Est-ce un bien, est-ce un mal ? ou «La rose est sans pourquoi»*

Des événements qui nous arrivent, on a tendance à tirer des conclusions hâtives. A faire des tris à la hache, du style : ça, ce n’est pas une bonne nouvelle, mais ça, c’est génial ! Or, je ne vais pas vous surprendre en vous disant que ce n’est pas aussi simple. Le monde ne se divise pas en deux catégories.

La bonne nouvelle d’un jour s’avère une plaie le jour suivant : on peut se réjouir qu’on nous amène une récolte de champignons, et pâtir le lendemain de ce que V. ne nous ait pas averti qu’il ne savait pas reconnaitre un bolet à pied rouge d’un bolet satan. Mais que se passe-t-il le sur-lendemain ?

L’indigestion de Boletus Satanas vous a empêché de vous rendre au bureau. Ca tombe bien, c’était justement le jour ou Mme Michu a amené son vin de sureau pour remercier l’équipe ; la bouteille a explosé avant qu’on ne la goûte, et Juliette s’est pris le bouchon dans l’oeil. C’aurait pu être vous. Aux services des urgences, elle a fait la connaissance de Roméo, il venait de chuter de vélo en tentant d’éviter un hérisson. Et depuis ? ils vivent le parfait amour…

Mieux vaut donc prendre les choses comme elles viennent, avec philosophie.

Quand on se met à étudier la suite d’événements qui fait qu’une chose se produit, on se rend compte du potentiel infini à l’oeuvre dans la nature. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets (le bouchon dans l’oeil de Juliette est à l’origine d’un bel hématome) il est pourtant impossible de connaitre toutes les forces en jeu (le hérisson qui traverse la route…) Alors comment voudrions nous réussir à juger de l’influence positive ou négative d’une indigestion de champignons ? On aurait peut-être intérêt à faire plus confiance à l’imprévisible et à la nouveauté. Et puisque rien ne se produit sans que l’univers entier ne soit à l’ouvrage, cet été, j’ai bien envie de le laisser se débrouiller un peu tout seul, l’univers.

*«La rose est sans pourquoi » Heidegger (non, ce n'est pas Heidegger, mais Angelus Silesius)