Du 20 août 2019 au 25 août 2019

LE PUY EN VELAY

De nombreuses animations estivales vous attendent cette semaine au Puy-en-Velay Il va y avoir beaucoup de musique et de danses dans les rues du Puy-en-Velay cette semaine ! Une exposition à ne pas manquer Mercredi 21 août à 15h et vendredi 23 août à 15h, l’hôtel-Dieu vous propose une visite guidée gratuite de son exposition « Inventerre ». A travers la soixantaine d’œuvres glanées, cette exposition illustre la passion d’un homme pour un art ancestral, la céramique, tout en soulignant la diversité de la création actuelle. Pour assister à ces deux visites guidées, la réservation est obligatoire, au musée, à l'office de tourisme ou sur www.musee.patrimoine.lepuyenvelay.fr Des animations pour les enfants Vendredi 23 août à 10h, le musée Crozatier organise pour les enfants qui ont entre 5 et 7 ans, un Yoga des animaux en solo. La réservation pour cette animation est obligatoire, elle est au prix de 5€ par enfant. Montmartre au Puy-en-Velay Vendredi 23 août de 10h à 19h, vous pourrez admirer des créations picturales et partager la technique des artistes sur la place du For. Une semaine rythmée par la musique… mais surtout la danse ● Mardi 20 août se tiendra place Cadelade de 20h30 à 23h, le Bal Muzette avec J-F Mezy. ● Mercredi 21 août de 20h30 à 23h, vous pourrez assister à l’ensemble Telex Musette sur la place Cadelade. ● Jeudi 22 août, une représentation de Danse country aura lieu place Cadelade de 20h30 à 21h30. ● Vendredi 23 août, le Bal CMDT 43 vous invite à la danse tradionnelle de 20h30 à 23h place Cadelade. ● Samedi 24 août, se tiendra Croque Meitat sur la place du Clauzel de 11h à 12h. ● Samedi 24 août, participez à « Milonga » sur la place Cadelade de 20h à 23h. Milonga est un bal dansant animé par Tango Volcanique du Velay. Le Puy de Lumières irradie pour une 3e saison Suite au succès retentissant de sa première édition, Puy de Lumières revient pour vous offrir de nouvelles scénographies sur non plus cinq, mais huit monuments du bassin du Puy-en-Velay. Jusqu’à la tombée de la nuit, retrouvez tous les soirs un spectacle de projections et de lumières sur :  La cathédrale Notre-Dame du Puy  Le Rocher Saint-Michel d’Aiguilhe  Le Théâtre  L’Hôtel de Ville - Place du Plot  L’Hôtel de Ville – Place du Martouret  La Chapelle Saint-Alexis  Le Musée Crozatier  La Médiathèque de Brives-Charensac  Le Vieux-Pont sur la Loire à Brives-Charensac Les 12 chefs d’œuvres du musée Crozatier Découvrez une sélection de 12 chefs d’œuvres des collections du musée Crozatier, jusqu'au 14 septembre, les lundis, jeudis et samedis à 14h30. Visite guidée. Prix d'entrée : 2 € / Gratuit – de 18 ans Réservation au musée, à l'office de tourisme ou sur www.musee.patrimoine.lepuyenvelay.fr Un peu de Celtes ? Plongez dans l'univers des Celtes à travers une exposition au musée Crozatier. Rendez-vous les mercredis, vendredis et dimanches à 14h30 au musée Crozatier pour profiter d'une visite guidée de l'exposition. Prix d'entrée : 2 € / Gratuit – de 18 ans Réservation au musée, à l'office de tourisme ou sur www.musee.patrimoine.lepuyenvelay.fr * Incontournable : l'exposition « Inventerre » A travers l'exposition « Inventerre » visible actuellement à l'Hôtel Dieu, partez sur les pas d'Adrian Anderson, collectionneur éclairé de céramiques contemporaines. Gratuit. Visible jusqu'au 3 novembre. Horaires : 10h - 12h30 et 14h – 18h (tous les jours, sauf les 21, 22 septembre et 1er novembre).

A découvrir

Cochon charbon au fumoir

Recommandation

Du 02 août 2026 au 23 août 2026

Expositions

Cochon charbon au fumoir

Le Fumoir est une sorte de cabinet de curiosités. Son initiateur, Bernard Turle, s’amuse à donner à voir des associations fertiles, graves ou drôles, parfois fumeuses. Des oeuvres éclectiques font. liens avec les histoires un peu foutraques du lieu (on ne spoile pas). Quant à l’installation.Cochon Charbon, elle joue avec les.variations.de.couleurs.(de peau).entre.sarcasme et facétie.

Programmée en off du festival d’Auzon, cette expo-installation temporaire vous livre une raison de plus d’aller faire un tour dans la cité médiévale du Brivadois cet été.

 


INTERVIEW

STRADA   Bernard Turle, vous avez ouvert une galerie à Auzon…

Bernard TURLE  Le Fumoir n’est pas une galerie permanente. Chaque année, le 1er dimanche d’août, l’association AuzonToujours organise Arts dans le village. Des artistes et artisans investissent les rues, les caves, les granges d’Auzon. Le Fumoir est l’un de ces espaces temporaires d’accueil de la culture. Il s’associe également à d’autres activités culturelles de la Petite Cité de Caractère. Par exemple, l’installation Cochon Charbon s’inscrit comme en « off » du festival d’Auzon 2026 (2 /22 août).

SA D’où vient le nom : Fumoir ?

