Dans la nouvelle salle du Sourire Intérieur d‘Echo Nature à Aiguilhe, une bonne dizaine d’associations se retrouvent chaque semaine pour des pratiques que l’on pourrait qualifier de bien-être. Parmi celles-ci nous avons été surpris par la quantité d’offre d’ateliers autour des pratiques de méditation.

Certains sont reliés à une école de bouddhisme, une sangha – avec un maitre issu d’une lignée et dont les enseignants continuent eux-mêmes de recevoir un enseignement.  D’autres ont une approche plus personnelle. Quelque soit leur courant de référence, les enseignants prennent à coeur leur mission de transmission.

Leurs objectifs communs : rendre accessible leur pratique pour permettre à tous une transformation intérieure vers plus de paix interieure, plus de liberté, plus de joie.

BOUDDHA  Petite histoire d’un grand homme  Au VIème siècle avant JC, dans la région du Terai népalais actuel, Siddhartha Gautama, un guerrier aristocrate de 29 ans, quitte le confort de son palais pour l’ascèse. Par la méditation, il atteint l’illumination, la compréhension totale de la nature et des causes de la souffrance humaine, ce qu’on appelle aussi la bodhi, d’où son nom de bouddha. Il passe ensuite sa vie à enseigner ce qu’il a découvert, notamment dans les provinces nord est de l’Inde. Le courant spirituel dont il sera à l’origine diffère des religions dans le sens où il n’y a pas d’adoration d’un être supérieur, pas de dieu. Pour les bouddhistes, chaque homme possède la nature du bouddha, chaque être peut atteindre l’éveil, et sortir des états de souffrance.

 

 

Méditation dans la pleine conscience du moment présent avec Seunam   

Seunam, c‘est le nom tibétain que lui a donné son maitre et qui signifie « activité bénéfique, mérite ». Après une retraite traditionnelle de bouddhisme tibétain de 3 ans, 3 mois, 3 jours elle a vécu en retraite pendant 18 ans. Pourquoi ? Qu’est ce qui peut donc conduire une toute jeune femme à s’isoler de la société ? « parce que j’aimais la méditation ! « Pour Seunam il n’est pas question d’isolement, bien au contraire. Avec un regard enfantin, joyeux, dune sorte de contentement naturel, elle affirme que ce travail mental conduit à une grande ouverture sur les autres et ajoute « avec la méditation j’ai plus d’espace pour vivre ». Les séances qu’elle encadre visent à ce que « les gens connaissent leur esprit pour mieux maitriser ce qui leur arrive dans la vie, gagner en bien être, acquérir des connaissances.  C’est fondamental pour être heureux  ! » « Nous sommes un potentiel de perfection, nous avons une sagesse innée, universelle, spontanée, immanente ; avec la méditation nous allons à la rencontre de sa prime sagesse. »Une heure par semaine pour trouver des points de repères, différencier la pensée des émotions, reconnaitre la conscience depuis l’intérieur et trouver sa liberté. les vendredis de 15h à 16h00. 04 71 01 00 73

La Sangha de l’inter-être  avec Una Perier  _ Méditation  zen

«J’ai rencontré l’enseignement de Thich Nhat Hanh, «toucher la vie»  alors que je me trouvais en plein questionnement sur la finitude. Cela m’a donné du sens là ou je voyais de l’absurde, et j’ai alors pratiqué la pleine conscience du moment.» On connait Una Périer en tant qu’artiste, elle anime par ailleurs l’Atelier d’Aida (voir page 39, n°18). On peut lire dans cette double activité le même besoin de recherche, et le désir d’avancer sur un chemin qui se dévoile dans l’ici et le maintenant. Peu attirée par le bouddhisme tibétain, trop ritualisé à son gôut, Una suit l’enseignement du maître bouddhiste zen et poète Thich Nhat Hanh, et vous propose de partager sa pratique.  « Pratiquer la pleine conscience, c’est ramener corps et esprit vers le moment présent ici et maintenant car la vie n’est accessible que dans le moment présent»« on se fortifie en revenant à l’observation de soi même, de sa respiration. La pratique de la pleine conscience c’est cet entre-deux, cet aller-retour entre l’absence et la présence à ce que l’on est en train de faire. Petit à petit on l’applique à la vie quotidienne. Ca devient naturel.»Méditation zen. Pratique du son de la cloche, méditation guidée, méditation marchée, méditation assise, selon la tradition du Vénérable Thich Nhat Hanh _ les vendredis de 19 h 30 à 21h00. Tel : 06 12 76 02 56 –

