Grey wolf standing on a rock in a forest environment

On croyait le loup totalement disparu du Massif central… les persécutions des XVIIIe et XIXe siècles, dues à la distribution de primes, avaient facilité son éradication. Le voici qui repointe le bout de ses oreilles.

Certains spécialistes s’accordent à dire que le loup gris, dont la présence était établie jusque dans les années 1930-1940 en Lozère et dans la Creuse, aurait survécu en pays de la bête du Gévaudan.
Une espèce de loup sauvage nous vient du pays de Romulus et Rémus. En 1987, des loups avaient été tués à Fontan, dans le Mercantour : leur origine italienne ne faisait aucun doute, reconnaissable par les lignes noires sur l’avant des pattes, caractéristiques de d’un ADN qui ne se retrouve nulle part ailleurs dans le monde. Le loup italien – Canis lupus italicus – est un loup de petite taille, en comparaison de certains loups qui existaient sur notre territoire du Massif central dans les années 40. De nouveau, en 1992, des loups semblables ont été tués dans les Hautes Alpes. La première observation a été faite en vallon des Molières en 1992 par des gardes du Parc national du Mercantour.
Depuis l’estimation des populations lupines reste compliquée pour une espèce aussi mobile : entre 250 et 300 individus en France, quelques individus dans le Massif central, et aucune meute vraiment installée, en tout cas jusqu’en 2014.

En Allemagne de l’Est se pointe le loup polonais…

Le retour du loup, un accueil mitigé
Sur le plan touristique et naturaliste, le retour du loup est plutôt bien perçu. Cet hiver, en faisant une balade dans le Sud de la Haute-Loire, j’ai rencontré des locaux qui, me voyant observer, m’ont raconté que beaucoup de personnes viennent se balader sur les traces du loup et que certains gîtes faisaient le plein grâce à cette clientèle. Par contre, du côté des éleveurs, le son de cloche n’est pas le même : ils sont directement concernés par le retour du loup et cela remet en cause leur système de fonctionnement (dû à l’absence de prédateurs pendant près de cinq ans).

Le loup a une alimentation dopportuniste, du cerf au campagnol
Les proies favorites du loup sont le chevreuil, bien présent chez nous, ainsi que le cerf. Dans les alpes, il se nourrit de mouflons et de chamois. En Espagne, par endroits, les sangliers sont sa proie favorite. Le loup est un opportuniste qui se nourrit de la nourriture sauvage qu’il trouve sur place alors pourquoi pas des sangliers très présents en Cévennes, et des nombreuses marmottes du Mézenc et du Cantal, ce qui ne déplairait pas aux agriculteurs.

Les moyens de protection des troupeaux
Pour l’instant, le loup s’attaque essentiellement aux brebis et aux chèvres, mais des cas de prédation ont aussi été constatés sur des bovins et des équins, en particulier les jeunes. Pour les protéger des attaques, on les parque avec des clôtures d1m50 de haut ou bien on les rentre à la bergerie la nuit. Le jour, des patous (grands chiens de protection) montent la garde. Pendant les transhumances, la présence des bergers est nécessaire, l’idéal serait d’avoir un berger pour 500 bêtes maximum, ce qui est rarement le cas, car trop onéreux. La plupart du temps, ces moyens de protection sont financés par l’Etat, puisque le loup est protégé par la loi de 1976.
Le loup n’est pas le seul à causer des ennuis aux troupeaux, En 2014 une bergerie vers Salettes (43) a été attaquée par des chiens errants alors qu’on pensait au loup qui avait sévi quelques jours auparavant à Pradelles. Début 2015, de nombreuses attaques de chiens errants ont eu lieu dans le Haut Vivarais vers Saint-Bonnet-le-Froid. Les moyens mis en œuvre pour se protéger du loup pourraient être transposés aux chiens errants.

Partir en quête du loup
Il faut beaucoup de patience et de temps pour réussir à observer le loup car il reste très rare même dans les pays où il semble commun (Roumanie, Italie, Espagne, pays des Balkans). La plupart du temps, on ne trouve que ses traces, comme cela m’est arrivé cet hiver 2014-2015 dans la montagne ardéchoise  et dans le Vercors.

