Lilli Green et Preston Ribnick, consultants américains auprès de structures de santé, étaient en Haute Loire début mars pour recueillir les avis des personnes habitant à proximité d’éoliennes, sur le site d’Ally, de Coren La Fageole (15) et de Freycenet la Tour. Après avoir traversé l’Australie et la Nouvelle Zélande les voici en Europe, multipliant les interviews de personnes touchées par le syndrome éolien. « Nous nous battons pour la santé, pour la sécurité et la protection des gens. Partout où nous sommes passés, les gens que nous avons rencontrés disent la même chose. Ils emploient les mêmes termes pour parler de ce qui affecte leur sommeil, leur santé, et les oblige un jour à quitter leur maison. »

Appelons un chat, un chat. Sous l’appellation de parc éolien, il s’agit en fait de sites industriels en passe d’être construits dans nos campagnes. Des études en contradiction totale avec le discours rassurant des promoteurs de l’industrie éolienne émergent dans le monde. Le médecin Nina Pierpont affirmait déjà en 2008 « oui, le bruit et les vibrations des éoliennes tripales actuelles engendrent effectivement des problèmes médicaux». A noter que depuis son étude, les éoliennes ont tendance à s’élever de plus en plus haut, et à devenir de plus en plus puissantes. Nicole Lachat, biologiste docteur es sciences, rappelle dans son dossier de juin 2011 qu’il est largement admis qu’ « en plus des sons de différentes fréquences, les turbines à vent industrielles émettent des infrasons qui sont parfois détectables à plusieurs kilomètres ». Ces infrasons sont pour la très grande majorité de la population, «inaudibles mais nocifs». Et pour certains ils sont audibles au point de les rendre très malades.

Mais ce qui semble évident pour les chercheurs de tout bord n’est pourtant pas pris en compte dans les études préalables à l’implantation de nouveaux sites éoliens. Alors que le Plan Régional Energie Climat vient d’être présenté, avec comme objectif la diversification des sources d’énergies non fossiles (qui passe forcément par la multiplication de sites éoliens), voilà des informations qui nous dérangent. Est-ce parce qu’il n’est pas socialement correct de contredire une solution qui semblait aller dans le sens du développement durable ? ou bien parce qu’il est encore plus difficile de poser franchement cette question : combien de personnes sont-elles victimes du syndrome éolien et sommes nous prêts à sacrifier leur santé au nom du développement durable ?

Pragmatique, l’épidémiologiste Henri Delolme est membre du bureau de l’Association de Protection des Paysages des Mazeaux de Riotord et de son homologue du Mézenc l’APPEM, et dans ce cadre, se trouve confronté à des projets d’implantations lourdes d’éolien. «40 à 50 hectares de la forêt de Taillard pourraient disparaitre». D’autres tentatives d’industrialisation seraient en cours sur la Communauté de communes des Sucs, et aux environs du Puy-en-Velay.  « Nous ne sommes pas des opposants farouches à l’éolien mais nous ne sommes pas d’accord sur le choix des lieux d’implantation qui troublent la vie quotidienne des habitants et détruit les paysages naturels », et de rappeler que «dans le Plan Régional Energie Climat il est stipulé que les projets doivent être fait en concertation. » Espérons que cette année ce ne seront pas uniquement les arguments des promoteurs industriels qui seront entendus…

 

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