KTT 43 _ bouddhisme tibétain 

Le KTT,  est un lieu de rencontre d’étude et de médiation dans la pure tradition du bouddhisme tibétain, rattaché à la lignée Karma Kagyu, elle-même incarnée par un maitre : Trinlé Thayé Dordjé.  Chaque semaine, ont lieu des séances de méditations guidées, en groupe. On y recherche le calme mental. On apprend à mieux se connaitre, à comprendre comment chaque être humain fonctionne, pour se transformer. « C’est une voie qui mène vers plus de compréhension de soi et des autres, vers plus d’ouverture, plus de tolérance, plus de respect. » Maurice Perrussel, qui accompagne parfois les groupes du méditation du mardi à Aiguilhe, nous explique comment se déroule une séance : « Nous pratiquons, assis sur un coussin, trois séquences de 10 à 15 mn pendant lesquelles on laisse aller les pensées, sans les retenir, ni les nourrir, elles s’effacent et s’apaisent peu à peu. Puis nous faisons la méditation de Tchenrezi, un grand maitre du bouddhisme. Elle consiste en la lecture d’un texte en tibétain avec un autre moment de méditation et la récitation d’un mantra (une formule que l’on répète plusieurs fois.)» Un livret d’une cinquantaine de pages réunit ces textes en tibétain et leur traduction française. Le KTT invite des lamas à s’exprimer en conférence publique sur des thèmes comme La quête du sens de la vie – Qu’est ce que le « lacher priser » ? –  S’adapter à la réalité… , suivie le lendemain matin par une initiation à la méditation ouverte à tous puis un week end d’enseignement pour les pratiquants du dharma. « des enseignements qui concernent tous ceux qui cherchent un art de vivre et une compréhension profonde du monde de l’esprit.»Séances  de méditations chaque mardi de 18h30 à 19h30  KTT 43 Maurice Perrussel :  04 71 02 71 12

Méditation et cheminement intérieur  _ Le groupe Antahkarana 

La caractéristique de ce groupe c’est qu’il n’est affilié ni à une école, ni à un maitre, ni à un courant de pensée. Quatre personnes qui méditaient ensemble depuis une dizaine d’années ont eu l’envie de faire partager les bienfaits que la pratique leur apportait dans leur vie quotidienne. On les sent investis d’une mission de transmettre, sincère et généreuse, qu’ils prennent très au sérieux. Comme quelque chose d’essentiel dans leur vie, «qui mène à plus d’ouverture aux autres, plus d’amour ».« Nous voulions proposer quelque chose le plus ouvert possible, ou chacun puisse trouver des outils et utiliser ce qu’il a lui-même trouvé sur le chemin déjà parcouru » raconte Marie-Christine. Par souci de ne heurter aucune conviction, aucune croyance, Babeth, Cécile, Christophe et Marie-Christine passent deux années de réflexion pour laisser émerger ce qui leur semble être « des fondamentaux des enseignements de sagesse », sans qu’ils ne soient colorés par une tradition. Ils choisissent le nom d’Antahkarana qui signifie «pont» plus précisément « un chemin entre la personnalité du quotidien et un niveau de conscience plus subtil ».  Comment se passe une séance de méditation Antahkarana ? « Nous nous réunissons tous les 4 une fois par mois pour réfléchir à ce que l’on va proposer mais la trame est identique d’une séance à l’autre.»  La voici. Assis dos droit (sur un coussin ou une chaise, au choix) on fait quelques mouvements préparatoires, comme une phase de transition, un sas entre l’activité de la journée et ce temps où l’on sera centré sur notre vie intérieure. Yeux fermés ou mi-clos, on focalise l’attention. D’abord on prend conscience de son immobilité, ensuite de certaines parties du corps, puis on passe à l’observation de sa respiration. Cela se passe en silence, entrecoupé de quelques mots qui guident la séance, permettent de ramener l’attention si elle s’échappe. Un travail particulier est porté sur les émotions. A partir d’un événement de la journée que l’on décortique on cherche à différencier l’émotion du sentiment, à la nommer, en soi, on l’observe de l’extérieur, on retrouve le contexte, la durée, comment on s’est sorti de cette émotion.Enfin, chacun choisit une pensée qui l’inspire et y reste quelques instants. Cela lui permet de s’ouvrir à l’énergie ou la divinité qui lui convient, dans le respect profond de sa religion. Le guide évoque l’intention de partage pour que soit diffusée la paix intérieure ou le bienfait que l’on a ressenti.A la fin de la séance, après quelques mouvements qui ramènent la conscience, on échange si on le souhaite sur le vécu de sa pratique.