Olivier PUTZ

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Precisions

Sur le territoire italien comme en Espagne le loup gris n’a jamais disparu,  même si les effectifs étaient tombés très bas dans les années 1960, moins d’une centaine d’individus. Il restait alors deux noyaux, dans les Abruzzes et la région de Florence. De là, le loup a rejoint petit à petit la France : D’après une carte de répartition de l’espèce en 1898, le loup gris était présent dans le Limousin et de la Haute-Loire à l’Allier, la Champagne-Ardenne et des reliquats de population dans les Alpes du Sud, l’Ouest des Pyrénées, le Centre, la Bretagne. Dans les années 30-40, il était en Lozère et dans la Creuse.

L’indemnisation des éleveurs en cas d’attaques de loup
La citation de MA  Les bêtes tuées et les effets collatéraux sont pris en compte (avortements, stress du troupeau, bêtes perdues) et sont très correctement indemnisés. Il faut savoir que sur mille têtes, cent bêtes sont réformées pour fabriquer de la viande kacher et halal et des croquettes pour animaux. Elles sont alors payées 2 € le kilo. Alors qu’en cas d’attaque par le loup, elles sont payées 2,50 € le kilo.

Le suivi de l’espèce  est effectué à l’aide de relevé de traces, d’écoute de hurlements. Pour déceler le nombre de loups, on fait souvent appel à des volontaires du réseau loup et dans certains cas par l’ONCFS

Le loup, protégé ? « Le loup n’est de facto plus une espèce protégée si on le chasse»

L’actualité de la loi :
Le loup est dans en liste rouge comme espèce vulnérable. La Convention de Berne classe le loup dans l’annexe2  et le comité de la Convention de Berne a adopté une recommandation pour la protection du loup en Europe. La Directive Habitats du 21 mai 1992 liste le loup à l’annexe 2 et à l’annexe 4 à l’exception de la population de loups, au sud du 39° longitude et en Espagne au nord de la riviéré Duero. Le parlement européen a approuvé le 24 janvier 1989 une résolution visant à mettre en place les structures pour la conservation du loup dans tous les états membres de l’union européenne et encourage la Commission européenne de faire un effort financier pour soutenir la conservation du loup.

Sites et publications :
www.faune-auvergne.org
www.ferus.fr
Plusieurs associations de protection de la nature ont publié sur Internet un fascicule intitulé : « Loup, pour en finir avec les contre-vérités sur le pastoralisme et sur la chasse ». http://www.ferus.fr/wp-content/uploads/2012/12/ddpLoupSFEPM_dec2012-1.pdf
le Réseau loup-lynx pour avoir les dernières nouvelles sur l’espèce
ww.oncfs.gouv.fr/Le-Reseau-Loup-Lynx-ru100

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Fiche d’identité du loup (canis lupus)

Il fait partie des canidés Le loup est à l’origine de toutes les races de chiens actuelles, il existe 15 sous-espèces de loups en Eurasie. En Europe il est présent sur 25 pays mais surtout en Roumanie (2500 individus), la Bulgarie (1000 individus), l’Espagne (2000 à 2500 individus), l’Italie (1000 individus au moins). Il pése de 15 à 60 kg suivant les pays , les loups du sud sont plus petit que ceux du nord , le loup italien pèse entre 25 et 40 kg, la longueur du loup est de 100 cm à 150 cm et une hauteur de 50 à 80 cm. La couleur du pelage dépend de la mue et de l’âge: les jeunes sont gris, les adultes tirent sur le roux. Les loups sont des coureurs de fond et dans la neige ils se suivent en file indienne posant leurs pattes dans les traces de celui qui les précède pour économiser de l’énergie et d’une manière rectiligne(contrairement au chien). Ses empreintes sont quasiment impossibles à différencier de celles du chien il possède un bon odorat (chaque loup a sa propre odeur), une bonne vue et une bonne ouïe. Une mâchoire bien plus puissantes que celle du chien. Une meute a besoin d’un vaste territoire 10000 à 20000 ha et peut s’adapter à n’importe quel milieu du moment où il y a de la faune sauvage, l’effectif de la meute dépend de la disponibilité en proies, s’il ya peu de proies la meute comprendra un seul couple. En général le loup s’attaque aux espèces sauvages les plus nombreuses (exemple en Ardèche le sanglier et le chevreuil et en Lozère de belles populations de cerf élaphes (80% du département)) il s’attaque pas que aux ongulés mais aussi aux micromammiféres(rats,campagnols) il a été programmé pour chasser les proies qui ont développé une stratégie de fuite(voila pourquoi il peut faire des dégâts sur des bêtes non protégés ou gardés qui adopte la fuite à l’image des brebis).il vit 13 ans dans la nature.La structure sociale d’une meute comprend en moyenne 2 à 10 loups: un couple Alpha, un mâle Bêta de second rang qui peut se reproduire avec la femelle Alpha, des jeunes et des louveteaux où règne une hiérarchie bien définie.Le rut a lieu entre janvier et avril et se reproduit qu’une fois par an et comprend 1 à 6 petits. Une meute est plus stable avec des individus mûrs qu’avec des jeunes.

