Du 14 mai 2024 au 17 mai 2024

53 rue de la Pardige 43100 Brioude

Cette semaine à la clef

Mardi 14 15h00 Atelier petite couture 17h00 café patois avec Yasmine Rejoignez- nous pour parler, entendre ou apprendre le patois comme jadis à la veillée 18h30 L’ étoile Kézako ? Un lieu alternatif ? Une ressourcerie ? Une matériauthèque ? Une outilthèque ? De la restauration ? Des espaces de travail ? Tout ça et bien plus encore? Vous avez envie d’en savoir plus et même,peut-être,de vous joindre à l’équipe, venez en parler et apporter vos idées.

Mercredi 15 ​ 15h Atelier rando des émotions Un voyage en soi ludique pour mieux se connaître ! Venez découvrir des techniques de gestion émotionnelle avec Charlotte, facilitatrice du Forum ZEGG, formée à la co-écoute… 16h Atelier scrabble avec Stéphanie 16h “Jeu de la dame” – Initiation aux Échecs avec Arnaud Vous pensez que le jeu d’échecs est difficile, compliqué, long… C’est faux ! C’est un jeu simple, rapide et dynamique ! Un peu de pédagogie et des étapes d’apprentissage le rendent accessible à tous. Apprendre la marche des pièces et commencer à jouer avec des formes de jeu réduites permet de comprendre l’esprit des échecs et d’être en position de gagner dès les premières parties. Dans un second temps, quelques principes de base sur les ouvertures, les principales figures de combinaisons de milieu de jeu comme les clouages, les fourchettes, les découvertes, les sacrifices et enfin quelques techniques de fin de parties ouvrent l’immense territoire des parties complètes. Aujourd’hui, internet et ses nombreux sites de jeu gratuits vous permettent de jouer et de progresser H 24 en rencontrant des joueurs du monde entier et de tous les niveaux. Venez découvrir et vous initier une fois par semaine avec Arnaud au café associatif la Clef. 18h Café Anglais avec Hal Si vous êtes débutants, ce rendez-vous est pour vous! Pour apprendre des choses utiles et rigolotes sur la langue et la culture anglaise… God save the King 😉 19h Soirée arpentage avec dASA Dans le cadre de la semaine contre l’homophobie et la transphobie, arpentons l’ouvrage de Camille Cornu, PHOTOSYNTHESES (éd.Cambourakis). « Entre autofiction et réalisme magique, Camille Cornu explore, dans une écriture foisonnante et maîtrisée, le dépassement des binarités, de genre comme celles entre humain et non-humain. Un livre inclassable, profondément contemporain, où s’échapper des normes et des catégories serait une façon d’ouvrir des horizons révolutionnaires aux limites des corps. » Soirée co-organisée par dASA et C-Claude Boillet, chorégraphe, performeuse et documentariste.

Jeudi 16 11h Découverte des associations de la Pardige La Pardige c’est un lieu inter-associatif qui regroupe plusieurs associations du territoire (retrouvez le descriptif en pièce-jointe) dans un bâtiment partagé au 53 rue … de la Pardige ! Vous connaissez sûrement déjà le café associatif la Clef, qui se situe au rez-de chaussée, mais avez-vous déjà remarqué les nombreuses autres associations qui se trouvent au 1er et au 2ème étage …? Venez nous rencontrer le 16 mai !! 15h “As de Pique” – Jeux de Tarot & Belote avec Ludo et Fabienne 18h Café Bien être avec Dino et Amandine Venez découvrir le temps d’un massage les bienfaits du Shiatsu sur chaise et de la réflexologie palmaire. Ouvert à tous & Gratuit. 19h Vernissage de l’exposition autour de l’eau avec Hermine

Vendredi 17 14h30 Crée ton blog sous wordpress #4 avec Arthur 15h Rendez-vous Peinture 20h Concert Solinca Entre ombre et lumière, la musique folk instrumentale et intuitive de Solinca est un monde qui prend le temps, donne à voir, à ressentir, notre part profonde. En utilisant la guitare 12 cordes acoustique, et de nombreux effets Solinca propose un voyage sonore où on peut retrouver des sonorités diverses comme celles du nord de l’Europe mêlées à la culture folk celtique tout en passant au rock d’influence occidental. On traverse également les pays du bassin méditerranéen jusqu’à des paysages oniriques. Il sera accompagné sur scène par la musicienne Anja Loma

A découvrir

Cochon charbon au fumoir

Recommandation

Du 02 août 2026 au 23 août 2026

Expositions

Cochon charbon au fumoir

Le Fumoir est une sorte de cabinet de curiosités. Son initiateur, Bernard Turle, s’amuse à donner à voir des associations fertiles, graves ou drôles, parfois fumeuses. Des oeuvres éclectiques font. liens avec les histoires un peu foutraques du lieu (on ne spoile pas). Quant à l’installation.Cochon Charbon, elle joue avec les.variations.de.couleurs.(de peau).entre.sarcasme et facétie.

Programmée en off du festival d’Auzon, cette expo-installation temporaire vous livre une raison de plus d’aller faire un tour dans la cité médiévale du Brivadois cet été.

 


INTERVIEW

STRADA   Bernard Turle, vous avez ouvert une galerie à Auzon…

Bernard TURLE  Le Fumoir n’est pas une galerie permanente. Chaque année, le 1er dimanche d’août, l’association AuzonToujours organise Arts dans le village. Des artistes et artisans investissent les rues, les caves, les granges d’Auzon. Le Fumoir est l’un de ces espaces temporaires d’accueil de la culture. Il s’associe également à d’autres activités culturelles de la Petite Cité de Caractère. Par exemple, l’installation Cochon Charbon s’inscrit comme en « off » du festival d’Auzon 2026 (2 /22 août).

