Une aventure surprenante !

Au début du XXe siècle, la tuberculose pulmonaire est un fléau. Pour lutter contre le bacille de Koch (bacille qui meurt à la lumière et à l’air), des sanatoriums particuliers sont créés : ils sont conçus en fonction du climat, de l’ensoleillement, de la qualité de l’air et de la lumière, et sont protégés du nord. Largement ouverts au sud, un peu à l’est et à l’ouest,  ils sont dotés de larges balcons de cure sur lesquels les malades devaient prendre la lumière mais pas le soleil, grâce à de grandes avancées de toit. Les architectes créent des fenêtres de plus de deux mètres de haut et calculent l’angle du chéneau en façade sud en fonction de la course du soleil. Ils prévoient aussi des protections contre l’ensoleillement excessif à l’aide de feuillus, surtout à l’ouest : c’est la naissance de la médecine bioclimatique.

Pour lire la suite des articles, cliquer sur les trois points suivants

Ces bâtiments sont à l’origine d’une inspiration architecturale dite « bioclimatique »

A l’usage, les occupants se rendent vite compte qu’un bâtiment bioclimatique, en plus d’éradiquer le bacille de Koch, est un bâtiment agréable à vivre et économe en énergie. Poussant l’analyse plus loin, les plus valeureux parviennent à réaliser ce que l’on nomme une « maison passive », c’est-à-dire une maison chauffée passivement par les seuls apports du soleil. Pour cela, en plus des données bioclimatiques, il convient de réaliser une sorte de « thermos » vitré au sud et bien ventilé. Combinée à une très forte isolation, la maison passive se passe de système de chauffage et de climatisation, tout en conservant un bon confort thermique.

Une maison passive : une maison chauffée passivement par les seuls apports du soleil. Un « thermos » vitré au sud et bien ventilé – © jharela – Fotolia.com

Six règles d’or pour un résultat incroyable :

un maximum de vitrage au sud, peu à l’est et à l’ouest et pas du tout au nord ni en toiture ;

utilisation du triple vitrage, avec menuiseries isolées ;

une isolation thermique renforcée : coefficient de résistance thermique R de 10 en toiture, 7,7 pour les murs et les soubassements (soit entre 30 et 40 cm d’épaisseur d’un bon isolant)et 1,25 en vitrage  ;

des matériaux de masse, face aux apports solaires, qui permettent de stocker les calories ;

une ventilation économe et de qualité, de type VMC double flux et basse consommation, qui peut être couplée à un puits canadien (système qui utilise la température constante de la terre à une certaine profondeur pour tempérer l’air ambiant suivant les saisons) ;

une irréprochable étanchéité à l’air du système constructif


énergie primaire <ou égale à 15 kWh/m2/an (chauffage, production d’eau chaude, ventilation, climatisation…)

+ énergie secondaire < ou égale à 120 kWh/m2/an (éclairage, électroménager, bureautique, domotique, électronique…)

=    maison passive

Labels Minergie et Effinergie, démarche HQE

Le concept de maison passive a été développé en Allemagne au Passivhaus Institut de Darmstad. A ce jour, nos voisins Suisses, avec les labels Minergie, Minergie Plus et Minergie Eco poussent encore plus loin les performances de la maison passive : 12 kWh/m2/an avec des matériaux écologiques et avec un surcoût maîtrisé. La France, bien qu’en retard sur le sujet (la réglementation thermique en cours vise 85 kWh/m2/an), tente de réagir depuis quelques années, notamment via la démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) qui incite à une consommation maximale en énergie primaire de 65 kWh/m2/an. Ces efforts sont insuffisants, d’autant que, dans les faits, ils sont rarement respectés car jamais vérifiés, pas même par les DPE (Diagnostiques Performances Energie). Aussi, en 2006, un collectif de professionnels français du bâtiment s’est créé pour élaborer un label BBC (Bâtiment Basse Consommation). Ce label fait maintenant référence sous l’appellation « Effinergie » et impose une consommation des bâtiments en énergie primaire variant de 40 à 60 kWh/m2/an, selon les conditions atmosphériques des sites d’implantation des bâtiments. Ce label est l’objectif à atteindre pour les constructions dès… 2010 !

Une maison passive est donc une maison très économique en énergie : 200 l de fuel suffisent pour chauffer une maison passive pendant 1 an en Haute-Loire. Aussi, même si le prix au m2 d’une maison passive est souvent supérieur à celui d’une maison conventionnelle, c’est dans le temps que l’on y gagne : une cuve de 2 000 l pleine de fuel chauffe une maison passive pendant 10 ans ! Faire le choix d’une maison passive, c’est donc affirmer par les actes que « l’énergie la moins chère, l’énergie la plus renouvelable est celle que l’on ne consomme pas ! ».

Norbert Fauvet, association ACCENT : Accent est une association dont le but est de former et d’informer pour un habitat sain,économique et écologique.

Formations à Yssingeaux :

« Modules constructifs : neuf et rénovation », les 4 et 5 avril 2009.

« Bioclimatisme et thermie d’une maison individuelle », les 16 et 17 mai 2009.

« Les matériaux de construction et d’éco-construction », les 13 et 14 juin

Association Accent – Chanoux 43140 RETOURNAC -Tél/fax : 04 71 58 43 81 – Site http://asso.accent.free.fr