restauré une vieille ferme en gîte, la Redonde, à Saint-Front. Elle avait des envies de création. Avec son mari, Patrick, ils décident de faire construire un écogîte à côté de leur ferme rénovée, qui, au lieu de faire semblant d’être ancien, jouera carrément la carte du contemporain.

 

Ouvert sur le paysage

Ce gîte créé ex nihilo, ils le souhaitent surtout grand ouvert sur le paysage. Il faut dire que l’endroit s’y prête particulièrement bien. Sur les prairies de Saint-Front, où paissent les Salers de leur exploitation agricole, d’immenses étendues herbeuses guident le regard jusqu’au majestueux Mézenc.
Alors que les fermes d’altitude comptent d’étroites fenêtres pour mieux se protéger de la rudesse du climat, chacune des pièces de la nouvelle construction est pourvue de baies de belles dimensions. Chacune a son propre angle de vue, son tableau du Mézenc personnalisé, et le paysage entre tellement magnifiquement dans la maison que nos perceptions des limites intérieures / extérieures s’en trouvent quelque peu chamboulées.

Au sud, dessinée en accordéon

Pour permettre cette diversité de points de vue, la façade sud a été dessinée en accordéon, l’ossature bois apportant une certaine souplesse dans les variations de décrochés.
Les trois autres façades ont été construites en béton banché. Ce béton armé que l’on coule sur place dans des ‘coffres’ a un rendu très brut que les propriétaires n’ont pas voulu cacher. Au
contraire, le béton gris est omniprésent, même à l’intérieur de l’habitation. Il est relevé de touches de couleur rouge orangé apportées par les tissus d’ameublement et le linge de maison.
La décoration est plutôt épurée – Marie Pierre n’est pas fan des bibelots – mais chaleureuse.

Au Nord, bâtisse semi enterrée

Au nord, l’arrière de la bâtisse s’insère dans le flanc de la colline, d’une part, pour la rationalité de l’économie d’énergie, la température du sol restant relativement stable toute l’année,
et, d’autre part, parce que, si l’investissement n’avait pas été aussi important, Marie-Pierre et Patrick auraient bien aimé une bâtisse entièrement enterrée qui se serait fondue dans le paysage avec
la discrétion du renard, l’animal dont le nom occitan a inspiré celui du gîte : La Mandra.

Le chauffage aussi sait se faire oublier.

Des tuyaux enterrés un mètre sous le plancher des vaches ramènent la chaleur du sol par fluide caloporteur à la dalle chauffante. La maison est équipée d’un poêle à bois mais il est très rare qu’on l’allume tant l’apport conjugué de la géothermie et du soleil sur les baies vitrées est efficace tout au long de la journée.

Les UV n’ont qu’à bien se tenir !

Pour éviter que les UV ne grisent de façon anarchique les bardages de la façade sud, le mélèze a été choisi avec un traitement préalable grisé. Il anime la façade sud en alternance avec des panneaux noirs, du Trespa®. Quel est ce revêtement ? Le Trespa® est un stratifié compact haute pression (HPL), fabriqué à partir d’un mélange comportant jusqu’à 70 % de fibres naturelles. Marie-Pierre en est très satisfaite : « Ces plaques existent en de nombreuses couleurs et tailles, elles se fixent facilement, et ne se sont pas du tout altérées avec les années. » Utilisées en cache-misère ou en élément de décoration à part entière, les revêtements Trespa® sont d’un bel effet. Un matériau à découvrir.

GITE LA MANDRA / SAINT-FRONT
Marie-Pierre BOYER & Franck PAILLON – 06 80 77 64 32

 

 

Un pigeonnier
TOUT PETIT, TOUT MIGNON

Avoir son propre pigeonnier était un privilège de la noblesse jusqu’à la révolution, puis un élevage qui soulignait souvent l’opulence de son propriétaire. À Sarlanges, entre Yssingeaux
et Retournac, la propriété de Michèle et Jean-Louis abritait un de ces bâtiments dont il ne restait que les murs. Ils les ont consolidés, les ont coiffés d’un toit, et ont utilisé l’ancien pigeonnier comme un débarras. L’architecte de Gîtes de France, qui venait visiter le gîte dans la grange attenante, ne s’y est pas trompé. Il y a quelque chose à faire ici ! Il conseille au couple d’aménager ce petit bâtiment atypique.

