ÉCOLE DE LA 2ÈME CHANCE
objectif emploi

 

En Haute-Loire, nous avons la chance d’avoir une école assez exceptionnelle, qui offre la possibilité à des jeunes, sortis du système scolaire sans diplôme, de trouver un accompagnement vers l’insertion professionnelle. C’est l’École de la 2e chance, également connue sous l’acronyme E2C. 150 000 personnes par an quittent leur scolarité sans avoir acquis de diplôme. L’insertion sur le marché du travail, déjà pas facile, se révèle encore plus complexe pour les personnes sans diplôme. Hors école, comment acquérir une qualification particulière quand on n’a pas non plus la possibilité d’intégrer une entreprise ? Et comment déterminer le domaine ou le métier dans lequel on s’épanouirait quand on n’a pas eu l’occasion d’engranger des expériences ?

Pour qui ?

On imagine souvent que les personnes sans diplôme sont issues d’une banlieue ‘défavorisée’ ou d’une famille ‘à problèmes’ : c’est une erreur. La diversité des publics concernés en atteste : le fléau de la sortie prématurée du système scolaire touche toutes les couches socioculturelles. Il n’y a pas de profil type, mais un point commun : la confiance en soi laminée, autant par les échecs scolaires que par les discours discréditants de l’entourage et de la société. Les quelques mois passés à l‘École de la deuxième chance vont être déterminants pour restaurer l’estime de soi et la confiance dans ses propres capacités à atteindre un but.
Un deuxième point commun aux publics qui viennent à l’École de la deuxième chance est une grande motivation à ‘s’en sortir’, à trouver sa place dans la société, une place respectable qui correspond à son potentiel et à ses aspirations. Sans cette motivation préalable, il n’y a pas d’intégration possible à l’École de la deuxième chance.

 

Reprendre un rythme et gagner en confiance

Pour certains, il s’agit d’abord d’apprendre à mettre à jour un CV, à écrire une lettre de motivation. À d’autres, il manque des bases en français, en mathématiques, en informatique. Pour la plupart, il faut travailler son savoir-être, comprendre et acquérir les codes sociaux, c’est-à-dire s’exprimer d’une façon attendue par un employeur et se tenir dans une posture appropriée.
Le groupe joue l’effet miroir, et les jeux de rôles viennent ancrer des façons d’être facilitatrices de contact. Les entrées/ sorties permanentes des stagiaires permettent aux nouveaux, en observant les anciens et en écoutant leurs témoignages, de mieux cerner les buts à atteindre.

Une large part du travail des formateurs de l’E2C est de laisser émerger les aspirations de chacun, d’aider à définir un projet professionnel puis d’accompagner les stagiaires dans les premières étapes de la réalisation de leur projet. « On fait tout ce que l’on peut pour faciliter leur parcours, et pour qu’ils gagnent en autonomie dans leurs démarches », explique François Jaugeon. Pour ce formateur non plus, l’école n’était ‘pas trop son truc’, il est la preuve que l’on peut toujours changer…

 

 

Développer l’appétence pour l’entreprise

Le responsable pédagogique, Mathieu Gauzins, est un ancien éducateur. Il connait bien le monde professionnel pour avoir été un temps chargé de mission auprès des entreprises pour des personnes en situation de handicap. Il appuie la pédagogie de l’E2C sur une approche en mise en situation. Les compétences techniques et spécifiques sont acquises en stage, c’est pourquoi les entreprises sont des partenaires importants de l’école. Un tiers de la formation (950 heures au total) se déroule en entreprise. Un temps considéré avec justesse comme le principal levier de l’insertion professionnelle future.

‘Fou d’Allier’

Le projet ‘Fou d’Allier’ illustre bien la pédagogie de l’école : développer des compétences en s’appuyant sur des actions concrètes. Les stagiaires ont eu l’idée d’aller visiter des entreprises en vélo, sur un itinéraire choisi pour sa proximité et la diversité des domaines abordés : agriculture, transport aérien, artisanat… Il a fallu s’organiser et élaborer un budget, demander et étudier des devis, faire la liste des fournitures, contacter des partenaires potentiels (la fondation EDF leur a fourni des vélos électriques), prendre rendez-vous avec les entreprises… Au final, une dizaine de visites, un moral en hausse avec la certitude qu’un avenir plus clément est à portée de main, et accessible en quelques coups de pédale.

Les élèves au départ d’un périple de 5 jours en
vélo électrique pour aller à la rencontre des
entreprises du Val d’Allier. Une aventure qui
fortifie les mollets et remonte le moral de ces
aspirants à l’insertion professionnelle.

 

Un environnement favorable à la réussite

Une chance pour le Puy ! Les dimensions modestes de l’école, 4 personnes d’encadrement investies dans leur mission d’accompagnement d’environ 70 stagiaires par an, et rarement plus de 20 en même temps, permettent de se connaitre bien, de développer des relations de confiance et de sympathie où l’on se réjouit de la réussite des uns et des autres. Les résultats sont là. Après leur passage à l’E2C, 70 % des stagiaires trouvent une formation qualifiante ou un emploi.

 

Ecole de la 2e chance LE PUY EN VELAY – 04 71 02 01 37

GRETA du Velay – 04 71 09 80 20