Régis Servant nous a contacté au printemps dernier pour nous présenter son projet d’application. Elle rejoint le motto de STRADA “Consommer mieux et local ». Sous le charme, on lui a prété notre nom et l’appli est devenue STRADA MIAM. Elle met en valeur les produits locaux, permet d’acheter en circuit court et favorise les rencontres avec le monde paysan.

Entretien avec le créateur de l’appli.

Avec STRADA Miam, tout le monde y gagne. les gens du coin. Les producteurs et ceux qui découvre la Haute Loire

Entretien

STRADA Ton lien avec la Haute-Loire ? 

Régis Servant : Je ne vivais pas en permanence en Haute-Loire, j’y ai de la famille, quelques amis de mon adolescence. Ma mère, âgée, avait besoin de voir son fils, je savais que c’était important pour elle d’autant plus que ma soeur repartait au Japon. C’était le premier confinement. Babeth s’est retrouvée bloquée au pays du soleil levant, et moi à Brives, dans la maison familiale. Je venais de vivre 5 ans en Turquie dans un appartement qui ne m’appartenait pas ; j’avais envie de m’occuper concrètement. J’ai pris quatre moutons, un chien, une ruche et 5 000 abeilles et je me suis mis au potager. C’était la première fois que je voyais vraiment le printemps. J’ai préparé des plants, les ai observé grandir, médusé, émerveillé… L’expérience s’est arrêtée là : une fois en terre, mes plants n’ont rien donné, mais ce printemps fut extraordinaire de beauté et de découvertes.

STRADA Et cest au printemps que tu as eu l’idée de créer une application pour mettre en lien les producteurs locaux et leurs clients ? 

R.S. : En France, on parle tout le temps de « bouffe », mais avec une conscience environnementale. Il est question de la qualité de ce que l’on mange, mais aussi de la façon dont on a découvert le produit et le producteur, et de sa proximité. Ne pas polluer en transportant inutilement des denrées, c’est l’expression de mon radinisme auvergnat : j’ai horreur du gaspillage !

J’ai imaginé une application avec trois entrées :

– Les produits : on choisit parmi légumes, viandes, miel, fromages, boissons… jusqu’aux escargots, et hygiène/santé ( savonnerie, huiles essentielles…) ;

  • Les lieux de ventes : marchés, AMAP, magasins de proximité, de producteurs, les drive… ;
  • Une carte géographique : des pictogrammes représentent les produits sur leurs lieux de vente directe.

On se rend compte aujourd’hui plus que jamais depuis l’apparition de la COVID que les contacts sociaux sont essentiels.  

Pourquoi avoir contacté Strada ? 

Quand j’ai découvert ce magazine, j’ai d’abord cru qu’il était réalisé par des communicants parisiens tombés sous le charme de la Haute-Loire, et qu’il devait y avoir d’autres STRADA sur d’autres territoires. Quand j’ai appris qu’il était entièrement réalisé en Haute-Loire, artisanalement, par des gens d’ici, alors j’ai compris que ce département avait changé. J’ai posé un nouveau regard sur le pays et j’ai pris conscience de mon attachement très fort pour ce lieu. Que tu m’aies autorisé à utiliser le nom de Strada m’a donné une caution. J’ai initié le développement de l’appli en avril, et j’enrichissais la base de données avec les premiers producteurs dès juillet.

Les producteurs donnent une texture au pays pas seulement une décoration pour touristes

Quel est le public que tu penses toucher avec STRADA MIAM ?

L’intérêt de l’application, c’est qu’elle rend service à différents profils. Au final, tout le monde y gagne :

  • Les gens du coin qui vont trouver des produits en direct ou en circuits courts à côté de chez eux ;
  • Les producteurs qui vendent en direct vont trouver de nouveaux clients, leur faire connaitre leur façon de travailler
  • Ceux qui découvrent la Haute-Loire vont pouvoir échanger avec des gens du pays.

