SOLIDARITÉ

Le choix de la fraternité

La liberté d’aider autrui

’L’article L 622-4* qui justifiait la pénalisation de l’aide humanitaire apportée par de simples citoyens aux personnes en situation irrégulière, ‘le délit de solidarité ‘ en quelque sorte, a été révisé le 6 juillet dernier par le Conseil Constitutionnel. C’est une réaffirmation forte du principe de fraternité de la devise républicaine :  » Il découle du principe de fraternité la liberté d’aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national »**.

 

Agir les uns envers les autres

Si les principes d’égalité et de liberté sont posés dès l’article 1 de la Déclaration des droits de L’Homme et du Citoyen de 1789, le principe de fraternité, quant à lui, n’est pas inscrit de façon aussi claire. En revanche, dans la Déclaration rédigée entre 1946 et 1948 dans le cadre des Nations Unies, il est énoncé avec force : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits (article 1). Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » (article 2)***

 

 ‘L’esprit de fraternité’

Après le choc que put être, individuellement et collectivement, l’expérience de la Seconde Guerre, c’est en termes d’obligation, et non pas simplement de liberté, que s’était imposé ‘l’esprit de fraternité’. Ratifiée à l’époque par 50 des 58 états participants, cette charte est une simple proclamation sans valeur juridique. N’empêche… J’ai noté que dans la même semaine où le délit de solidarité a été partiellement remis en cause au nom du principe de fraternité, on apprenait, le 5 juillet, le décès de Claude Lanzmann, et 5 jours auparavant, l’entrée de la sépulture de Simone Veil au Panthéon… Une belle synchronicité, car ces deux personnalités du XXème siècle, toutes deux rescapées des camps de la mort, ont su transformer leur vécu de la Shoah en une œuvre qui fait sens pour toute la communauté humaine.

 

Devoir de mémoire

Lanzmann et Veil ont œuvré, en leur temps, pour le fameux ‘devoir de mémoire’ Or, du devoir de mémoire au choix de la fraternité, il n’y a qu’un pas à faire. Mais ce pas-là, c’est un saut quantique. Nous assistons à de grands bouleversements, aux niveaux climatique, économique et humain. Ce qu’il se joue, c’est le passage d’un monde basé sur la séparation, la compétition et la lutte pour la survie, à un monde de coopération et d’unité. Nous ne pouvons pas arrêter ces changements, mais il nous appartient d’être, face à eux, non pas des spectateurs passifs, mais des êtres capables d’apporter, par leur participation, des solutions adaptées.

123rf/ mukhina1

* Cet article, le premier du Code de l’entrée et du séjour des étrangers
et du droit d’asile, stipulait : « Toute personne qui aura, par aide
directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation
ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France sera punie d’un
emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 Euros. »
** En revanche, aider les personnes en situation irrégulière sur une zone
frontalière continue d’être pénalisable, même quand l’intention est
strictement de prêter assistance, sans contrepartie aucune.
*** Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948.

 

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