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Quel avenir ?

Une cohabitation à réinventer
La cohabitation entre le loup et l’homme n’est pas toujours facile même si des exemples comme les Appennins en Italie où sur 100000 ha vivent 10 meutes et plusieurs milliers d’ovins avec peu de dégâts et donc moins d’indemnités du à une protection des troupeaux surtout mis en place depuis des dizaines d’années car le loup n’a jamais disparu de ces lieux.

Pour un pastoralisme aménagé, conscient de la présence du loup 
Loup et faune domestique peuvent cohabiter. Par exemple en organisant  du gardiennage de troupeaux, en faisant notamment appel aux chiens de berger, comme les patous ou les matins des Alpes. Mais, malheureusement, beaucoup d’éleveurs ne veulent pas coopérer car ils ne sont pas favorables au retour du loup. L’association a monté le projet ‘pastoraloup’. ( il s’agit de bénévoles formés au gardiennage des troupeaux  pour soutenir les bergers ou éleveurs avec leurs accords mais pas pour les remplacer)

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Le bilan des observateurs du loup

Nous sommes allés interroger les instances et les associations compétentes sur la présence du loup. Relativisons, le loup n’est pas la bête du Gévaudan, et il existe des solutions pour que hommes, troupeaux et loups cohabitent en paix.

ONCFS (Office national de la chasse et de la Faune sauvage) en Haute Loire. Peu de données à l’heure actuelle. Rien de bien probant si ce n’est des attaques proches de celles du chien dans les Grands Causses (Aveyron) et un loup tué par accident (notamment en 2013 prés de Millau qui ne semble pas être un des loups lozériens tout proche (preuve ADN). Par contre le loup semble bien installé en Ardèche et en Lozère.

L’Association pour la protection des animaux sauvages, ASPAS, basée sur la Drôme « 250 à 300 loups comptabilisés sur l’ensemble du territoire français, c’est infime. »

Quelles sont les actions menées par l’ASPAS par rapport au loup ?
ASPAS  L’association mène des campagnes de sensibilisation sur l’espèce dans les écoles et lors de conférences grand public. Ensuite, elle mène des actions juridiques dans le cas de destructions d’espèces protégées, comme c’est le cas du loup à l’heure actuelle, et notamment, récemment, avec l’ouverture de la chasse au loup autorisée par l’Etat.
Que pensez-vous de la réintroduction de loup, en France et peut-être en Auvergne ?
ASPAS   On a envie d’imputer la faute à quelqu’un ! Le loup était présent bien avant les premières observations des années 1990 sur le côté italien, dans le secteur de Gênes.
Sachant qu’un loup peut parcourir 50 km en une nuit, l’ animal peut s’être rapidement disséminé sur le territoire et avoir rejoint le Mercantour de cette manière-là, les Hautes Alpes, la Drôme et par la suite le Massif Central même si les obstacles sont nombreux.(Autoroutes ,ligne TGV)
Combien de loups dénombre-t-on en France ? 
ASPAS  L’association se base sur les comptages effectués par les gardes de l’ONCFS qui donnent une population comprise entre 250 et 300 loups. Sur l’ensemble du territoire français, c’est évidemment infime. Depuis l’ouverture de la chasse au loup, nous préférons rester très discrets sur l’espèce, nous transmettons le minimum de données pour mieux la proteger