35 m2 sur deux niveaux

Avec seulement 35 m2 sur deux niveaux, le défi consiste à organiser efficacement l’espace tout en assurant le confort et du charme. Un séjour-cuisine, en bas, s’ouvre sur
une terrasse de 15 mètres carrés et le grand parc. Une chambre se crée en haut, sous une charpente apparente. « Les gens qui viennent chez nous sont très contents d’être dans quelque chose de petit. Ils disent que c’est mignon, bien décoré, et qu’il y a tout ce qu’il faut malgré la taille très modeste de la maison. » Une solution qui séduit les couples, même les plus
improbables : « Une année, en plein hiver, alors que personne ne réserve chez nous en cette saison, nous avons reçu un couple d’architectes coréens en voyage de noces. Ils venaient visiter la cité Le Corbusier à Firminy et avaient choisi le village de Sarlanges et notre pigeonnier comme point de chute. Ils sont restés une semaine entière » conclut la propriétaire, tout sourire.
L’aspect extérieur de la bâtisse est aussi soigné que l’intérieur. Un enduit traditionnel à la chaux souligne la construction en pierres. On a fait pleurer les murs, explique
Michèle, comme ça se faisait dans le temps. Les anciens ne jointoyaient pas les façades mais les recouvraient avec un enduit de chaux, un bon isolant à l’air. L’usure, au fur et à mesure des années, faisait réapparaitre les pierres.

GÎTE LA BAYARDIÈRE / Sarlanges, RETOURNAC
Hébergement labellisé RESPIRANDO.
Michèle et Jean-Louis BAYARD – 04 71 59 44 04

 

 

DE BRIQUES ET DE BROC’
le gîte de la lavandière

 

Sur ses vieux jours, Madeleine n’a pas oublié son rêve de petite fille : créer quelque chose de ses mains, dans son village. À l’âge de la retraite, dans le quartier des lavandières de Lempdes-sur-Allagnon, elle a restauré une maison de ville qui présentait à ses yeux un beau potentiel d’hébergement. Son gîte et ses chambres d’hôtes, elle les a transformés en témoins d’une époque. Ils rappellent ce que fut la vie de La Rose, de Marie-
-Louise, l’univers de ces femmes courageuses mais qui n’ont sans doute pas vraiment eu le choix d exercer une autre activité que celle de lavandière dans cette bourgade sise entre deux rivières et qui connut à une époque son heure de prospérité.

La brique, matériau de construction local, donne le ton.

Des couleurs chaudes autour du rouge, de l’ocre et de l’orange habillent les murs. Dans la cour, Madeleine a osé des représentations picturales un peu naïves et des teintes plus acidulées.

Chez De la récup’

La décoration de Madeleine vient de ‘ce grand magasin très connu : Chez de la récup’, dit-elle malicieusement. Une déco faite de bric et de broc, pourrait-on dire, mais dans une belle unité, et un sens créatif affirmé. Pour le sol de la courette intérieure, elle a utilisé une technique qu’elle affirme être ‘traditionnelle et naturelle’. Du gravier très clair, dans des tons tendres, a été pacoté dans un peu de béton pour un aspect qui rappelle le béton désactivé. C’est un parti pris de Madeleine que de ne pas utiliser de matériaux agressifs pour l’environnement : « On n’a pas besoin de béton désactivé à l’acide pour retarder la prise et faire ressortir les graviers, s’insurge-t-elle. On peut faire simple et naturel en reprenant les techniques des anciens et en s’appliquant ! »

Depuis 2012, sa passion ne faiblit pas. En plus de gérer les chambres et le gîte, Madeleine fait table d’hôte et projette l’ouverture prochaine d’un deuxième gîte sur le même thème, juste en face, rue des buandières (cette rue tire son nom de la buade, une opération qui consistait à faire bouillir le linge dans de grandes cuves dans lesquelles on rajoutait de la cendre, et de l’eau bouillante par 7 fois).

Remise en question

Très occupée, Madeleine trouve quand même le temps de remettre en question son aménagement. Elle a remarqué que ses hôtes ne s’attardaient pas à l’accueil mais se dirigeaient systématiquement plus loin dans la pièce autour de la table. Du coup, elle a modifié son agencement et épuré l’entrée. C’est inspirant ! Interrogeons notre façon de circuler et de vivre dans notre habitat avant de tout chambouler.

 

GÎTE ET CHAMBRES D’HÔTE DES LAVANDIÈRES
Lempdes-sur-Allagnon
Madeleine MICHEL – 06 76 81 49 84

 

Réorganisons nos espaces de vie en suivant nos inclinations naturelle.