SA D’où vient le nom : Fumoir ?

BT C’est le terme employé dans les actes de propriété du lieu. Jusqu’à la fin du  XXe siècle, c’était un saloir et précédemment ç’avait été un fumoir. On y salait et fumait saucissons et jambons.

SA Le « Cochon » du titre de l’exposition a-t-il un lien avec cela ?

BT C’est l’un des liens, oui. Il en existe d’autres. J’aime les histoires que racontent les maisons. Or, dans ces murs vivait jadis une dame qui avait une truie, qu’elle promenait en laisse [sans rapport avec le Pornocratès de Félicien Rops !]. C’est en hommage à elle que l’une des premières expositions du Fumoir, Cochonailles, présentait de la charcuterie en laine, exécutée par Aiguilles et Pinceaux, un groupe d’Auzonaises qui, à leur manière, perpétuent une tradition d’activité liée au textile dans les campagnes d’antan : à Auzon, c’était plus spécialement la passementerie.

Et il y a un troisième lien : la Légende du Cochon d’Auzon. Au Moyen-Age, les Anglais assiégèrent la forteresse. Les habitants étaient affamés. Il ne restait plus qu’un cochon. Une bergère proposa de ne pas le tuer mais de l’engraisser avec ce qui restait comme maigre pitance. Ceci fait, on le laissa échapper. Le voyant débouler, rose et dodu, les Anglais s’exclamèrent : « Si leurs cochons sont si gras, c’est qu’ils ont de quoi tenir un long siège ! » Et ils décampèrent.

SA Hormis la rime, pourquoi associer charbon et cochon ?

BT Cette année, nous ouvrons la cave du Fumoir, doublant la surface d’exposition. Or, cette cave a, par le passé, servi de soute à charbon, il en restait des morceaux : ils sont exposés… L’une des histoires que racontent les maisons des environs, c’est celle des mines, dont la Taupe, entre Auzon et Sainte-Florine. Le thème du festival d’Auzon 2026 est « Couleurs, Mouvements… ». J’ai tout de suite pensé au noir du charbon. Le noir, pour certains, n’est pas une couleur, pour d’autres il les englobe toutes ; en Occident, il est plutôt négatif, ailleurs il peut être signe de puissance, positif. Le noir, comme thème, est d’une richesse infinie. J’aime la formule de Bachelard : ‘Le noir est le refuge de la couleur’. D’un point de vue artistique, la notion de ‘noir’ est inépuisable : le noir est une ‘couleur’ profonde comme la roche du promontoire sur lequel est posé notre village médiéval. Le noir est contour : à la Renaissance, il sert de fond à des portraits, fait contraste avec la peau rose des modèles européens.

SA Donc, cochon, charbon… que voit-on dans l’installation… ?

BT C’est une sorte de cabinet de curiosités… Des œuvres – et de simples ‘choses’ – éclectiques qui tournent autour de ‘Cochon Charbon’. La plasticienne Carla van der Werf, qui travaille sur le passé, la mémoire, la géologie… montre des fusains et des modelages de mineurs… L’Italien devenu arlésien Federico Dix, qui expose à Paris, Venise et Florence, montre des photos où le N/n/oir domine. En hommage aux immigrés italiens qui sont venus travailler dans les mines du coin, Odile Bat apporte des touches vives avec son interprétation en laine de la nourriture italienne. Nathalie Titeux a exécuté, en métal de récupération, un puits et, en picassiette, un cochon (elle a des antécédents célèbres : le cochon est très présent en art depuis longtemps… Rops, Koons…).

SA Vous avez expliqué d’où vient le cochon, d’où vient le charbon. Mais où se situe l’articulation entre les deux ?

BT Le noir et le rose sont deux facettes différentes d’une même réalité. N’ oublions pas les cochons noirs… les sangliers… Pour un festival que j’organisais dans le Midi, j’ai écrit le livret d’un spectacle intitulé Rose-Nègre sur l’épopée de la musique noire américaine, avec des musiques de Roland Seilhès. L’installation poursuit donc en quelque sorte un travail entamé plus tôt sur les variations des couleurs de peau. Les Indiens ne parlent pas de nous comme des Blancs, ils disent : Roses. Pour Cochon Charbon, l’articulation a jailli d’une image. Le mineur a été victime, on en a aussi fait un héros. On trouve dans les greniers des pays miniers de vieilles cartes postales en couleurs, éditées autrefois à l’occasion de la Sainte Barbe, patronne des mineurs. Ce sont manifestement des mannequins qui prennent la pose, le visage bien rose. Ces images contrastent fortement avec les représentations de mineurs entassés dans l’ascenseur ou pliés en deux, pioche à la main, couverts de poussières noires (sans parler des trieuses, souvent oubliées par l’histoire officielle des mines). Leurs visages m’ont fait penser au blackface, la tradition théâtrale qui voulait qu’un comédien blanc se grime en Noir. A sa manière, le mineur est un blackface. Et aussi esclave que le Noir de la colonisation. Voilà d’où vient le souhait d’associer cochon et charbon : on aurait pu choisir comme titre ‘la chair et le charbon’ ou ‘le rose et le noir’.

SA Le Fumoir a beau être un espace modeste et temporaire, il résonne d’associations multiples et fertiles…

BT Comme un cerveau, un univers contradictoire et mystérieux mais savamment organisé ! Et avec l’ouverture de la cave, il approche peut-être d’une vérité profonde : celle de l’esprit du lieu ? L’esprit d’Auzon ? »

 

AUZON (43) Galerie Le Fumoir