S’affranchir du regard des autres

Le regard de nos proches, celui des êtres que nous aimons, admirons, côtoyons… nous impacte parfois de façon négative. Certains d’entre nous semblent ne pas y prêter attention tandis que d’autres sentent un regard constamment braqué sur eux, influençant leurs attitudes, leurs choix, les empêchant de s’exprimer, de se montrer, d’agir, de s’affirmer, d’être eux-mêmes… et par là même restreignant l’exploration de la multitude de possibilités offertes par la vie.

La crainte du regard des autres nous pousse à tenter de deviner ce que les autres aiment ou attendent afin de ne pas les décevoir, de leur donner une bonne image de nous. Dans ce but, nous analysons leurs expressions, comportements, paroles… en essayant de percevoir quelle idée ils se font de nous. S’ils semblent ne pas nous apprécier, alors nous croyons que c’est notre faute, que c’est nous qui ne sommes pas assez bien. Une personne nous fait un compliment ? Nous ne la croyons pas ou bien cela nous fait plaisir mais assez rapidement une voix dans notre tête nous fait douter, pourquoi me dit-elle cela ? Est-elle sincère ? Nous croyons lire dans les yeux des jugements, nous attribuons des pensées à notre égard de la part d’inconnus qui ne sont même pas conscients de notre existence… En faisant cela nous souffrons, même si la plupart du temps il ne s’agit que de suppositions de notre part.

En réalité nous ne savons rien de ce qui se passe dans la tête des autres,
et les autres sont loin de s’imaginer ce qui se passe dans la nôtre.

Comment nous en sommes arrivés là ?

Nous apprenons par mimétisme. Si nous grandissons dans un milieu où le qu’en-dira-t-on guide le comportement, nous apprenons à faire de même. Si, en plus, nous entendons les adultes autour de nous critiquer leur entourage, nous comprenons que nous serons nous aussi critiqués si nous ne répondons pas à leurs exigences.

Notre confiance en soi peut ne pas avoir été suffisamment soutenue par des parents timides ou très sensibles au regard d’autrui, mais aussi parfois par des parents trop exigeants ou autoritaires. Des blessures au niveau de notre estime de soi peuvent également être à l’origine d’une hypersensibilité au regard des autres.

à travers le regard des autres nous cherchons à nous rassurer sur notre valeur, à obtenir l’amour et la reconnaissance qui a pu nous manquer. Nous cherchons à construire notre identité, à exister à travers leur regard. Nous cherchons à être rassurés et nous avons peur, peur de voir dans leurs yeux le jugement que nous portons sur nous-mêmes.

Tout ce que nous craignons qu’ils pensent, qu’ils voient, est en réalité dans notre esprit. Quand nous ne nous apprécions pas nous-mêmes nous recherchons cette nourriture à l’extérieur et devenons esclaves de cette attente de reconnaissance.

Nous pouvons entendre dire que nous sommes tous sensibles au regard des autres, que c’est naturel et que c’est utile, que cela nous protège du chaos qui régnerait si chacun de nous ne faisait que selon ses envies sans tenir compte des autres. Personnellement, je ne trouve pas cela juste : la peur ne pourra jamais être à l’origine d’une réelle harmonie. La vraie harmonie naît de l’amour et commence en soi.

Se libérer de cette emprise

Changeons le regard que nous portons sur nous-mêmes. En observant les jugements que nous portons, envers nous comme envers les autres, et en identifiant les croyances qui les soutiennent, nous obtiendrons la clé de ce que nous avons à transformer pour nous libérer.

Arrêtons les suppositions. Comme ce que nous craignons est en réalité dans notre esprit et que nos suppositions sont une projection sur l’autre de ce que nous redoutons, nous avons tout intérêt à ne pas en faire. Apprenons à être confortables avec le fait de ne pas savoir, de ne rien contrôler.

Ramenons nos repères de l’extérieur vers l’intérieur. Questionnons nous plutôt sur ce que nous aimons vraiment, sur ce qui est important pour nous, identifions nos vraies valeurs.

A partir du moment où notre regard sur nous-mêmes est bienveillant,
celui des autres n’a plus de prise sur nous
et nous pouvons connaître la sérénité et la plénitude.