Groupe mammalogique d’Auvergne (GMA) connaissance et protection des mammiféres – Charles Lemarchand
En Auvergne, des preuves du retour du loup depuis 1997
 Depuis quand y a-t-il des observations de loup en Auvergne ?
GMA  La première donnée du retour de l’espèce date de 1997. Un loup a été tué par une voiture au Lioran, dans le Cantal. En 1999, dans le Puy-de-Dôme, un loup a été tiré par un éleveur qui l’avait pris pour un chien. Rien jusqu’en 2008. Ensuite, dans les Monts du Cantal, près du Puy Mary, observation d’un loup (crottes et poils trouvés), il a été filmé près de la brèche de Roland en 2008(1), et photographié en décembre 2008. On n’a constaté que peu d’attaques sur des bêtes domestiques (2). Le loup a été retrouvé en 2012 sur le Mont Lozère (PNC) grâce à l’ADN.(ADN du loup trouvé sur des indices par le réseau loup les mêmes que le loup du cantal).  En janvier 2013, observation et photos prises dans le Sancy mais pas d’attaques constatées. A l’heure actuelle, nous n’avons aucune donnée de reproduction même si c’est probable que nous en ayons dans le futur. Nous avons des données éparses dans le sud de l’Auvergne, un cas suspecté de braconnage, mais pour l’heure on est en manque de preuves.
Quel est l’impact du loup sur les troupeaux ovins ?
GMA  Les brebis meurent surtout d’autres causes. S’il y a 5 à 7 000 brebis tuées par le loup ou suspectées d’être tuées par du loup par an (on parle de pertes attribuées « au loup non exclu »), c’est infiniment moins que les 300 000 à 400 000 brebis qui meurent d’autres façons : chiens errants, maladies, aléas climatiques, etc…

Direction Départementale du Territoire Ardèche, Jérôme Dumont, chargé de mission Loup Collaboration avec l’ONCFS pour le suivi du loup sur le terrain notamment.
Nous avons noté la présence du loup depuis juin 2012 avec photos à l’appui (ci-dessous). Aux dernières nouvelles 2013 nous sommes sûr d’avoir repéré  un loup entre l’Ardèche et la Lozère, dans le massif du Tanargue, aux  sources  de l’Allier.
Le réseau a organisé des sorties sur le terrain en quête de l’animal. En général il y a une formation organisée par le réseau loup créé à l’apparition du loup en France en 1992 pour les professionnels: ONCFS, Lieutenant de Louveterie et pour les bénévoles volontaires : naturalistes, chasseurs. Les sorties ont lieu souvent l’hiver pour repérer les traces de l’animal(poils,crottes, empreintes, voies de circulation)

Alliance avec les loups, Cette association de Langogne (48) milite pour la connaissance et la transparence sur le sujet du loup, et pour une coexistence de l’homme et l’animal. 
Manoël Atman animateur« Nous pistons le loup depuis 2 ans « 
Pour vous, quelle est la présence du loup en Massif central ?
Manoël Atman  Nous pistons le loup depuis deux ans, on suppose qu’il y a une petite meute qui va du lac de Charpal aux gorges de la Loire et bien sûr les gorges de l’Allier (à ce propos, nous avons eu une attaque de brebis à Fontannes près de Langogne). On suppose fortement également la présence d’une meute entre le Mézenc au Sud et le Forez au Nord, et une autre entre les sources de la Loire au Massif du Tanargue (confirmé par la DDT pour le Tanargue pour un individu, mais pas de meute). La Haute-Loire sera moins touchée que la Lozère par exemple par les attaques car les élevages de moutons ne sont pas intensifs et, en général, il y a rarement des attaques sur les bovins et équins. Récemment, grâce à des amis, j’ai pu constater la présence d’une meute sur le Gard où le loup ne semble pas présent officiellement. Dans ce département il y a peu d’attaques sur les ovins car le loup se nourrit de sangliers – ou plutôt de cochongliers – en surnombre sur le territoire des Cévennes
« Le loup a un rôle positif sur la forêt »
MA  Le loup a un rôle positif sur l’équilibre écologique de la forêt. Il oblige les ongulés à se déplacer, ce qui permet d’éviter des dégâts comme la destruction des berges constituées de ripisylves – dont les ongulés raffolent – Les racines  de ces plantes permettent de lutter contre la pollution et leur ombrage favorise la faune aquatique, notamment piscicole.
Le loup joue un rôle sur les charognards qui profitent de l’aubaine lorsqu’il reste des proies peu consommées (exemple : le vautour fauve équarrisseur naturel). Concernant les dernières décisions gouvernementales autorisant le tir de 24 loups, je pense que si on le chasse ou qu’on le braconne, on démantèle une meute et donc il se dispersera davantage et cela ne règlera en rien le problème.
Pour protéger les troupeaux, nous proposons « Le camping au troupeau » qui consiste à éviter les attaques de loup par la présence de l’homme campant près du troupeau, et ceci en accord avec l’éleveur qui signe un contrat avec l’association (ce qui n’est pas toujours facile par pression d’autres éleveurs parfois).

