Branches mortes, sources de vie 

L’automne arrive avec les coupes d’arbres et de haies avant l’hiver et viendront ensuite les coupes de printemps. Que faire des coupes de végétaux ? Les emmener à la déchetterie ? Et pourquoi pas les conserver ? Les coupes sont une ressource considérable pour votre jardin ! On vous a déjà parlé du BRF pour réaliser vos paillis, des gîtes à hérissons (Strada n°50), nous vous proposons ici une nouvelle idée d’aménagement du jardin qui favorise la biodiversité.

Vous souhaitez offrir un lieu de nidification pour le Rouge-gorge familier et le Troglodyte mignon ? Offrir un nouveau terrain de chasse au Rougequeue noir ? Dans votre haie sèche vous verrez de nombreuses espèces d’oiseaux venir se servir en araignées, insectes et autres arthropodes. Facile à réaliser, gratuite, aux résultats rapides et favorables aux oiseaux et à tous un tas d’espèces, la  haie sèche est aussi appelée haie morte ou haie de Benjes, du nom de l’écologue allemand, Herman Benjes, qui remis à la mode cette technique. Probablement utilisée depuis des millénaires, elle était tombée dans l’oubli. Le principe est de réintégrer le bois mort dans nos jardins. Il est d’une utilité et d’une source de vie inestimable !

1/ Do it yoursself
Construire sa haie sèche 

Définir l’espace à occuper.
Vous pouvez planter des poteaux verticaux impeccablement espacés pour maintenir une haie parfaitement rectiligne, imaginer une courbe, une virgule ou un point, ou encore préférer un entassement plus sauvage. Il n’y a pas de règle pour la longueur et la forme de l’ensemble. Cela dépend de vos goûts mais aussi de vos objectifs.

La haie sèche peut servir de délimitation entre propriétés ou parcelles agricoles comme le ferait une haie vivante.

Large et longue, implantée dans un endroit stratégique, elle peut aussi casser les vents dominants ou les vents froids.

Sur deux ou trois mètres, elle ma

rque des espaces au sein du jardin comme le feraient des claustras.

Entre deux milieux, elle peut servir de couloir pour diriger la petite faune auxiliaire au jardin par exemple.

Depuis le sol jusqu’à 1,5 mètre de haut, entasser à l’horizontale des branches coupées, mais aussi du bois mort, des souches, des rameaux, tous les déchets issus des tailles et élagages peuvent alimenter la haie sèche.

10 raisons d’installer une haie sèche 

1. Gratuite ou presque : pas de matériaux extérieurs, les piquets et poteaux peuvent être remplacés par des branches épaisses ou des troncs.
2. Robuste, elle bloque le passage des sangliers, et elle est durable.
3. Facile à construire et à alimenter : toute matière organique peut y être intégrée, on ajoute au fur et à mesure les résidus de taille à l’automne et au printemps suivants, ils compensent ce qui s’est tassé.
4. Effet coupe-vent donc création de microclimats sur le terrain. La capacité coupe-vent de la haie va effectivement dépendre de sa hauteur et de sa densité. Il faut savoir que lorsqu’on coupe le vent avec une barrière d’un mètre, on génère des perturbations jusqu’à 10 mètres derrière la haie. Plus la haie est haute, plus vous augmentez ce chiffre.
5. Création de zones protégées propices pour le potager.
6. Potentiels tuteurs pour des grimpantes.
7. Recyclage de déchets verts en création de matière organique. C’est ce qui se passe naturellement, les matières végétales sont réabsorbées par le sol, lui rendant ainsi ses éléments. Ce processus qui est recréé par la haie sèche est un maillon essentiel de la chaîne trophique de votre jardin !
8. Potentiel illimité de stockage de bois morts et branches, ou presque, grâce à sa dégradation. Fini les évacuations de déchets verts hors du jardin.
9. Implantation d’une haie vivante locale, gratuite et spontanée à terme. Les animaux vont y emmener des graines et assez rapidement une haie champêtre spontanée s’installe.
10. Intérêts multiples pour la biodiversité. Vous l’aurez compris, une immense diversité animale colonisera rapidement ce nouveau lieu, tant pour se nourrir, se reproduire, se cacher, se reposer, se déplacer. Un havre de paix et une zone de chasse terrifiante à la fois pour tout ce beau monde.

Je vous invite donc, lors de vos prochaines tailles entre septembre et mars (on ne coupe rien entre mars et aout pour préserver les nidifications de la faune) de garder les branches coupées et de créer une haie sèche pour obtenir tous ces bénéfices au jardin.
A minima, formez un tas de bois mort dans un coin du jardin… Moins créatif, mais efficace.

2/ Qu‘est ce qui vit dans les haies sèches ?
Une haie sèche est un réservoir de biodiversité incroyable 

Elle représente un maillon essentiel pour la chaîne alimentaire : de très nombreux organismes sont  présents, xylophages bactériens, microbiens, fongiques, invertébrés…

Alors que la survie de 50 % des insectes qui vivent aux dépens du bois mort est menacée, la haie sèche offre un espace protégé aux coléoptères, hyménoptères, lépidoptères. C’est un lieu de reproduction pour les insectes saproxyliques, un lieu de nourrissage pour les insectes xylophages, les chasseurs de xylophages, les arachnides, etc.

Les amphibiens s’y cachent, s’abritent, chassent et hibernent (tritons et crapauds, entre autres).

Pour les oiseaux aussi c’est une zone de chasse privilégiée. On y voit le rougequeue noir, rouge gorge familier, bergeronnette, troglodytes, etc.  C’est aussi un lieu de cachettes voir de nidification  pour le troglodyte mignon et le rouge gorge familier.

Pour les mammifères : c’est un lieu de cachette, de chasse, d’hibernation et de reproduction pour les hérissons et de nombreux micromammifères.

Les reptiles trouvent ici un lieu de thermorégulation, de chasse, voire de reproduction pour certains lézards et serpents.

Vous l’aurez compris, une immense diversité animale colonisera rapidement ce nouveau lieu, tant pour se nourrir, se reproduire, se cacher, se reposer, se déplacer. Un havre de paix et une zone de chasse terrifiante à la fois pour tout ce beau monde. Elle représente un corridor écologique et des zones de circulation privilégiées pour la faune.

En cassant le vent, la haie sèche va créer un microclimat en fonction de l’orientation au soleil, on peut ainsi créer une zone de culture potagère idéale et permettre ainsi à de nombreux butineurs et insectes volants d’arriver grâce à la protection du vent, voir les alliées du jardinier à proximité pour les libérer du surnombre de limace par exemple grâce à la présence de carabes ou hérisson, ou la chrysope pour vos pucerons, tous présents dans votre haie sèche .