Le 14 octobre 2025
Une forêt ça s’entretient !
Certes, la nature se débrouille toute seule. Mais si on souhaite prélever ponctuellement du bois pour nos usages,- pour du bois de chauffage, du bois d’oeuvre, un espace d’agrément …- une forêt s’entretient. Pas en tentant de la maitriser – objectif vain – mais en l’accompagnant dans ses cycles de vie.
Pour Forêts des Sucs il est hors de question de pratiquer la coupe rase mécanisée : l’abattage de la totalité des arbres d’un ensemble forestier détruit le sol et engendre un désert biologique. Cette technique est prisée par les industriels qui en voient le profit immédiat. Pourtant replanter coûte cher et le résultat est de plus en plus incertain avec les changements climatiques. La coupe dite ‘à blanc’ a surtout un impact désastreux sur le sol qui, livré au soleil, au vent, au lessivage par les eaux de pluie, perd son potentiel de régénération à chaque passage des machines. D’un point de vue plus global, un massif forestier qui disparait, c’est de la fraicheur et de l’humidité en moins. C’est stratégiquement contreproductif, meurtrier pour la faune, et dangereux pour notre éco-système.


Litière humus mousses lierre plantes à fleurs débuts d’arbustes et d’arbres de lumière tel sorbier oiseleurs de feuillus
Pour des prélèvements en douceur
L’état de la parcelle après trois années d’actions réfléchies et précautionneuses prouve la pertinence des actions de l’association.
Le sol est riche, il se tient, et présente une bonne granulométrie, analyse Gilles, le naturaliste de la bande. La diversité des espèces recensée est magnifique, il s’agit maintenant de laisser la forêt évoluer vers un stade arboré, avec stabilisation du couvert forestier.
« Nous souhaitons obtenir le plus de biodiversité en matière de faune et d’arbres » souligne Gaspard Vernay, menuisier-ébeniste et aussi président de Forêts des sucs, « et produire un bois de qualité, pas forcément du résineux. Nous défendons une sylviculture à couvert continu, mélangée, qui favorise la résilience de la foret et protège la biodiversité ».
Il n’y a pas de pensée unique sur la façon de planter et de gérer la foret. A Forêts des sucs, les adhérents continuent de se former en sylviculture et prévoient l’achat d’autres parcelles de forêts à revivifier. Ils sont convaincus que leur façon de faire est plus rentable que les modèles commerciaux actuels. « Des prélèvements en douceur, pas plus de 10 à 20 % de l’ensemble, n’agressent pas la forêt mais accompagnent son développement ».

EN RéSUMé
- Hors de question de pratiquer la coupe rase mécanisée : on utilise des moyens plus light, des engins motorisés légers ou, mieux la force manuelle, le débardage à cheval…
- Des prélèvements en douceur, pas plus de 10 à 20 % de l’ensemble
- Prélèvements tous les 5 à 10 ans
- Pas de monoculture, laisser pousser naturellement des essences différentes, (mix feuillus + conifères) voire, en replanter.
- Conserver des specimens plus faibles, pour concentre les parasites et les champignons
à savoir
- Quand est-ce qu’on coupe ? Pas pendant la période de nidification, hors montée de sève, c’est à dire fin d’automne début d’hiver, de préférence près du solstice d’hiver pendant la période de repos végétatif.
- Nettoyer ? Les branches qu’on laisse par terre rendent au sol les minéraux que l’arbre lui a pris ; son compostage durera 3 ou 4 ans. A l’inverse des idées reçues, les branches au sol s’humidifient et protègent des incendies. Alors optez pour la loi du moindre effort et économisez votre carburant : ne ramassez pas les branches.
- Un absorbeur de CO2 ! La forêt absorbe chaque année près de 2 milliards de tonnes de CO2 soit 5 % de nos émissions de gza à effet de serre. Elle abrite près de 80% de la biodiversité terrestre
Rejoindre une sylviculture douce
Intéressés par des balades naturalistes, des formations aux techniques de sylviculture ? Envie de participer au développement d’une forêt en Haute-Loire ? A un achat commun ?
www.helloasso.com/associations/forets-des-sucs Facebook foretsdessucs@orange.fr
Posté par Joëlle Andreys