« Bienvenue aux personnes en marche, à ceux qui savent que la vie frémit hors des sentiers battus, aux chercheurs de beauté, aux incorruptibles poètes, à ceux qui écoutent leurs désirs plus que leurs peurs, à ceux qui se laissent mener par le bout du cœur »

Ainsi débute le blog d’Evelaine LOCHU, poétesse marcheuse au cœur grand ouvert et plein d’espérances. Elle m’a donné rendez-vous à la Cathédrale du Puy en Velay vers 19h, il fait déjà nuit lorsqu’elle arrive à l’étape, mais elle est illuminée de l’intérieur par les beautés des paysages et la lumière des gens qu’elle a rencontrés.

Le détonateur : Charlie
Les rassemblements citoyens autour de Charlie en début d’année l’ont fait s’interroger sur le bien-fondé des paroles de la Marseillaise : chanter ce sillon qui s’abreuve de sang ne lui est pas possible. Elle en parle autour d’elle, écrit une pétition, recueille des signatures qu’elle va porter à l’Elysée, à l’Assemblée nationale, au Ministère de l’éducation. Les politiques ne la prennent pas au sérieux ? Qu’importe. Elle ira explorer la part d’humanité des personnes qu’elle rencontrera sur le chemin entre Saint Malo et Marseille.

Tous les jours elle marche, le soir, elle s’arrête et discute.
Le contraste entre son image de « personne normale » (instit, la quarantaine) et son action – marcher 3 mois de sa vie pour faire vivre la fraternité – suscite la curiosité et enclenche des discussions autour de la question des valeurs. Quand la glace est brisée, elle demande l’hospitalité, époustouflée par l’accueil qu’elle reçoit. « Les gens n’attendent que ça :
casser les préjugés pour aller vers l’écoute, l’ouverture, la confiance, l’échange. » Tout se passe comme s’il existait une aspiration profonde en chacun à plus de fraternité. Chaque rencontre lui confirme que sa marche est juste.

La paix, c’est ma culture
Au presque bout de sa diagonale, alors qu’Evelaine atteint les calanques de Cassis, les attentats terribles du 13 novembre fauchent sa joie, sèment du doute dans le sillon, tout contre ses graines de fraternité. « J’ai vécu cette longue marche comme un cadeau quotidien. Chaque personne rencontrée m’a offert une part de son trésor, richesse que j’ai à mon tour redistribuée via le blog. Terminer cette grande aventure humaine sur fond d’attentats est un choc terrible. Mais malgré la tristesse et un grand abattement, j’ai dans le cœur la joie profonde d’avoir versé une goutte d’eau dans le grand incendie du monde. »

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L’anagramme de fraternité

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le Blog d’Evelaine : www.creuserlesillon.canalblog.com