Cet atelier de méditation accueille un public en demande diverses, comme la recherche de techniques de développement personnel, pour règler des problèmes existentiels, relationnels, émotionnels, ou bien en quête de spiritualité. «Petit à petit on constate qu’une pratique quotidienne amène quelque chose. C’est un peu comme la goutte d’eau qui creuse le rocher, on a l’impression qu’il ne se passe rien mais c’est un travail en profondeur, très subtil.» Les lundis de 18h15 à 19h15 et  les jeudis soirs pour les plus anciens. Christophe Bodin Tél. : 04 71 03 79 54

A LIRE  : Toucher la vie  de Thich Nhat Hanh, maître bouddhiste zen vietnamien, militant pour la paix, philosophe, écrivain et poète, fondateur du Village des Pruniers. Ed. J’ai lu 

Paroles entendues
Maurice – C’est la lecture d’ouvrages trouvés dans la bibliothèque de mon groupe de yoga qui m’a fait connaître le bouddhisme et m’a amené à la pratique de la méditation.
Christine – J’aime méditer, mais c’est pas mon truc de réciter des mantras…
Julie – Malgré la disparité des pratiques de bien-être, ou des pratiques dites spirituelles, j’ai l’impression que l’on recherche tous la même chose, et qu’il existe un alphabet commun de sagesse.

À propos du coût « La question financière ne doit pas être un obstacle à votre venue » lit-on sur la brochure du KTT. Même écho dans les autres groupes de pratique : « on est là pour transmettre, pas pour recevoir de l’argent ». Avec environ 10 euros par mois, on adhère à une association, on participe aux frais de la salle et à l’assurance.

Le lieu Les pratiques que nous avons évoquées ont lieu à la Salle du Sourire Intérieur mise à disposition d’associations par la Biocoop Écho Nature, 36, Route de Roderie à Aiguilhe. En cours de rénovation elle devrait être ouverte au 1er octobre. D’autres pratiques bien-être y sont proposées.

Autres pratiques : À Monistrol sur Loire, le moine zen Dat Phan, guide un Atelier de la Pleine conscience à Cocotteminute et Papotages. Tél. : 09 54 27 49 45 Dans des pratiques comme le chi kong, le yoga et le khi dao on focalise l’attention sur un mouvement, une posture, la respiration. Cela s’apparente à des techniques de méditation mais dans lesquelles on attache beaucoup plus d’importance au corps dans l’espace.

Petit véhicule, grand véhicule et véhicule admantin Le bouddhisme est constitué de trois niveaux d’enseignements que l’on appelle les trois véhicules. Ils correspondent à une voie progressive adaptée aux différentes capacités des pratiquants. Le véhicule de base, « véhicule des auditeurs »propose une  recherche pour soi-même une libération définitive de toute souffrance. « Le grand véhicule ou Mahayana apporte une conception beaucoup plus vaste de l’éveil puisqu’ ici , il s’agit de la recherche de la  libération pour  tous les êtres.  Le  Vajrayana ou  « véhicule adamantin » propose des moyens habiles permettant d’inclure la  totalité du champ de l’expérience humaine. En fait chaque véhicule intègre le précédent en  apportant une optique plus large. ( definition du KTT)