Du 27 juin 2025 au 24 août 2025

Chenereilles Le Chambon-sur-Lignon Le Mas-de-Tence Mazet Saint-Voy Saint-Jeures Tence

27 juin – 24 août 2025

ICI AU LOIN est le titre d’un livre de Pentti Sammallahti paru chez Actes Sud en 2012.

ICI / Que veut dire vivre sur ce Plateau, y naître, y travailler, y aimer, y vieillir, mais aussi le traverser, le parcourir ? Qu’est-ce que le Plateau, l’entreprise, la famille, la foi, l’équipe, la solitude font aux gens, à celles et ceux qui vivent, travaillent ici, mais aussi à ceux qui ne font que passer le temps d’une randonnée, d’un été ?

AU LOIN / En quoi, est-il possible d’établir un parallèle avec d’autres «ailleurs» qui ne sont pas si éloignés de nos réalités altiligériennes.

Le 5ème parcours photographique du Haut-Lignon propose des images riches de parti pris : documentaires, testimoniales ou inventives. Le regard singulier des photographes invités souligne l’universalité de notre être-au-monde sur le plateau Vivarais-Lignon. Les paysages polaires du finlandais Pentti Sammallahti et le plateau des Ozarks de l’américain Lucian Perkins, ne sont pas si étrangers à nos paysages altiligériens ou ardéchois.

LES LIEUX D’EXPO

Pentti Sammallahti LE CHAMBON-SUR-LIGNON 24 rue Neuve, du mar au dim, 14h30 – 18h30

Lucian Perkins MAZET-SAINT-VOY, Jardin botanique, tous les jours, 7h-21h

Gérard Rondeau SAINT-JEURES Parvis de la mairie, tous les jours, 7h-21h

Alexis Vettoretti TENCE Librairie La Boîte à Soleils du lun au sam, 9h30-12h, 14h45-19h

Luc Chazot CHENEREILLES Ancienne mairie, du mar au dim, 10h-12h, 14h-18h

Jean-Marc Vidal SAINT-JEURES Centre bourg, tous les jours, 7h-21h

Béatrice Ropers, Dominique Berta, Françoise Fournier LE MAS-DE-TENCE Esplanade, tous les jours, 7h-21h

QUELQUES RV  ( gratuits sauf mention contraire)

Vendredi 27 juin, 18h30 Vernissage, Le Mas-de-Tence

Samedi 28 juin, 11h Paysannes, Alexis Vettoretti, visite guidée par l’artiste, La Boîte à Soleils, Tence

Samedi 28 juin, 15h Pentti Sammallahti, visite par Didier Brousse, Camera Obscura, Paris 24 rue Neuve, Le Chambon-sur-Lignon

Samedi 28 juin, 18h Ozarks, Lucian Perkins, visite guidée par l’artiste, Jardin Botanique, Mazet-Saint-Voy

Dimanche 29 juin, 14h Visite guidée par Luc Chazot, EAC Les Roches, Le Chambon-sur-Lignon

Samedi 5 juillet, 20h30 Concert Lemofil, Ceux qui restent, Le Calibert, Mazet-Saint-Voy

Mardi 8 juillet, 21h Projection documentaire, Le battage, les moissons dans les années 50, film de Felix Lombard. Présentation par Michel Lombard. Cinéma Scoop, Le Chambon-sur-Lignon, tarifs habituels du cinéma

Mercredi 9 juillet, 18h30 Une forêt en commun. Portrait de la forêt par les enfants et autres habitants du Haut-Lignon, Tini Chouvenc, Place de la fontaine, Le Chambon-sur-Lignon

Mercredi 23 juillet, 18h Performance live graff ’ par Clément Bransiani, libre interprétation du parcours photographique, La Plage, Le Chambon-sur-Lignon

Mercredi 6 août, 18h Luc Chazot, Chenereilles, ancienne mairie, présentation de l’exposition par l’artiste.

