Locataire d’un appartement en ville, d’une maisonnette ou bien propriétaire d’un domaine de plusieurs hectares, il y a moyen pour tous d’aménager un petit coin de paradis dont on profitera pendant les beaux jours. Oui j’ai bien dit les beaux jours. On a tendance à se plaindre du temps qu’il fait, hiver trop long, printemps pluvieux, y’a plus d’saison ma bonne dame, il n’empêche que nous habitons dans un département extrêmement bien pourvu en terme d’ensoleillement. Avec près de 2000 heures de soleil par an, on s’en sort mieux que les 2/3 des français de métropole. Alors c’est le moment de repenser le prolongement de sa maison vers l’extérieur, le fameux in/out, le sésame des étés en plein-air réussi.

 

Chez mon amie A, une très belle perspective traverse le salon orangé, la cuisine, attiré par les fleurs champêtres du balcon, il caresse les plantes aromatiques qui poussent au soleil avant de s’envoler vers la cime des saules au loin… Nous sommes dans un appartement au Puy en Velay. Le minuscule balcon exposé au sud ne dépasse pas 3 mètres carrés. Juste la place d’installer un fauteuil confortable, et une desserte sur laquelle se pressent toutes sortes de plantes odorantes et colorées. La pause balcon chez A. a des saveurs de vacances qui enchantent tout l’appartement.

 

 

 

Chez J. le jardin est sauvage, quasi abandonné. On y entend rarement la tondeuse. Quelques planches de bois grisé dessinent un passage depuis la chambre jusqu’à un ilot d’herbes sauvages. Venus par hasard quelques marguerites et boutons d’or surgissent par bouquets. Campanules et myosotis tapissent un talus en friche sous un lilas vieillissant. Là, tendu entre deux frênes, le hamac défraîchi est une pure merveille.

 

 

 

Entre la cuisine de L. et sa terrasse, une porte-fenêtre double vitrage en pin. Toujours ouverte aux beaux jours. Un long banc est appuyé contre le mur en pierre, une longue table en teck et 10 chaises accueillent régulièrement des convives. C’est simple, mais la vue sur le paysage des sucs du Velay est époustouflante. L. dit qu’elle ne s’en lasse pas.

 

V.trouvait l’hiver trop long. Tout ce gris, ce blanc et ce marron lui plombaient le moral. Alors il a peint quelques grosses pierres du jardin en bleu pétant. On lui demande régulièrement ; ça sert à quoi ?  Comme si la couleur ne servait qu’à signifier quelque chose ou bien faire fuir des insectes dit nuisibles… Inutiles? ces morceaux de ciel posés sur la terre sont d’une folle poésie.

 

 

 

 

 

Tout ça pour vous dire que question paysage, avec pas grand chose, on peut obtenir beaucoup. Laissez vous inspirer par des bribes de jardin piochés chez les uns et les autres, ou dans votre eden imaginaire. Récupérez des souches, des branches, des pierres, des bouts de poutre en chêne, cherchez un élément de déco coloré comme une grosse poterie, achetez chez Emmaüs un fauteuil qui passera l’été dehors, et faites d’un bout de paysage ou de jardin votre rêve de nature.

 

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Pour vous, nous avons rencontré trois professionnels qui nous ont donné leurs versions de l’aménagement extérieur.

 

Prolonger la maison vers l’extérieur 

Le concept du in/out, c’est le cheval de bataille de Jacques Gaillard, artisan à Monistrol, sous l’enseigne Ici et Dehors. Depuis 2008, il commercialise et met en oeuvre du bois traité haute température, appelé aussi bois chauffé. Une longévité hors pair, une finition sobre et élégante, une bonne odeur de pain d’épice… « j’utilise là 70 % du bois chauffé pour créer des terrasses qui, aux beaux jours, doublent la surface d’un salon. J’aime les déplacements de la vie de l’intérieur vers l’extérieur. »

« Dans notre département, on peut profiter 8 mois par an d’une terrasse bien exposée, plein sud, et abritée du vent.« confirme Marc Haon, constructeur de maisons et extensions à ossature bois « en février et en mars, on a souvent mangé dehors…».

 


 

 

Privilégier les essences locales

Que ce soit le bois de construction de votre terrasse, pergola, pool house ou de vos plantations, tous les pros que nous avons rencontrés préconisent l’utilisation d’essences locales.

Coté construction, on peut penser pin, frène, épicéa : des bois qui une fois chauffés sont imputrescible. Le mélèze ne demande aucun traitement pour résister aux intempéries. On en trouve du local chez les scieurs, alors que les marchands de bois proposeront plutôt de l’importation. Le Robinier (acacia) vient généralement d’Afrique mais on nous a dit que la Roumanie élève désormais de l’acacia qui donne un beau bois rustique.

