Les toits de chaume autour du Mézenc… on sait à quoi ça ressemble, on les a vus sur les cartes postales, dans les livres sur le patrimoine rural. Mais des toitures en chaume on en voit plus beaucoup, des chaumiers encore moins, un métier où le savoir faire se transmet sur les toits pentus des chaumières, pas d’école, pas de diplôme mais une solide connaissance technique. J’ai eu la chance de rencontrer Pierre Gimbert. Chaumier. Comment vous présenter Pierre ? Un mélange de bonhomie, de solide bon sens, une certaine philosophie de la vie l’âge aidant (66 ans). Finie la course sur les chantiers, il prend le temps de s’arrêter pour parler avec les uns, les autres, voisins ou promeneurs intrigués qui posent souvent les mêmes questions. Pierre Gimbert habite Moudeyres, petite commune du Mézenc et en ce moment il rénove la toiture d’une grange en chaume à Bigorre.

Faire ou rénover un toit de chaume ne s’improvise pas. C’est tout un savoir faire depuis la sélection de la paille de seigle, la fabrication des différents types de cloissoux (ou clouassous), la technique de pose. Il faut torsader quelques brins pour faire un lien qui permettra d’attacher le cloissou à la charpente tout en le rendant solidaire du cloissou précédent, sans parler du faîtage qui nécessite une pause particulière. Ce savoir faire, Pierre l’a acquis en travaillant avec Isidore, Isidore Boyer décédé en 1994, un homme qui faisait référence dans la région et dont le sérieux et la qualité du travail étaient connus de tous. Quand Pierre Gimbert évoque son métier, il est rare que dans la conversation le nom d’Isidore ne revienne plusieurs fois.

Dans un an le petit-fils de Pierre aura 18 ans, il aura passé son CAP de maçon et peut-être reprendrat- il l’affaire du grand-père. Pierre joue donc les prolongations, repousse son départ à la retraite. J’imagine aisément avec quel bonheur il transmettra tous les savoir-faire, toutes les ficelles du métier.

Légendes 
1 – On enlève les vieilles chaumes.
2 – Les cloissoux (petites bottes, fagots) sont fabriqués pendant l’hiver avec une paille de seigle que Pierre Gimbert fait venir spécialement de la région de Dijon.
3 – Les cloissoux du faîtage sont divisés en deux, posés à cheval et attachés les uns aux autres avec un fil de fer.
4 – Quelques brins vont être torsadés…
5 – Pour former un lien qui va permettre d’attacher le cloissou sur la charpente et au cloissou voisin.
6 – Sous l’oeil attentif de son épouse Lucette et d’Yvette, la fille d’Isidore.
7 – La pause, l’occasion d’échanger avec les gens de passage.
8 – Ses toits de chaume, Pierre les termine par une dame, une façon particulière de poser les derniers cloissoux du faîtage, en hommage à son ami Isidore qui a « inventé » cette technique

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