L’empathie pour survivre

Des scientifiques nous alertent : nous pourrions tous être morts d’ici 40 ans. Pourquoi ? A cause des activités prédatrices de l’homme, qui serait responsable de la 6ème extinction de masse de l’histoire de la Terre. Pour autant, on ne fait rien. Certes, pour ceux qui ont plus de 40 ans, la fin de la vie sur Terre coïnciderait avec une vieillesse bien avancée. Mais pour les plus jeunes, pour nos enfants ? Pourquoi continuons-nous d’agir et de consommer comme si de rien n’était ?

Nous serions naturellement conditionnés à rechercher des bénéfices à court terme. Une question de chimie du cerveau, explique Sébastien Bohler dans son livre Le bug humain. Cette inclinaison pour le ‘tout, tout de suite’ nous a permis de survivre pendant des millénaires, trouver de la nourriture ou un abri générant une satisfaction immédiate et un flux de dopamine, neurotransmetteur du plaisir. Ce n’est que récemment dans l’histoire de l’humanité que nous sommes devenus capables de planifier des actions dans le futur, passant d’un mode ‘survie’ à l’invention de l’élevage et de l’agriculture, supportant par exemple des études astreignantes en prévision d’une vie professionnelle prometteuse. Mais en ce qui concerne la vision à plus long terme, comme l’avenir de l’humanité, on peut dire qu’on est mauvais. Très mauvais.

Heureusement, nous avons encore la capacité d’entrainer notre cerveau à réagir différemment. Regardons par exemple du côté du Danemark. Dès l’école primaire, les enfants apprennent à lire les émotions sur les expressions du visage, à les nommer, à se mettre à la place de l’autre. En grandissant, ils prennent plaisir à des gestes protecteurs et solidaires. L’empathie serait-elle une solution pour créer un monde meilleur et par là même échapper au désastre écologique ? Si c’est le cas, alors j’ai une bonne nouvelle pour vous.
Nous ne sommes pas trop vieux pour développer notre potentiel d’ouverture aux autres, hors de l’école. Le cinéma, la lecture et toutes les activités sociales accroissent l’intelligence émotionnelle. Alors lisez, allez voir un film, sortez au théâtre, au concert, rencontrez du monde.

Accroitre sa considération pour les autres n’est pas une injonction morale, mais peut-être une nécessité vitale.