Parc National des Cévennes (PNC)(Gard-Lozère) Thierry Dayet, chargé de mission Faune Loup, a aussi travaillé sur le suivi du loup dans les Alpes
Nous sommes certains d’une présence sporadique du loup
Depuis quand y a-t-il du loup en ? Et où en est-on ?
Thierry Dayet : grâce aux analyses génétiques, nous sommes certains d’une présence du loup sans preuve de reproduction dans le PNC depuis 2006 et jusqu’au printemps-hiver 2012. Nous avons  constaté une installation durable sur le Causse Méjean et au Mont Lozère.*  et sa présence sur le Causse Sauveterre depuis 2013. Sinon depuis le debut de l’année c’est calme dans la zone Méjean, Sauveterre et Mont Lozère, nous avons peu d’indices,les attaques ressemblent à celles du chien. Par contre, nous avons la confirmation de la présence du loup en Margeride (châteauneuf de randon) et les sources de l’Allier ( région de Luc) limitrophe avec l’Ardèche.
Contact avec un des responsables du Parc du Gévaudan vers ste Lucie en Lozére (parc dédié au loups) (situé à l’ouest de la Margeride au portes de l’Aubrac où un couple de loups avaient été repérer il y a 3 à 4 ans dont la femelle venait du Queyras HTE ALPES (prouvé par l’ADN).Depuis il n’y a plus qu’un seul loup photographié en mai 2013 vers la forêt d’Aubrac récemment aussi il y a eu une attaque à Aumont Aubrac mais sans preuve que ce soit le loup.

Fédération de chasse (FDC)Ardéche,  Michel Dumes chargé du loup.
Mise en évidence à partir d’analyses d’urines et de traces
Que pouvez vous me dire sur la présence du  loup en Ardèche?
Depuis trois ans, il existe une zone de présence dans le secteur Tanargue qui va du col de la Chavade à Luc.Il a été mis en évidence, début mars, à partir de traces, la présence d’au moins deux loups ( la voie toujours en ligne droite se coupe en deux)(voir fiche d’identité du loup).Des analyses d’urine trouvées dans le secteur (Tanargue) auparavant ont confirmé que c’est le loup. Une autre observation a été faite vers Andance, dans la vallée du Rhône non loin de présence du loup côté Drôme.

NATURE HAUTE LOIRE (Philippe Cochet, président) association de protection de la nature 
« Nous sommes plutôt favorables au loup car il n y a pas de véritables prédateurs sur notre territoire et de plus en plus de problèmes liés au sanglier où en Italie le loup, en meute évidement, est friand de l’espèce ,c’est bon pour la biodiversité car cela permet l’équilibre naturel(proies prédateurs), nous sommes aussi favorables au retour du chamois (des projets de réintroduction existent en Ardèche) et à la préservation du cerf dont la fécondité est plus faible que pour le sanglier et les dégâts sur la forêt (chamois en particulier) peu important et ce qui est un moyen d’éviter la multiplication des attaques sur les troupeaux par le loup. »