Quid des matériaux composites ? on en connait de très beaux mais il faut mettre le prix. En général, supportant mal les différences de température et d’hygrométrie, ils ne vieillissent pas très bien : « je préfère un bois légèrement déformé à du composite tordu… » conclut Marc Haon avec bon sens. 

Côté plantation, ça fait mal au coeur de voir périr un olivier centenaire parce qu’on aura voulu l’implanter chez nous, non ? Nous connaissons des hivers rudes auxquels des essences exogènes ne résisteront pas, alors évitons les caprices exotiques.

 

Faire travailler les artisans, pas les discounteurs du bricolage

Faire appel à un artisan c’est avoir une pose de qualité en plus du conseil pro et du bon produit. « Fabriquer une terrasse n’est pas très compliqué, mais le calcul de portée, le choix des sections et le respect des normes n’est pas à prendre à la légère »explique Jacques Gaillard, « même un bricoleur bien équipé peut rater son travail et être déçu du résultat. »  Echo similaire de la part de Samuel Bony, paysagiste spécialisé dans les aménagements aquatiques ( Horizon nature) : . « L’écart de prix en allant chez un discounteur du bricolage, vous le payez 3 ou 4 ans plus tard.»

 

Un mobilier mutant

On trouve aujourd’hui de plus en plus de meubles qui s’adaptent aux deux endroits, extérieur comme intérieur. Vous mettez votre salon et table basse sur roulette, et hop ! en été, il prend l’air tout comme vous de l’autre côté de la baie vitrée. Une sorte de mini transhumance des plantes et du mobilier qui évite d’hiverner le mobilier de jardin qui prend toute la place au garage, et nous rassure sur notre capacité à nous contenter de peu… du moment que la nature s’offre en grand.

On aime les toiles triangulaires de couleur qui donnent l’impression de partir en voyage.

Les pergolas  s’habillent de profusion de drapés et de coussins pour jouer à la Shéhérazade des 1001 nuits.

 

 

Chercher l’affleurement, c’est le top !

« Il vaut mieux prévoir 3 ou 4 marches pour accéder à la terrasse plutôt qu’un escalier entre la maison et la terrasse, conseille Marc Haon, dans la plupart des cas je n’hésite pas à décaisser légèrement pour obtenir une belle continuité entre l’habitation et la terrasse et garder un espace ventilé entre le sol et le bois ». 

La qualité du soubassement est primordiale pour Jacques Gaillard aussi. C’est une des premières choses à prendre en compte sur un chantier. 

 

Pool house

Auvent, pergola pour un coin repas à l’ombre, barbecue, douche intégrée, Marc Haon ne manque pas d’idées pour transformer un local technique de piscine en espace de détente grand confort.

 

un mélange subtil de minéral, de végétal et d’eau

C’est à l’harmonie autour de l’eau que l’on reconnait la patte de Samuel Bony, un paysagiste fasciné par l’élément aqueux. A 10 ans, il creuse à la pelle un trou d’une circonférence de 3 mètres, profond de 1,80 pour y élever des truites. La chasse aux sauterelles et vers de terres pour les nourrir, ainsi que l’observation du milieu l’occupait tout l’été. Aujourd’hui spécialiste des baignades naturelles, il entreprend de convaincre de l’importance et du plaisir de donner plus de vie à son jardin. Vous avez de l’eau ? il vous créera une rivière, une cascade, un étang, des berges fantastiques agrémentées d’esplanades romantiques en bois, de plantations harmonieuses, de blocs imposants de basalte ou de granit… vous ne savez pas où elle est ? avec l’aide d’un sourcier, il fera jaillir une source. Vous n’en avez pas ? ce n’est pas tout à fait exact : notre spécialiste fera circuler vos eaux de toitures dans un réseau de bassin de pierres naturelles, elles se régénéreront au contact des plantes aquatiques et seront très vite à l’origine d’un nouveau biotope : petits poissons, papillons, tourterelles, et flore endémique habiteront le point d’eau…

 

Cet enrochement naturel conçu et posé par Horizon nature du côté de saint Férréol d’Auroure donne l’impression qu’une source jaillissant du rocher alimente la piscine. La partie technique (pompe, éclairage) est invisible mais reste accessible. L’intégration de végétaux animera l’ensemble dans quelques semaines.

Nota Strada :

Plus simplement, on peut remplacer un robinet d’extérieur par une fontaine murale et un petit bassin, même sur un balcon. Il existe des kits en grande surface de bricolage.