BT C’est le terme employé dans les actes de propriété du lieu. Jusqu’à la fin du  XXe siècle, c’était un saloir et précédemment ç’avait été un fumoir. On y salait et fumait saucissons et jambons.

SA Le « Cochon » du titre de l’exposition a-t-il un lien avec cela ?

BT C’est l’un des liens, oui. Il en existe d’autres. J’aime les histoires que racontent les maisons. Or, dans ces murs vivait jadis une dame qui avait une truie, qu’elle promenait en laisse [sans rapport avec le Pornocratès de Félicien Rops !]. C’est en hommage à elle que l’une des premières expositions du Fumoir, Cochonailles, présentait de la charcuterie en laine, exécutée par Aiguilles et Pinceaux, un groupe d’Auzonaises qui, à leur manière, perpétuent une tradition d’activité liée au textile dans les campagnes d’antan : à Auzon, c’était plus spécialement la passementerie.

Et il y a un troisième lien : la Légende du Cochon d’Auzon. Au Moyen-Age, les Anglais assiégèrent la forteresse. Les habitants étaient affamés. Il ne restait plus qu’un cochon. Une bergère proposa de ne pas le tuer mais de l’engraisser avec ce qui restait comme maigre pitance. Ceci fait, on le laissa échapper. Le voyant débouler, rose et dodu, les Anglais s’exclamèrent : « Si leurs cochons sont si gras, c’est qu’ils ont de quoi tenir un long siège ! » Et ils décampèrent.

SA Hormis la rime, pourquoi associer charbon et cochon ?

BT Cette année, nous ouvrons la cave du Fumoir, doublant la surface d’exposition. Or, cette cave a, par le passé, servi de soute à charbon, il en restait des morceaux : ils sont exposés… L’une des histoires que racontent les maisons des environs, c’est celle des mines, dont la Taupe, entre Auzon et Sainte-Florine. Le thème du festival d’Auzon 2026 est « Couleurs, Mouvements… ». J’ai tout de suite pensé au noir du charbon. Le noir, pour certains, n’est pas une couleur, pour d’autres il les englobe toutes ; en Occident, il est plutôt négatif, ailleurs il peut être signe de puissance, positif. Le noir, comme thème, est d’une richesse infinie. J’aime la formule de Bachelard : ‘Le noir est le refuge de la couleur’. D’un point de vue artistique, la notion de ‘noir’ est inépuisable : le noir est une ‘couleur’ profonde comme la roche du promontoire sur lequel est posé notre village médiéval. Le noir est contour : à la Renaissance, il sert de fond à des portraits, fait contraste avec la peau rose des modèles européens.

SA Donc, cochon, charbon… que voit-on dans l’installation… ?

BT C’est une sorte de cabinet de curiosités… Des œuvres – et de simples ‘choses’ – éclectiques qui tournent autour de ‘Cochon Charbon’. La plasticienne Carla van der Werf, qui travaille sur le passé, la mémoire, la géologie… montre des fusains et des modelages de mineurs… L’Italien devenu arlésien Federico Dix, qui expose à Paris, Venise et Florence, montre des photos où le N/n/oir domine. En hommage aux immigrés italiens qui sont venus travailler dans les mines du coin, Odile Bat apporte des touches vives avec son interprétation en laine de la nourriture italienne. Nathalie Titeux a exécuté, en métal de récupération, un puits et, en picassiette, un cochon (elle a des antécédents célèbres : le cochon est très présent en art depuis longtemps… Rops, Koons…).

SA Vous avez expliqué d’où vient le cochon, d’où vient le charbon. Mais où se situe l’articulation entre les deux ?

BT Le noir et le rose sont deux facettes différentes d’une même réalité. N’ oublions pas les cochons noirs… les sangliers… Pour un festival que j’organisais dans le Midi, j’ai écrit le livret d’un spectacle intitulé Rose-Nègre sur l’épopée de la musique noire américaine, avec des musiques de Roland Seilhès. L’installation poursuit donc en quelque sorte un travail entamé plus tôt sur les variations des couleurs de peau. Les Indiens ne parlent pas de nous comme des Blancs, ils disent : Roses. Pour Cochon Charbon, l’articulation a jailli d’une image. Le mineur a été victime, on en a aussi fait un héros. On trouve dans les greniers des pays miniers de vieilles cartes postales en couleurs, éditées autrefois à l’occasion de la Sainte Barbe, patronne des mineurs. Ce sont manifestement des mannequins qui prennent la pose, le visage bien rose. Ces images contrastent fortement avec les représentations de mineurs entassés dans l’ascenseur ou pliés en deux, pioche à la main, couverts de poussières noires (sans parler des trieuses, souvent oubliées par l’histoire officielle des mines). Leurs visages m’ont fait penser au blackface, la tradition théâtrale qui voulait qu’un comédien blanc se grime en Noir. A sa manière, le mineur est un blackface. Et aussi esclave que le Noir de la colonisation. Voilà d’où vient le souhait d’associer cochon et charbon : on aurait pu choisir comme titre ‘la chair et le charbon’ ou ‘le rose et le noir’.

SA Le Fumoir a beau être un espace modeste et temporaire, il résonne d’associations multiples et fertiles…

BT Comme un cerveau, un univers contradictoire et mystérieux mais savamment organisé ! Et avec l’ouverture de la cave, il approche peut-être d’une vérité profonde : celle de l’esprit du lieu ? L’esprit d’Auzon ? »

 

AUZON (43) Galerie Le Fumoir