Connaissance de soi, ETRE BIEN
Le 24 mars 2026
Une manière singulière d’être au monde
Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais “trop”.
Trop intense, trop rapide, trop sensible, trop investie.
Alors j’ai fait ce que beaucoup font : j’ai essayé de me lisser, de m’adapter, de rentrer dans un rythme qui ne m’appartenait pas vraiment. Jusqu’au jour où, à travers mon quotidien et celui de ma famille, j’ai compris quelque chose de simple : ce que l’on appelle aujourd’hui la neuroatypie — ces fonctionnements un peu différents comme le TDAH, les troubles dys, l’autisme ou d’autres fonctionnements cognitifs singuliers — n’est pas forcément un problème à corriger.
C’est d’abord une manière singulière d’être au monde.
Et non, ce n’est pas toujours un trouble. Parfois oui, parfois non. Tout dépend de l’impact que cela a sur la vie professionnelle, relationnelle et personnelle.
Ce que je vois souvent, en revanche, ce sont des personnes qui s’épuisent à vouloir fonctionner “comme il faudrait”.
Arrêter de lutter contre soi
La vraie bascule ne vient pas d’un diagnostic ou d’une étiquette. Elle vient du moment où l’on se demande : Comment je peux travailler avec mon fonctionnement plutôt que contre lui ?
Car la neuroatypie peut aussi être une force incroyable : capacité d’hyperfocus, créativité, pensée rapide, sensibilité relationnelle… à condition d’apprendre à réguler son énergie.
Quelques ajustements simples peuvent déjà changer beaucoup :
Penser en cycles plutôt qu’en journées linéaires
Les pics d’énergie existent. Les creux aussi. Les respecter évite bien des saturations.
Penser en rétroplanning et séquencer les étapes
Partir du résultat final, découper en micro-étapes visibles et concrètes aide à éviter la surcharge mentale et à maintenir la motivation sans se perdre dans l’ampleur de la tâche.
Sortir le mental de sa tête
Écrire, visualiser, poser les idées à l’extérieur soulage immédiatement la charge cognitive.
Simplifier les interactions
Clarifier ce qui est attendu, oser demander des cadres précis : moins de flou, moins de fatigue invisible.
Créer ses propres régulateurs
Marcher cinq minutes, s’isoler brièvement, respirer profondément… ce ne sont pas des pauses “en trop”, ce sont des ajustements nécessaires.
Petit à petit, on cesse de se voir comme “inadapté·e” et on commence à exploiter ses forces autrement : plus de performance, mais surtout plus de plaisir.

Quand l’accompagnement devient utile
Pour certaines personnes, la neuroatypie peut aussi générer de vraies difficultés. En Haute-Loire, plusieurs structures-ressources existent pour les adultes.
Liste des structures-ressources
- Cap Emploi 43 : accompagnement vers le maintien dans l’emploi, l’adaptation du poste ou la reconversion professionnelle en cas de handicap ou de fragilité de santé.
- Services de santé au travail (AIST 43) : prévention de l’usure professionnelle, aménagements possibles du poste avec le médecin du travail.
- Centre Médico Psychologiques – pôle adulte – Centre Hospitalier Sainte-Marie : consultations en santé mentale, suivi psychologique ou psychiatrique dans un cadre public.
- CRA Auvergne (Centre Ressources Autisme) : structure médico-sociale dédiée à l’appui au diagnostic et à l’accompagnement des personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme (écoute, conseil, information, formation, orientation…).
- SAVS / SAMSAH (ASEA 43) : services d’accompagnement à la vie sociale pour adultes en situation de handicap, avec un soutien dans l’organisation du quotidien, les démarches et l’autonomie.
- GEM (Groupes d’Entraide Mutuelle) : lieux d’échange entre pairs favorisant le lien social et le soutien mutuel, hors cadre de soin.
Parce que chaque parcours est unique, on peut aussi se rapprocher de professionnels de santé et/ou de l’accompagnement (psychiatres, psychologues, neuropsychologues, ergothérapeutes, coachs spécialisés…). Ils vous aideront à mieux comprendre votre fonctionnement et à ajuster votre équilibre personnel et professionnel.
Cette liste reste bien sûr non exhaustive : si vous connaissez d’autres ressources utiles pour les adultes en Haute-Loire, n’hésitez pas à les partager avec l’équipe Strada afin d’enrichir les repères accessibles à tous.
Travailler avec sa neuro-atypie, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre en s’épuisant.
C’est apprendre à se connaître pour avancer autrement.
Posté par Léticia GRANGER