STRADA a été choisi pour servir de sujet d’études à des élèves de la promo audiovisuelle 2021-2022 du GRETA du Puy, l’organisme de formation pour adultes. Leur sujet ? «  Les nouveaux medias ». Hum, Strada existe depuis 2008, alors on ne se sent pas vraiment ‘nouveau’ dans le paysage médiatique de Haute Loire. Mais on était dans les premiers à pratiquer du journalisme dit ‘de solution’, sans savoir que ce terme existait. Vous l’avez remarqué, STRADA ne s’appesantit pas sur les problèmes de notre époque, mais montre les facettes positives de l’actualité. Depuis bientôt 15 ans, nous transmettons des bonnes nouvelles et racontons des expériences inspirantes pour alléger le présent et le futur.

La vidéo réalisée par les élèves du GRETA

 

Interview de Joëlle Andreys, fondatrice du magazine, retranscription intégrale.

Pouvez vous vous présenter ?

Joëlle ANDREYS, fondatrice et rédactrice en chef de Strada. En vrai, mon métier, c’est assembleuse.
J’assemble des idées, des messages, des textes, en souhaitant transmettre quelque chose d’inspirant.

Votre parcours ? 

Le chemin n’est pas visible tout de suite, il a mis du temps à dévoiler sa trajectoire. maintenant je la vois bien.
A 20 ans j’ai accompagné des petits groupes de voyageurs au Sahara avec des touaregs, on parlait à l’époque de tourisme d’aventure, aujourd’hui on dirait tourisme solidaire.

J’ai ensuite géré 5 ans une auberge, qui était un tiers lieu avant l’heure.
Puis avec STRADA j’ai créé un media dit de solution, je ne savais que ce courant du journalisme était tout juste en train de naitre, le journalisme de solution qui montre les facettes positives de l’actualité,

Quand avez vous créé Strada ? 

Le premier numéro de STRADA est paru début  2008.
Avant de créer Strada, j’ai longtemps été commerciale et chef de publicité, je souffrais alors de ne pas me sentir à ma place et de de manquer de sens.
Alors j’ai tenté de créer quelque chose au carrefour de ce que je savais faire et de ce que j’avais envie de vivre.

Pour quelles raisons ? 

J’ai été guidée par une recherche d’éthique et d’utilité sociale. Je vis mon métier un peu comme une mission, avec l’impression de réaliser quelque chose qui a une utilité sociale et une certaine éthique.
Sans donner de leçons, sans affirmer qu’on détient la solution, nous mettons en avant des façons de vivre plus respectueuses de l’environnement et des autres.

Pourquoi le nom de Strada ?

Parce que ça sonne bien , non ? Je cherchais un nom qui signifiait le chemin, la voie… Strada, la route en italien, sonnait mieux que la caretera en patois, e occitan. 

Quel public avez vous envie de toucher ?

Tous les gens qui à leur niveau agissent sur le monde.

Quel a été le processus de création ? 

J’ai appris mon métier en lisant toute la presse magazine, pour comprendre ce qui me plaisait ou pas et voir comment elle fonctionnait. Je me suis formée, j’ai plongé dans des livres sur le journalisme et l’édition, et j’ai sollicité mes amis, mon cercle relationnel, avec des personnalités fortes et aux centres d’intérêts très divers  pour ecrire dans Strada. Et puis j’ai pris mon bâton de pèlerin pour rencontrer des entreprises et qu’elles soutiennent Strada par l’achat de publicité.
J’ai eu la chance que les messages que j’avais envie de faire passer, rencontrent un lectorat intéressé.

Si vous pouviez résumer l’esprit de strada en quelques mots ce serait… 

Humaniste, eco citoyen et résolument positif.

Combien de personnes travaillent dans les locaux de Strada ? 