Jeudi 7 août 14h-17h Atelier de linogravure, les objets symboliques de la ruralité, Salle sous la mairie, Le Mas-de-Tence, sur inscription, ado/adulte tel 04 71 59 59 10

Jeudi 7 août, 20h30 Projection fiction Delivrance, John Boorman, 1972, Ciné Tence, tarifs habituels du cinéma

Vendredi 8 août, 18h Rencontre avec les photographes, Béatrice Ropers, Françoise Fournier, Dominique Berta, Le Mas-de-Tence

Jeudi 21 août, 17h Paysannes, lecture par Marie-Hélène Lafon, en partenariat avec Les Lectures sous l’Arbre, La Boîte à Soleils, Tence

Samedi 23 août, 15h Ozarks, Visite guidée par les organisatrices, Jardin botanique Mazet-Saint-Voy

3 juin – 30 juillet L’accroche lumière, Michel Lombard Médiathèque, Rue des 4 Saisons, Le Chambon-sur-Lignon

11 juillet – 31 août Les immortelles, G. Delanos, L. Rossignol, P. Laurent. Parcours aventure Ecureuil, Les Barandons, Le Chambon-sur-Lignon

25 juillet – 31 août Grande exposition d’été du TEC Tence Espace culturel, 1 rue du collège, Tence

16 – 31 août Regards sur le Plateau, Laurent Picq Office de tourisme du Haut-Lignon, Le Chambon-sur-Lignon

 

Un événement proposé par COMMUNAUTE DE COMMUNES DU HAUT LIGNON

A découvrir

Cochon charbon au fumoir

Recommandation

Du 02 août 2026 au 23 août 2026

Expositions

Cochon charbon au fumoir

Le Fumoir est une sorte de cabinet de curiosités. Son initiateur, Bernard Turle, s’amuse à donner à voir des associations fertiles, graves ou drôles, parfois fumeuses. Des oeuvres éclectiques font. liens avec les histoires un peu foutraques du lieu (on ne spoile pas). Quant à l’installation.Cochon Charbon, elle joue avec les.variations.de.couleurs.(de peau).entre.sarcasme et facétie.

Programmée en off du festival d’Auzon, cette expo-installation temporaire vous livre une raison de plus d’aller faire un tour dans la cité médiévale du Brivadois cet été.

 


INTERVIEW

STRADA   Bernard Turle, vous avez ouvert une galerie à Auzon…

Bernard TURLE  Le Fumoir n’est pas une galerie permanente. Chaque année, le 1er dimanche d’août, l’association AuzonToujours organise Arts dans le village. Des artistes et artisans investissent les rues, les caves, les granges d’Auzon. Le Fumoir est l’un de ces espaces temporaires d’accueil de la culture. Il s’associe également à d’autres activités culturelles de la Petite Cité de Caractère. Par exemple, l’installation Cochon Charbon s’inscrit comme en « off » du festival d’Auzon 2026 (2 /22 août).

SA D’où vient le nom : Fumoir ?

BT C’est le terme employé dans les actes de propriété du lieu. Jusqu’à la fin du  XXe siècle, c’était un saloir et précédemment ç’avait été un fumoir. On y salait et fumait saucissons et jambons.

SA Le « Cochon » du titre de l’exposition a-t-il un lien avec cela ?

BT C’est l’un des liens, oui. Il en existe d’autres. J’aime les histoires que racontent les maisons. Or, dans ces murs vivait jadis une dame qui avait une truie, qu’elle promenait en laisse [sans rapport avec le Pornocratès de Félicien Rops !]. C’est en hommage à elle que l’une des premières expositions du Fumoir, Cochonailles, présentait de la charcuterie en laine, exécutée par Aiguilles et Pinceaux, un groupe d’Auzonaises qui, à leur manière, perpétuent une tradition d’activité liée au textile dans les campagnes d’antan : à Auzon, c’était plus spécialement la passementerie.

Et il y a un troisième lien : la Légende du Cochon d’Auzon. Au Moyen-Age, les Anglais assiégèrent la forteresse. Les habitants étaient affamés. Il ne restait plus qu’un cochon. Une bergère proposa de ne pas le tuer mais de l’engraisser avec ce qui restait comme maigre pitance. Ceci fait, on le laissa échapper. Le voyant débouler, rose et dodu, les Anglais s’exclamèrent : « Si leurs cochons sont si gras, c’est qu’ils ont de quoi tenir un long siège ! » Et ils décampèrent.

