Fragment de consultation

Adam et Eve viennent au cabinet, entre eux rien ne va plus, il ne se comprennent plus. Il est question de régler des comptes, de séparer des choses et d’en partager d’autres, éventuellement…

Elle – Moi aussi j’ai besoin d’être reconnue, marre de passer pour la bonniche ! 

Lui – Mais Puce, enfin… tu crois que c’est facile pour moi d’avoir la gueule à chaque fois que je viens vers toi ?! 

Elle – Parlons-en, tu ne me regardes plus et il faudrait que je sois à ta disposition ! 

Lui – Voilà, vous comprenez ce que je vis ? Moi je ne sais plus quoi faire 

 

Dans ces moments-là j’aime bien regarder par la fenêtre…

Je pense à l’article que je dois écrire alors je demande : « C’est quoi la féminité pour vous ?»

 

Lui – c’est elle ! enfin ! regardez la. 

Elle – pff non.  Ca doit être sa mère… ou son ex ! En tout cas, moi,  je ne me vois plus vraiment féminine dans ses yeux  ! 

Lui – …vous savez elle fait toujours ça, c’est toujours à moi de me remettre en cause. 

Elle – ça c’est faux ! Il veut toujours avoir raison ! 

Lui  – vous êtes un homme vous… 

Moi  – qu’en savez vous ? 

 

Oups, j’ai été trop loin ! Une faille dans le système de compréhension du monde : d’un côté les hommes avec les trucs d’homme et de l’autre les femmes avec les trucs de femme. Et non, ça n’est pas si évident.

De quoi s’agit-il finalement ? D’une lutte de territoire ? Définitivement, je ne pense plus que les choses soient si simples. On voit ici combien il est difficile pour l’un et l’autre d’être reconnu, de reconnaitre et d’assumer en même temps cette fameuse féminité.

Si j’avais le pouvoir d’inventer le langage, je me débrouillerais pour trouver un mot pour remplacer « féminité ». Quel dommage pour notre langue que le neutre n’y existe pas ; un genre qui serait féminin ET masculin et pas ni l’un ni l’autre, quelque chose que l’on aurait à partager entre hommes et femmes ou hommes et hommes ou femmes et femmes et qui n’appartiendrait jamais complètement à qui que ce soit. Compliqué à concevoir.

Si les psy parlent de bisexualité évidemment on n’est ni dans le biologique ni dans l’instinct, même si souvent c’est à partir de ça que l’on pense.

Définir la féminité ? OK. Prenez tout ce que vous en pensez, et tout ce que vous en entendez : c’est ça. Mais surtout oubliez l’idée d’en faire un genre : le contentieux est trop lourd entre les hommes et les femmes pour que l’on puisse se permettre d’en ajouter.

Souvent abordé mais jamais conclu le sujet reste d’actualité. Toujours aussi vaste et sensible. Du coup c’est avec prudence que l’on s’y aventure. La féminité s’exprime parfois que l’on soit homme ou femme, et quand le sujet se questionne, cela ne va pas de soi.