Strada c’est une équipe à géométrie variable, une quinzaine de rédacteurs par numéro, une graphiste, bientôt un chargé de communication digitale, mais au bureau, quand nous n’accueillons pas de stagiaires nous sommes deux : Audrey, pour la commercialisation, et moi. En ce moment nous travaillons à Queyrieres, dans ma maison, mais bientôt nous rejoignons un cowork d’artisans, la Manufacture à Saint Germain Laprade.

Comment procédez vous pour trouver les entreprises que vous voulez voir apparaitre dans vos articles ? Est ce les entreprises qui viennent vers vous ou devez vous les contacter ?

D’abord il faut bien faire la différence entre les articles et la publicité.
>Les articles sont décidés par l’équipe de rédaction, pour mettre en avant une idée, une façon de faire originale, c’est un travail de type journalistique. Alors que la publicité des entreprises, commerçants, artisans locaux est un travail de relation et de conseil en communication.On nous appelle souvent pour avoir un article mais on ne peut pas faire plaisir à tout le monde et ce n’est pas notre vocation. On nous envoie plein d’infos aussi. Le plus souvent c’est nous qui contactons les personnes qui nous intéressent.

Savez vous si les articles dans vos magazines ont pu donner de la visibilité aux entreprises qui y sont présentées ? 

L’idée c’est que notre magazine circule de mains en mains pendant au moins 3 mois. Et c’est ce qu’il se passe. Les lecteurs le font passer à leur réseau. Selon notre dernière enquête entre les lecteurs réguliers, ceux de passages ceux du site, STRADA est lu par près de 100 000 personnes pendant au moins 3 mois.
Alors bien sûr la grande majorité de nos annonceurs sont satisfaits, et c’est pour cela qu’ils nous font confiance pour leur publicité.

Comment êtes vous rémunérés malgré le fait que le magazine soit gratuit ? 

Nous sommes une entreprise de l’économie sociale et solidaire, mais une entreprise qui doit se débrouiller pour être rentable. Nous ne percevons aucune subvention.Ce sont les annonceurs, ceux qui achètent de la publicité,  qui nous permettent de pérenniser notre activité, et aussi nos lecteurs qui se tournent vers les artisans, commerçants et entreprises locales que nous mettons en avant.

Comment choisissez vous les points de depot du magazine ? 

On trouve nos magazines chez nos annonceurs qui peuvent ainsi l’offrir à leurs clients. Nous en avons environ 300.  La plupart sont référencés sur notre site www.strada-dici.com
Vous rajoutez environ 800 points de dépôt sur toute la haute loire, beaucoup de salles d’attente pour qu’il puisse etre lu sur place par un maximum de personnes.

Quels sont vos projets d’avenir ?

J’aimerais beaucoup que le nouveau magazine Alter strada, le magazine de la transition en Loire et haute Loire rencontre son public. Il me semble que c’est un des sujets le plus important de notre époque. Le premier numéro a été bien accueilli, le deuxième numéro,  100 pages inspirantes pour préparer le monde de demain,  sera en vente chez les marchands de journaux dans quelques semaines.

Pour Strada ? Pérenniser notre activité autour d’une équipe : idéalement 4 personnes complémentaires et impliquées. C’est un peu ce que nous avons aujourd’hui et ça fonctionne bien.

Est ce le magazine Strada correspond aux attentes que vous aviez le concernant ? 

Strada a dépassé mes attentes !
Bon, au départ je pensai à créer une franchise, avec des éditions Strada dans d’autres département et ça, ça n’a pas marché. Mais l’accueil enthousiaste des lecteurs et le plaisir que j’ai a faire ce travail, vraiment j’ai de la chance.

Pourquoi avoir choisi un thème eco-citoyen et pas autre chose ? 

Je suis allée vers les thèmes qui me parlaient, qui me semblaient importants.
Aujourd’hui, je pense que nous devons anticiper la fin des énergies fossiles. Se préparer à une forme de sobriété, protéger toutes les formes de vie et se serrer les coudes. Les exemples inspirants sont plus que jamais nécessaires.