Confédération paysanne (Jean-Yves Bouix éléveur agriculteur, Espalem) A propos du loup, nous entendons ménager la chèvre et le chou.
Nous sommes en  train de travailler avec la Commission européenne pour changer la Convention de Berne sur la protection de l’animal. Nous voulons obtenir le droit de prélever plus d’animaux, tout en faisant attention à ne pas faire n’importe quoi, notamment à ne pas détruire le chef de meute  ce qui risquerait de faire éclater les populations et d’aggraver le problème, notamment en dispersant les jeunes loups. Néanmoins, tuer le loup reste difficile. Dans les Alpes, en général, ce sont les lieutenants de louvèterie qui se postent pour tirer le loup mais souvent c’est un échec et le lendemain le loup revient et commet des dégâts sur le troupeau. Dans les Alpes toujours, un ami éleveur de chèvres a eu la moitié de son troupeau décimé, il a fait une dépression et a mis la clé sous la porte. Si l’administration ne fait rien, la situation risque de se dégrader pour les éleveurs… et nous ne sommes pas là pour nourrir les loups … ». Sur la présence dans le secteur de l’allagnon rien de concret pour l’instant.

Guillaume Vincent, éleveur ovins à Cellier de Luc (15 km de langogne, Zone de Présence Permanente loup Ardèche  ) Il fût l’un des premiers éleveurs dont le troupeau a subi des attaques et a participé au premier stage du réseau loup Ardèche. Le patou, protecteur des troupeaux
Chez moi, grâce à mes 6 chiens patous des pyrénées, le loup ne s’aventure pas à l’intérieur de la clôture. Les éduquer pour monter la garde m’a demandé beaucoup de travail, mais pour l’instant, cela fonctionne, je n’ai pas de problèmes avec le loup.
Des collègues éleveurs à Lanarce, Le Plagnal, Saint Alban en Montagne ont subi des attaques sur des veaux et des poulains de quelques jours , depuis ils ont aussi des patous. Même si on reçoit des indemnités en cas d’attaques de loups, on n’est pas là pour nourrir les loups mais pour vivre de notre travail.

L’Association pour la protection des animaux sauvages, ASPAS, basée sur la Drôme,
L‘autorisation de la chasse au loup est une mesure punitive qui ne résoudra pas le problème des éleveurs. Il serait préférable de développer les moyens de défense.(chiens de protections, ânes ou mulets qui défendent bien les brebis, parc de protection de bonne hauteur etc…).

 FEDERATION DE CHASSE Ardéche,  Michel Dumes chargé du loup.
Le tir à l’approche
Nous sommes pour éviter le développement de meutes qui poserait davantage de problèmes et nous sommes là pour soutenir les éleveurs. La méthode la plus efficace si nous devions le chasser serait le tir à l’approche sur poste là où il y a des attaques, en général la nuit par les lieutenants de louveterie, seuls habilités à effectuer ces tirs de nuit.Les lieutenants de louveterie existent depuis Charlemagne en 813 pour protéger les villageois des loups. Aujourd’hui ce sont des bénévoles assermentés.

Ils ont vu le loup

Docteur Gallo, vétérinaire en Haute Loire – Je suis quasi-certain que c’était un loup, je l’ai observé non loin de Rosières (Haute Loire) lors d’une tournée de nuit du côté de St Julien-du-Pinet, dans les phares de ma voiture, en décembre 2012.

Guillaume Vincent, éleveur ovins à Cellier de Luc (15 km de langogne, Zone Présence Permanente  loup Ardéche  ) Il fût un des premiers à subir des attaques, il l’a vu également prés de   son troupeau et plus récemment… – Je l’ai vu au mois de juin 2013 à 1 h du matin, non loin de chez un collègue qui a eu des attaques peu après.

Olivier Putz : bénévole réseau loup, naturaliste  J’ai découvert en décembre 2012, non loin de Saint Enimie en Lozère, un cadavre de mouflon mâle en partie dévoré (avec peau retournée – style chaussettes – ) au fond d’une doline (cuvette formée par effondrement dû à la présence d’une grotte en zone calcaire). C’est caractéristique d’une attaque de loup confirmé par la suite comme proche du loup(PNC , Réseau loup). Au pied du Peyre Arse (Monts du Cantal) en hiver 2009-2010 j’ai découvert d’un chamois en partie dévoré et je l’ai signalé à l’ONCFS.

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Espérons malgré tout que le loup italien ne subira pas le même sort que son ancêtre même si le développement de l’espèce laisse peu d’espoir ( création en 2014 en Lozère du Cercle, un groupe d’éleveurs opposés au retour du prédateur). Personnellement, j’envisage de m’investir pour mieux le suivre, notamment en Ardèche.

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