On se rend compte, aujourd’hui plus que jamais depuis l’apparition de la COVID, que les contacts sociaux sont essentiels. En cherchant des producteurs, j’ai rencontré des personnes extraordinaires, certains habitent dans des décors incroyables, ont une vie plutôt solitaire, ils sont dans des rapports simples et directs avec la nature et avec les gens. Ils donnent une texture au pays, pas seulement une décoration pour touristes. Aujourd’hui les producteurs sont aussi transformateurs et commerçants. Leur inventivité est sans limite.

La découverte de territoires est importante pour toi. Le nom de ta structure est Terristoria. 

Quand je voyage, j’ai conscience de passer à côté de merveilles dont je ne sais rien, juste de grands panneaux marron au bord des grandes routes, du genre « Terre de châteaux, « Terre des Justes »… J’ai créé un guide audio pour découvrir le patrimoine naturel et culturel. Terristoria se télécharge gratuitement sur les stores. A ce jour, je crois que j’ai référencé 6 000 points d’intérêt dans le monde entier. L’audio se déclenche automatiquement quand on passe à proximité.

 Donc tu tes fait plaisir ? 

Oui, mais Terristoria a eu l’aide financière du Ministère de la Culture et de la Région Nord Pasde Calais, c’est motivant.

Et pour Strada Miam, quelle aide as-tu reçue ? 

Pour l’instant, zéro aide publique. Heureusement, une partie du travail de développement était déjà réalisée avec Terristoria et j’ai pu éviter plein de difficultés techniques auxquelles j’avais déjà été confronté et que j’avais résolues. En plus, les points d’intérêt de Strada Miam sont beaucoup moins nombreux : en Haute-Loire, il y aurait près de 550 producteurs qui font de la vente directe (c’est le chiffre donné par la Chambre d’Agriculture) et j’en ai répertorié environ la moitié. J’ai eu l’appui de Strada, qui m’a amené une image extrêmement positive auprès des producteurs, c’est comme ça que j’ai pu en référencer autant.

Et pourquoi ne pas travailler avec la Chambre dAgriculture de Haute-Loire ? 

J’y ai bien pensé, mais la responsable communication est en congé jusqu’en septembre et « pas possible d’engager quoi que ce soit sans elle », m’a-t-on dit. Dommage.

 Une appli qui met en lien les consommateurs et les producteurs locaux, ça n’existait pas déjà

Ben non. Il existe des sites Internet nationaux comme cagette.net ou (frais et) local.fr développé par les Chambres d’Agriculture mais ces sites-là sont très peu utilisés localement et présentent peu d’intérêt (seulement 25 adresses apparaissent en Haute-Loire). Je pense qu’il y a une place pour une appli locale de mise en relation.

 Quelle différence fais-tu entre un site et une application ? 

Une application est optimisée pour une utilisation à partir d’un téléphone, qu’on toujours avec soi lorsqu’on est en déplacement et de plus en plus en toutes circonstances. Il prend la place de la tablette et de l’ordinateur, et offre en plus la géolocalisation, ce qui permet d’être guidé tout de suite sur un itinéraire.

Le développement de l’appli Strada Miam est en pwa, un langage qui s’adapte à tous les types de téléphone et utilisable aussi sur un site. Avec le pwa on s’affranchit aussi du passage par les stores Google Playet App Store. C’est plus pratique, plus évident…

 Ton ambition pour 2021 ? 

Aujourd’hui j’ai besoin d’un partenaire pour développer sérieusement l’application Strada Miam et la présenter à des collectivités ou des groupes de producteurs, ou même des particuliers qui connaissent bien leur territoire et veulent le mettre en valeur. J’ai privilégié une ergonomie simple : STRADA MIAM peut se dupliquer facilement partout sous des marques différentes.

– J’appelle les 250 producteurs qui ne sont pas encore référencés sur Strada Miam à se manifester. www.stradamiam.fr

– Enfin, je souhaite que les altiligériens se mettent à utiliser STRADA MIAM !

Ce serait bon pour le moral !

Producteurs, pour vous faire référencer gratos :

www.stradamiam.fr

ou Régis Servant : 06 63 77 33 28

Télécharger l’appli  

m.app-stradamiam.fr