SA Hormis la rime, pourquoi associer charbon et cochon ?

BT Cette année, nous ouvrons la cave du Fumoir, doublant la surface d’exposition. Or, cette cave a, par le passé, servi de soute à charbon, il en restait des morceaux : ils sont exposés… L’une des histoires que racontent les maisons des environs, c’est celle des mines, dont la Taupe, entre Auzon et Sainte-Florine. Le thème du festival d’Auzon 2026 est « Couleurs, Mouvements… ». J’ai tout de suite pensé au noir du charbon. Le noir, pour certains, n’est pas une couleur, pour d’autres il les englobe toutes ; en Occident, il est plutôt négatif, ailleurs il peut être signe de puissance, positif. Le noir, comme thème, est d’une richesse infinie. J’aime la formule de Bachelard : ‘Le noir est le refuge de la couleur’. D’un point de vue artistique, la notion de ‘noir’ est inépuisable : le noir est une ‘couleur’ profonde comme la roche du promontoire sur lequel est posé notre village médiéval. Le noir est contour : à la Renaissance, il sert de fond à des portraits, fait contraste avec la peau rose des modèles européens.

SA Donc, cochon, charbon… que voit-on dans l’installation… ?

BT C’est une sorte de cabinet de curiosités… Des œuvres – et de simples ‘choses’ – éclectiques qui tournent autour de ‘Cochon Charbon’. La plasticienne Carla van der Werf, qui travaille sur le passé, la mémoire, la géologie… montre des fusains et des modelages de mineurs… L’Italien devenu arlésien Federico Dix, qui expose à Paris, Venise et Florence, montre des photos où le N/n/oir domine. En hommage aux immigrés italiens qui sont venus travailler dans les mines du coin, Odile Bat apporte des touches vives avec son interprétation en laine de la nourriture italienne. Nathalie Titeux a exécuté, en métal de récupération, un puits et, en picassiette, un cochon (elle a des antécédents célèbres : le cochon est très présent en art depuis longtemps… Rops, Koons…).

SA Vous avez expliqué d’où vient le cochon, d’où vient le charbon. Mais où se situe l’articulation entre les deux ?

BT Le noir et le rose sont deux facettes différentes d’une même réalité. N’ oublions pas les cochons noirs… les sangliers… Pour un festival que j’organisais dans le Midi, j’ai écrit le livret d’un spectacle intitulé Rose-Nègre sur l’épopée de la musique noire américaine, avec des musiques de Roland Seilhès. L’installation poursuit donc en quelque sorte un travail entamé plus tôt sur les variations des couleurs de peau. Les Indiens ne parlent pas de nous comme des Blancs, ils disent : Roses. Pour Cochon Charbon, l’articulation a jailli d’une image. Le mineur a été victime, on en a aussi fait un héros. On trouve dans les greniers des pays miniers de vieilles cartes postales en couleurs, éditées autrefois à l’occasion de la Sainte Barbe, patronne des mineurs. Ce sont manifestement des mannequins qui prennent la pose, le visage bien rose. Ces images contrastent fortement avec les représentations de mineurs entassés dans l’ascenseur ou pliés en deux, pioche à la main, couverts de poussières noires (sans parler des trieuses, souvent oubliées par l’histoire officielle des mines). Leurs visages m’ont fait penser au blackface, la tradition théâtrale qui voulait qu’un comédien blanc se grime en Noir. A sa manière, le mineur est un blackface. Et aussi esclave que le Noir de la colonisation. Voilà d’où vient le souhait d’associer cochon et charbon : on aurait pu choisir comme titre ‘la chair et le charbon’ ou ‘le rose et le noir’.

SA Le Fumoir a beau être un espace modeste et temporaire, il résonne d’associations multiples et fertiles…

BT Comme un cerveau, un univers contradictoire et mystérieux mais savamment organisé ! Et avec l’ouverture de la cave, il approche peut-être d’une vérité profonde : celle de l’esprit du lieu ? L’esprit d’Auzon ? »

 

AUZON (43) Galerie Le Fumoir