L’avis de notre expert : Jacques Exbalin

Comme pour toute source d’énergie, il ne faut pas s’enflammer sans réfléchir aux conséquences néfastes de sa combustion dans certaines conditions

Les avantages du bois Ce combustible est largement disponible dans notre pays, la forêt s’étend, et on on pourrait même en accroître les prélèvements. On peut le stocker facilement dans une cave ou dans un abri extérieur et son coût reste très compétitif. Il s’agit d’une énergie renouvelable -si bien sûr on replante des arbres- qui n’accroît pas l’effet de serre et donc n’agit pas sur le réchauffement climatique car le gaz carbonique (CO2) qu’il dégage lors de sa combustion est celui qu’il a absorbé pendant sa croissance ou celui qu’il aurait relâché lors de sa décomposition. Alors pourquoi les feux de bois ne sont-ils pas vraiment écolos alors qu’ils permettent d’économiser des énergies fossiles ?

Inconvénients : la gueule de bois…
Et oui il faut toucher du doigt (et du bois) les désagréments dramatiques de ce type de chauffage. En effet la pollution par les particules fines peut provoquer de l’asthme, des bronchites chroniques, des troubles cardio-vasculaires, des cancers du poumon. Elle serait même à l’origine de plus de 40 000 décès prématurés dans notre hexagone ! La Commission européenne, s’appuyant sur les résultats du programme européen Carbosol*, a d’ailleurs décidé le 19 mai 2011 de poursuivre la France pour non respect des normes européennes en la matière. L’écrasante majorité des chaudières à bois (1400 chaufferies urbaines et 480 chaufferies industrielles) échappent à toute réglementation et laissent échapper, non seulement du CO2, mais aussi de la dioxine et des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) cancérigènes. Si on ajoute à cela les bûches brûlées dans des cheminées ouvertes, les vieux inserts ou poêles hors d’âge dont les rendements sont compris entre 10 et 30% et qui émettent en plus du CO2, des HAP, des goudrons, des acides, des poussières et de l’oxyde de carbone, pas de quoi faire feu de tout bois devant la cheminée.

Ne pas rester de bois…
Alors faudrait-il se priver d’un bon feu de cheminée pour rester écolo ? Relativisons. Des particules fines proviennent aussi des moteurs diésel sans filtres à particules, des incinérateurs et de l’industrie. Raisonnablement, on peut utiliser une cheminée à foyer fermé, un poêle à bois avec un rendement de plus de 70% et surtout brûler du bois bien sec qui dégage beaucoup moins de polluants.

Bonne tisane devant le feu et n’oubliez pas le miel et les gâteaux bios…

Jacques Exbalin, ancien instituteur, originaire de Coucouron, est l’auteur du livre « le réchauffement climatique à la portée de tous » aux éditions l’Harmattan avec une préface de Yann Arthus Bertrand Illustré par de nombreuses photos en couleur, des cartes, des schémas et des dessins c’est un ouvrage agréable à lire, grace auquel on comprend aisément les causes du réchauffement mais surtout ses conséquences dans le monde et dans la France de 2011.

 

*Les résultats du programme européen carbosol sont éloquents : la combustion du bois, des branchages et des feuilles dans les cheminées des particuliers, les jardins et les champs, est responsable en hiver de 50 à 70% des émissions de particules carbonées en Europe