« La mycothérapie est à la mycologie ce qu’est la phytothérapie à la botanique »

 

Je connais les champignons depuis près de 40 ans. Jeune, je les ramassais avec mon grand père et mon père pour leurs qualités gustatives. Cèpes, Girolles, Charbonnier, Canaris, Rosée des prés… faisaient partie des espèces que nous préparions pour les déguster.
Plus tard, pendant mes études de pharmacie, j’ai appris à différencier les espèces comestibles des espèces toxiques voire mortelles. Récemment, lors de mes recherches en naturopathie et grâce à mon amie E. Brouillat, j’ai découvert le livre d’Alain Tardiff sur la mycothérapie. La mycothérapie est à la mycologie ce qu’est la phytothérapie à la botanique.
Mon regard sur les champignons en a été modifié. Ils n’entraient plus dans la catégorie des comestibles ou des mortels, mais prenaient leur place dans les médecines alternatives.

Michel PORTAL, pharmacien, association Champignons en Meygal.

Le shiitake

Plus qu’un champignon, un médicament

Un champignon a retenu ma curiosité, le Shiitake – Lentinula edodes. Shii’ fait référence au nom japonais du chêne sur lequel il pousse, et take signifie champignon.

Le Shiitake est originaire d’Asie, on l’appelle également ‘lentin du chêne’ et c’est un des champignons les plus cultivés au monde et très présent dans les cuisines chinoise, coréenne et nippone. On retrouve des traces de son utilisation sous la dynastie Ming (1368-1644) comme stimulant et fortifiant. En France, on le consomme sous forme de compléments alimentaires frais, séchés ou en gélules de poudre.

On lui prête des propriétés fortifiantes, immunitaires et hypocholestérolémiante. Par contre il peut provoquer des réactions allergiques de type toxidermie (lésions cutanées).

 

La culture du shiitaké en Meygal

Avec Alexandre, un ami qui se reconnaitra, nous avons décidé de tester la culture du Shiitaké dans le Meygal. Nous avons expérimenté plusieurs méthodes.

La première, prometteuse, consiste à inséminer du mycelium sur des rondins de bois de bouleau et de hêtre d’une vingtaine de centimètres de diamètre. Nous avons percé des trous dans les rondins pour qu’ils accueillent des chevilles de bois durs ensemencées de mycelium du lentin.

Une autre méthode s’appuie sur la réalisation d’un compost de paille et sciure de bois dur pasteurisée, ensemencé par le mycelium du shiitake. Celle-ci n’a pas fonctionné.

Nous allons tester une autre technique dans les prochains mois. Nous utiliserons un compost à base de très fine sciure de bois dur.

Quelque soit la méthode choisie, un choc thermique est nécessaire pour déclencher la fructification du champignon. C’est pourquoi nous avons trempé nos rondins dans une eau froide. Nous espérons bien récolter le shiitake sur rondin dans les prochains mois.

 

Une idée de recette originale à réaliser chez soi avec des shiitaké: sushi-aux-shitake sur strada-dici.com

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