Michel Urban, persuadé que le langage n’a pu naitre autrement que par les sons, a essayé de comprendre comment on a pu créer des mots à partir des sons. Son analyse et ses conclusions bouleversent les savoirs actuels. C’est un sujet un peu ardu pour des personnes non habituées à la réflexion de type universitaire, mais nous avons décidé malgré tout de vous faire part de cette théorie sur la naissance du langage parce qu’elle est totalement novatrice, et que son découvreur est ponot !
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Michel Paul URBAN, auteur de « Le langage humain et ses origines » Ed.l’Harmattan

 

 

 

 

 

 

Génèse d’une découverte  Michel Urban fut un temps directeur de l’ex Pensionnat Notre Dame de France. Alsacien, il avait écrit un ouvrage sur la toponymie des lieux de sa région. Il a étudié et enseigné les lettres, mais d’autant qu’il se souvienne, c’est dès le collège qu’il s’est interrogé sur le fonctionnement des langues. Pourquoi utiliser tel mot plutôt qu’un autre ? La raison ne se trouve pas dans les langues anciennes… Alors que faire ? Remonter plus de 2000 ans en arrière pour sonder les premières langues ? Peu de traces écrites et aucune trace sonore ne permet ce travail.

Au commencement était le son  Dans un chapitre dédié aux perspectives ethnolinguistiques, Michel Urban reprend les premiers mots de la Bible, de la Genèse, traduit en français par  « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre (…) Dieu dit (… ) et le (..) fut.«, traduit en latin par In principio, en hébreu par berechit. Si au lieu de voir ici une signification chronologique, on lisait ici le «principe premier»  ? C’est à dire le développement logique à la place du développement chronologique ? Cette interrogation l’inspire, ouvre des perspectives. Michel Urban décide donc de changer de méthode d’analyse. Au lieu de s’intéresser aux mots, il fouille la structure et déterre les sons de leur gangue. Il démontre qu’il est possible d’isoler partout les mêmes bases phoniques !

Comment nait un son ? L’utilisation des dents, des lèvres, de la langue, de la gorge produisent des sons différents. Par l’impression qu’ils procurent, ils vont donner un sens. (Ecouter l’interview). Tout se passe comme si chaque son, correspondait a des catégories de sens, à des champs conceptuels différents. On peut imaginer que les premiers hommes ont transposés,  au cours de leur évolution, ces sons différentiateurs à des éléments de la nature, puis à des objets. Michel Urban prouve, à partir de nombreuses racines toponymiques des langues indo européennes, que son interprétation fonctionne. C’est une approche plausible, logique du langage. Des professeurs d’université ont d’ailleurs déjà fait des retours très encourageants sur son travail de recherche.

Et pour nous qu’est ce que cela change ? Saurons nous demander un café dans toutes les langues du monde ?  La théorie de Michel Urban ne nous l’apprend pas, mais beaucoup d’exemples illustrent son propos, par ailleurs écrit dans une langue belle et fluide. Le ch(u)t par exemple, semble universel ; le « chhh « qui passe à travers (les dents) et le « ttt » qui coupe…

 

Le langage humain et ses origines  Capture d’écran 2015-09-12 à 16.58.38
de Michel Paul URBAN
Ed. l’Harmattan